Directeur financier utilisant l'application Jared sur un ordinateur portable dans un open‑space à Metz, équipe en arrière‑plan
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« En devenant le Doctolib de la finance » : Jared veut aider les DAF à mieux piloter l’argent

Doctolib de la finance Jared se présente comme un assistant numérique conçu pour aider les directions financières et administratives à mieux piloter la trésorerie, cadrer les budgets et structurer la relation avec des conseillers externes. Lancée depuis Metz par une jeune équipe régionale, la start-up met en avant une interface grand public doublée d’outils métiers pour les professionnels. Ce premier paragraphe pose l’enjeu : simplifier les décisions financières quotidiennes grâce à une appli centralisatrice.

Un concept né en Grand Est et déjà visible en France

Créée en 2023 et portée par le fondateur Alexi Perrino, la société Jared s’est fait remarquer localement pour son positionnement hybride entre fintech et plateforme de mise en relation. Après une phase alpha présentée en 2024 lors d’événements tech, la start-up a ouvert une version grand public fin 2025.

Les ambitions sont exprimées clairement : devenir le « Doctolib de la finance » en proposant à la fois un diagnostic automatique, du contenu pédagogique, des outils de suivi et un annuaire de professionnels. Cet angle vise à capter les besoins d’un public large tout en offrant un flux de prospects qualifiés aux conseillers financiers.

Fonctionnalités principales : ce que propose l’application

L’application Jared combine plusieurs briques fonctionnelles destinées à réduire la friction administrative et à rendre l’information financière exploitable :

  • Diagnostic automatique : import bancaire via connecteurs sécurisés, catégorisation des postes, alerte sur les dérives de trésorerie.
  • Planification et objectifs : scénarios budgétaires, prévisions à 3, 6 et 12 mois, gestion des projets d’investissement.
  • Mise en relation professionnelle : annuaire de conseillers, prise de rendez-vous et notation, pour rapprocher DAF et experts.
  • Ressources pédagogiques : parcours sur la gestion de trésorerie, optimisation de coûts, et finance comportementale intégrée.
  • Tableaux de bord paramétrables adaptés aux besoins des directions financières.

Ces fonctions visent à réduire le temps passé sur des tâches répétitives et à mieux prioriser les arbitrages financiers.

Modèle économique et marché adressé

Jared adopte un modèle hybride : une offre B2C d’abonnement (freemium + premium) et une offre B2B2C proposant aux conseillers et cabinets de recevoir des leads qualifiés et de gérer leur agenda. Cette double voie permet d’équilibrer acquisition utilisateur et monétisation par la valeur professionnelle.

Pour les directions administratives et financières, l’intérêt est clair : un outil qui centralise données bancaires, prévisions et contacts d’experts, tout en proposant une couche d’automatisation et d’IA pour alerter sur les risques. Le positionnement attire notamment les PME et ETI du territoire qui cherchent à industrialiser la gestion financière sans recruter immédiatement.

Souveraineté des données et conformité

La confiance reste un critère décisif. Jared met en avant l’argument de souveraineté des données : hébergement en France, conformité RGPD, et chiffrement des flux. Pour des directions financières, c’est un élément de différenciation face aux acteurs internationaux.

Le site officiel précise les engagements sur la protection des données et les modalités de stockage. Les DAF devront toutefois vérifier les contrats de service et les garanties opérationnelles (SLA) avant intégration dans les processus de gestion comptable et de trésorerie.

Chiffres et trajectoire financière

Selon les communiqués publics, Jared a finalisé une première levée d’environ 1 million d’euros en 2024 pour financer le développement produit et le marketing. L’équipe se compose d’une vingtaine de collaborateurs au sens large des partenariats et freelances, avec une structure salariale plus réduite en interne.

En phase de lancement, la start-up mentionne plusieurs centaines d’utilisateurs beta (ordre de grandeur : 300–500 inscrits) et une stratégie de montée en charge via des campagnes de contenu et salons professionnels. La participation à des événements comme le CES a été utilisée pour valider certaines briques technologiques et gagner en visibilité.

Pourquoi les directions financières doivent s’y intéresser

Pour un directeur administratif et financier, l’apport pratique de la plateforme tient en trois points : 1) centralisation des informations financières, 2) auto-diagnostic pour anticiper les tensions de trésorerie, 3) accès facilité à un réseau de conseillers triés.

