Transport combiné : le bilan 2025 affiche une dynamique inédite. Cette année, dix nouvelles liaisons rail/route ont été mises en service en France, entraînant selon les opérateurs et SNCF Réseau l’évitement d’environ 60 000 trajets poids lourd et une économie estimée à près de 40 000 tonnes de CO2. Pour la région Auvergne‑Rhône‑Alpes, située au coeur de plusieurs corridors logistiques, ces développements représentent une opportunité concrète pour renforcer le fret ferroviaire régional et désengorger les routes.
Un rebond chiffré du fret combiné en 2025
Les dix nouveaux trafics annoncés en 2025 marquent une accélération : ils proviennent d’initiatives d’opérateurs publics et privés et répondent à des demandes de chargeurs pour des solutions plus durables. Selon les communiqués, ces flux génèrent un gain net estimé à ~60 000 trajets camion évités et ~40 000 tCO2 économisées. Ces chiffres traduisent une réduction de l’empreinte carbone et une moindre congestion sur des axes nationaux et régionaux.
Qui sont les acteurs derrière ces liaisons ?
Les nouvelles liaisons 2025 impliquent plusieurs opérateurs : des filiales traditionnelles, des acteurs alternatifs et des chargeurs privés. Des exemples cités cette année incluent des flux internationaux (ex. Valenton–Milan) et nationaux/connecteurs multimodaux (ex. Bettembourg–Mouguerre). Cette diversité d’acteurs traduit une préférence croissante pour le transport combiné comme solution logistique.
Investissements et infrastructures : où se joue la partie en Auvergne‑Rhône‑Alpes ?
Le développement du transport combiné repose autant sur les capacités d’exploitation que sur des investissements ciblés. En Auvergne‑Rhône‑Alpes, plusieurs sites et triages sont concernés par des programmes de modernisation. Parmi eux, la plateforme de Vénissieux – Saint‑Priest fait l’objet d’un réaménagement pour augmenter la capacité d’accueil des wagons et des portiques. Ce chantier vise à améliorer la fluidité des opérations et la connectivité avec la métropole lyonnaise.
Parallèlement, le triage de Sibelin fait partie des opérations de modernisation destinées à accélérer les mouvements et réduire les temps d’attente. Ces projets sont soutenus par des financements nationaux et européens, dans la continuité du plan d’investissements du fret.
Financements et schémas directeurs
Le rebond du combiné s’inscrit dans des dispositifs de long terme : schéma directeur du transport combiné, programmes d’investissement nationaux (Alliance 4F / Ulysse Fret) et fonds européens. Les engagements récents évoquent des millions à milliards d’euros répartis d’ici 2030 pour moderniser les terminaux et adapter les sillons. L’objectif : rendre le rail plus compétitif face à la route.
Quels gains opérationnels et économiques ?
Les gains se lisent sur plusieurs niveaux. D’abord, la réduction estimée à 60 000 trajets poids lourd évités correspond à une baisse sensible de l’usage des véhicules routiers sur des axes parfois saturés. Ensuite, les économies carbones de ~40 000 tCO2 contribuent aux objectifs régionaux et nationaux de décarbonation du transport.
Sur le plan économique, ces nouveaux trafics permettent de :
- optimiser les coûts logistiques pour certains chargeurs grâce à des trains plus longs et des rotations stabilisées,
- créer des externalités positives pour les plateformes logistiques locales (emplois, services d’accompagnement),
- renforcer la fiabilité des chaînes d’approvisionnement, notamment pour l’industrie et le secteur agricole régional.
Impact sur la filière ferroviaire régionale
Une montée en charge du transport combiné implique une adaptation des opérateurs, des gestionnaires d’infrastructures et des terminaux. En Auvergne‑Rhône‑Alpes, cela se traduit par des modifications d’horaires, des capacités portiques accrues et une meilleure articulation entre rail et route. À court terme, la région peut espérer une augmentation de l’activité industrielle liée à la maintenance, au remisage et aux services logistiques.
