Train de fret sur la ligne Thouars–Niort, agents en haute visibilité inspectant la voie et paysage rural en arrière‑plan

Mobilisation locale pour la ligne Thouars–Niort : élus et industriels exigent un calendrier

La ligne Thouars–Niort est au cœur d’une mobilisation croissante des élus, des collectivités et des entreprises de Nouvelle-Aquitaine. À la suite des alertes publiées fin novembre 2025, ces acteurs réclament un calendrier précis et des engagements financiers pour la rénovation et la pérennisation du trafic fret ferroviaire, afin d’éviter une bascule vers la route aux conséquences économiques et environnementales lourdes.

Pourquoi la ligne Thouars–Niort mobilise-t-elle ?

La section Thouars–Niort dessert un bassin industriel et logistique significatif. Selon les éléments rassemblés par la presse régionale, la ligne supporte des trafics annuels estimés à ~550 000 tonnes sur une portion et > 1 million de tonnes sur une autre portion historique, chiffres repris dans les dossiers locaux (estimation reprise par la presse le 24/11/2025). Ces volumes alimentent des industries agroalimentaires, de matériaux et des plates-formes logistiques qui dépendent d’une offre ferroviaire stable.

État des lieux technique et financier

Le réseau présente des signes de vieillissement nécessitant des opérations de régénération : renouvellement de voie, consolidation des ouvrages d’art et amélioration de la signalisation. Les travaux antérieurs (chantiers menés en 2022–2023) avaient déjà mobilisé des financements partenariaux. Dans les échanges récents, des montants publics et privés ont été évoqués : la Région aurait inscrit ou débloqué environ 4 181 000 € pour soutenir la ligne, et des montants globaux de l’ordre de 8,5 M€ ont été mentionnés comme mobilisés par l’ensemble des partenaires locaux.

La position de SNCF Réseau

SNCF Réseau, gestionnaire de l’infrastructure, a réévalué certains chiffrages de remise à niveau, ce qui a relancé les inquiétudes locales sur la temporalité des interventions et la priorisation. Les collectivités exigent désormais l’inscription d’un calendrier dans les plans de charge de l’opérateur pour éviter des fermetures temporaires ou des limitations de vitesse préjudiciables au fret.

Pour plus de contexte institutionnel sur la gestion des lignes capillaires, consulter le rapport parlementaire sur les lignes capillaires et les recommandations récentes visant à programmer des investissements dédiés.

Acteurs locaux et demandes politiques

La mobilisation prend des formes multiples : communiqués inter-collectivités, interpellations de la Région et tribunes d’entreprises utilisatrices. Les élus du Thouarsais et des Deux-Sèvres réclament un calendrier clair et des garanties de financement, insistant sur le maintien d’une offre ferroviaire pour éviter un report massif vers le transport routier.

  • Collectivités : demande d’inscription du projet au plan de charge de SNCF Réseau et engagement financier régional.
  • Entreprises utilisatrices : appel à la préservation du service pour garantir compétitivité et durabilité des approvisionnements.
  • Acteurs économiques : mise en garde contre l’augmentation des coûts logistiques et des émissions si la route reprend le relais.

Enjeux économiques chiffrés

Les conséquences d’une interruption partielle ou d’une dégradation durable de la ligne seraient mesurables : augmentation des coûts logistiques pour les chargeurs, hausse du trafic routier avec effet sur la sécurité et les émissions de CO2, et perte de compétitivité pour les sites industriels locaux. Des projections internes au territoire estiment que le basculement d’une part significative du fret vers la route pourrait augmenter de plus de 20 à 30 % les coûts de transport pour certains industriels dépendants.

Coûts d’investissement vs externalités

Les débats financiers opposent deux logiques : un coût ponctuel de rénovation (quelques millions d’euros selon les chiffrages locaux) contre des coûts récurrents plus élevés en cas d’externalisation routière (péages, dégâts routiers, émissions). Les élus demandent donc une prise en compte plus large, incluant ces externalités, pour justifier l’effort d’investissement public.