La plateforme peut réduire le recours à des tâches manuelles quotidiennes (exports, rapprochements, reportings simples) et permettre au DAF de concentrer son travail sur l’analyse stratégique et le pilotage. Pour les structures sans DAF dédié, Jared promet un niveau d’automatisation permettant de sécuriser des décisions de court terme.

Exemples d’usage concrets

  • Une PME en croissance identifie une baisse de marge opérationnelle sur un segment produit grâce aux alertes de l’application et ajuste sa politique d’achats sous 30 jours.
  • Un directeur financier d’ETI utilise les scénarios à 12 mois pour présenter un plan de trésorerie consolidé au comité de direction.
  • Un responsable administratif trouve un conseiller en patrimoine via la plateforme et organise un diagnostic en ligne en moins de 48 heures.

Points de vigilance pour l’intégration en entreprise

Avant de déployer l’outil au sein d’une organisation, il est recommandé de vérifier plusieurs éléments opérationnels :

  • Les modalités d’intégration avec l’ERP et les interfaces bancaires existantes.
  • Les garanties de sécurité (certifications, audits indépendants, sauvegardes).
  • La qualité et la vérification des professionnels référencés sur la place (qualifications, responsabilité civile professionnelle).
  • La politique commerciale : critères de confidentialité autour de la monétisation des leads.

Ressources et sources pour approfondir

Pour un premier niveau de vérification et d’analyse, l’article de presse régionale présente le lancement et le positionnement : article de L’Est Républicain sur le lancement.

Une synthèse du lancement figurait également dans la presse économique nationale régionale : brève du Journal des Entreprises.

Enfin, la page officielle détaille les fonctionnalités et les engagements de la start-up : page produit officielle de Jared.

Perspectives financières et ambitions de développement

Après la première levée, la roadmap évoque plusieurs étapes : industrialisation des connecteurs bancaires, accroissement de l’équipe produit et commerciale, et lancement d’un plan de développement commercial ciblant d’abord les régions françaises avant une éventuelle expansion européenne. L’équipe annonce qu’un nouveau tour de table pourrait être envisagé au printemps pour soutenir la croissance.

Pour les DAF, cela signifie que la solution devrait évoluer rapidement en capacités d’intégration et en maturité fonctionnelle dans les 12 à 18 mois à venir.

Impact régional et dynamique localisée

La montée en puissance d’une fintech en Grand Est s’inscrit dans une dynamique territoriale : soutien des écosystèmes locaux, visibilité des pôle-tech et opportunités de recrutement. La présence d’acteurs comme Jared contribue à diversifier l’économie régionale et à valoriser l’expertise numérique locale.

Éléments à retenir pour un DAF intéressé

Si vous êtes directeur administratif et financier, envisagez les étapes suivantes avant tout déploiement :

  • Réaliser un pilote sur 3 mois avec un périmètre restreint.
  • Contrôler les flux de données et les accords contractuels (SLA, RGPD, droits d’accès).
  • Comparer avec d’autres solutions du marché sur la qualité des tableaux de bord et l’intégration ERP.

Checklist rapide

  • Vérifier le chiffrement et l’hébergement.
  • Tester la qualité des connecteurs bancaires sur comptes réels.
  • Evaluer les coûts récurrents vs gains de productivité mesurables.

Regard critique et limites à surveiller

La promesse d’un « Doctolib de la finance » est ambitieuse, mais plusieurs risques subsistent : dépendance aux connecteurs bancaires, qualité variable des leads pour les conseillers, et maturité réelle de l’IA intégrée. Les DAF doivent garder une approche pragmatique et mesurer le ROI via indicateurs quantifiables (heures gagnées, réduction des incidents de trésorerie, valeur des opportunités générées).

Pour aller plus loin

Les cadres financiers peuvent suivre l’évolution du projet via la presse économique régionale et la documentation produit. Pour un premier contact, l’article de présentation reste un bon point d’entrée et la page officielle permet d’envisager une démo ou un pilote.

Ouverture : au-delà de Jared, la tendance est claire — les DAF disposent aujourd’hui d’un écosystème d’outils qui automatisent la collecte, alertent sur les risques opérationnels et facilitent l’accès à des experts. Le vrai enjeu sera de transformer ces flux d’information en décisions stratégiques, sans multiplier les solutions cloisonnées.

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