Obstacles et points de vigilance
Malgré les signaux positifs, plusieurs freins persistent. La qualité et la disponibilité des sillons restent une contrainte opérationnelle. Les chargeurs exigent de la ponctualité : toute variation de régime peut compromettre la fidélisation au rail. Le manque de coordination entre acteurs, ou des terminaux sous‑dimensionnés, peuvent aussi limiter l’effet d’entraînement.
Enfin, la réussite dépendra de la capacité à aligner les politiques publiques (sillons, financement) avec les besoins des chargeurs privés et des opérateurs ferroviaires.
Cas concrets et exemples régionaux
Plusieurs nouvelles liaisons et projets mentionnés en 2025 concernent directement des sites proches de la région : extensions ou améliorations de terminaux intermodaux et opérations ciblées sur le corridor méditerranéen et la transversale est‑ouest. Ces initiatives renforcent les connexions entre bassins industriels de la région et de l’Union Européenne.
Pour approfondir les mesures et projets en cours, on peut consulter le communiqué officiel de l’opérateur national sur les dix nouveaux trafics, ainsi que les fiches projet liées à la plateforme de Vénissieux et aux travaux sur les triages :
- Communiqué officiel sur les 10 nouveaux trafics 2025
- Fiche projet réaménagement plateforme de Vénissieux
- Article sur la modernisation des triages par gravité
- Actualités et projets du Groupement National des Transports Combinés
Perspectives 2026‑2030 : quelles trajectoires pour la région ?
Si la dynamique 2025 se confirme, Auvergne‑Rhône‑Alpes pourrait capter une part croissante des volumes combinés. Les priorités pour atteindre cet objectif sont : accélérer la mise à niveau des terminaux, sécuriser des sillons réguliers et développer des offres commerciales attractives pour les chargeurs. Les prévisions internes évoquent une hausse progressive des trains‑kilomètres de l’ordre de +2 à +5 % par an selon les scénarios.
Par ailleurs, l’articulation avec les politiques territoriales (zones industrielles, logistique urbaine, corridors multimodaux) sera déterminante pour transformer ces gains en effet durable pour la région.
Ce que cela signifie pour les entreprises locales
Pour les chargeurs et logisticiens de l’Auvergne‑Rhône‑Alpes, le développement du transport combiné offre plusieurs bénéfices tangibles : réduction des coûts sur les longues distances, baisse de l’empreinte carbone des chaînes logistiques, et meilleure prévisibilité face aux aléas routiers. Les entreprises industrielles, agroalimentaires et de distribution sont particulièrement concernées par ces opportunités.
Il est recommandé aux acteurs régionaux d’évaluer rapidement leurs flux longue distance pour identifier les segments transférables vers le rail et de s’inscrire dans des démarches collectives avec opérateurs et gestionnaires d’infrastructure.
Un signal encourageant, mais la route est encore longue
Les dix nouveaux trafics de 2025 constituent un signal clair : le transport combiné gagne en attractivité. Les gains estimés à ~60 000 trajets camion évités et ~40 000 tCO2 économisées montrent l’intérêt environnemental et opérationnel du basculement vers le rail. Toutefois, la pérennisation de cette dynamique dépendra d’efforts coordonnés entre l’État, les collectivités, SNCF Réseau, les opérateurs et les chargeurs.
Pour la région Auvergne‑Rhône‑Alpes, les prochains mois seront décisifs : finalisation des réaménagements de plateformes, sécurisation de financements et offres commerciales adaptées pourront transformer ces annonces en volumes durables et en bénéfices concrets pour l’économie locale.
À prévoir à court terme
Dans les 12 à 24 prochains mois, surveillez :
- l’ouverture effective des terminaux rénovés et les premières rotations commerciales régulières ;
- l’annonce de nouveaux partenariats chargeurs‑opérateurs favorisant le report modal ;
- les décisions de financement régional et européen liées aux projets prioritaires (plateformes, triages, sillons).
Extrait : dix nouveaux trafics en 2025 et des chantiers régionaux relancent l’ambition du fret ferroviaire en Auvergne‑Rhône‑Alpes. Les entreprises locales et les décideurs territoriaux ont une fenêtre d’opportunité pour densifier le rail combiné.






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