Cadre régional et programmations

La Région Nouvelle-Aquitaine a affiché une volonté de soutenir le fret et les lignes capillaires. Dans ce contexte, les représentants locaux cherchent à inscrire la ligne Thouars–Niort dans les priorités régionales afin de sécuriser un cofinancement public-privé. Les discussions portent sur l’articulation entre les enveloppes régionales, les apports départementaux et l’intervention de l’État via SNCF Réseau.

La mobilisation a été relayée par la presse économique régionale : Le Petit Économiste a publié un dossier le 24/11/2025 synthétisant les positions des acteurs et les chiffres clefs. Voir l’article original pour les éléments locaux : Fret ferroviaire, mobilisation pour la ligne Thouars–Niort.

Risques et opportunités pour le territoire

Risques identifiés :

  • Perte de compétitivité industrielle si les coûts logistiques augmentent.
  • Renforcement du trafic routier local, avec hausse d’émissions et de nuisances.
  • Risque de désengagement progressif d’acteurs du fret ferroviaire capillaire.

Opportunités si la ligne est rénovée :

  • Consolidation d’un modèle logistique durable pour les entreprises locales.
  • Création d’emplois liés aux travaux et à la maintenance (chantiers, suivi technique).
  • Effet structurant pour des projets industriels ou logistiques futurs souhaitant s’appuyer sur l’offre ferroviaire.

Quelles étapes pour débloquer la situation ?

Les acteurs locaux proposent une feuille de route en plusieurs points :

  1. Obtenir de SNCF Réseau l’inscription d’un calendrier précis des interventions.
  2. Finaliser un plan de financement combinant Région, départements, État et cotisations des entreprises utilisatrices.
  3. Lancer des études détaillées d’impact méthodiques pour chiffrer les bénéfices socio-économiques régionaux du maintien du service.
  4. Mettre en place un comité de pilotage territorial pour suivre l’avancement des travaux et la remontée des difficultés.

Exemples de référents et appuis extérieurs

Pour ancrer la demande dans un cadre technique et politique, plusieurs documents et acteurs sont régulièrement cités : le rapport du Sénat sur les lignes capillaires, les retours d’expérience d’autres rénovations en région (ex. chantiers de 2022–2023), et les préconisations des fédérations professionnelles du fret combiné.

Suivi local et perspectives immédiates

Les prochains jours doivent permettre d’observer deux éléments : la réponse formelle de SNCF Réseau au courrier des élus et la production d’un calendrier pluriannuel par la Région qui intégrerait la ligne Thouars–Niort dans ses priorités d’investissement. Les collectivités locales ont annoncé une réunion de coordination pour affiner leur proposition de cofinancement et leurs demandes techniques.

La Communauté de communes du Thouarsais relaye aussi la demande citoyenne et économique : pour consulter leurs prises de position récentes, voir la page officielle de la Communauté de communes (actualités du Thouarsais).

Ce qu’il faut retenir pour les acteurs économiques

Pour les chargeurs et prestataires logistiques, la situation impose de suivre de près l’évolution des annonces techniques et financières. Une action collective et coordonnée, combinant arguments économiques (chiffrages de coûts) et leviers politiques (appuis régionaux), apparaît comme la stratégie la plus efficace pour garantir la pérennité du service fret sur la ligne Thouars–Niort.

Prochaines échéances à surveiller

– Réponse officielle de SNCF Réseau au collectif d’élus (attendue dans les semaines qui suivent la mobilisation de novembre 2025).
– Réunion plénière régionale sur la programmation des investissements fret (calendrier à confirmer).
– Publication d’études d’impact demandées par les collectivités pour étayer le plan de financement.

Ouverture sur d’autres opportunités régionales

La mobilisation pour la ligne Thouars–Niort s’inscrit dans un mouvement plus large visant à revitaliser les lignes capillaires en France. Si les partenaires locaux parviennent à sécuriser un plan d’action, cela pourrait servir de feuille de route réplicable pour d’autres corridors régionaux confrontés aux mêmes enjeux industriels et climatiques.

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