Parvis d'une gare régionale avec TER, cars Région et cyclistes au coucher du soleil — illustration des mobilités en Auvergne‑Rhône‑Alpes
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Auvergne‑Rhône‑Alpes : 1,4 Md€ pour accélérer les mobilités de demain (avenant CPER)

avenant CPER Auvergne-Rhône-Alpes : la Région a signé le 18 décembre 2025 un avenant au Contrat de plan État‑Région (CPER) qui mobilise 1,4 milliard d’euros sur la période 2023–2027, dont 697 millions d’euros pris en charge par la collectivité régionale. Ce texte vise à structurer les investissements 2026 et à orienter subventions et travaux vers le ferroviaire, les cars régionaux, les véloroutes et des opérations routières ciblées pour favoriser le report modal et la décarbonation.

Un cadre financier et politique renforcé

Le nouvel avenant consolide une enveloppe globale de 1,4 Md€ sur cinq ans. La Région précise que sa participation de 697 M€ est significative : elle représente près de 50 % du montant total et dépasse sensiblement les engagements régionaux des précédents CPER. L’objectif politique affiché est double : améliorer l’offre de mobilité quotidienne et réduire les émissions de transports, responsables d’environ 30 % des émissions régionales de CO2 dans le secteur déplacement.

Quels leviers prioritaires ?

Le volet mobilités de l’avenant articule plusieurs priorités : le renforcement des services ferroviaires, la modernisation et l’accessibilité des cars régionaux, le déploiement des véloroutes et des aménagements cyclables, ainsi que des travaux ciblés sur le réseau structurant. La Région inscrit en particulier la pérennisation des petites lignes ferroviaires et la constitution de services express régionaux métropolitains (SERM) parmi ses actions phares.

Ferroviaire : soutien aux TER et petites lignes

Une part importante des crédits ira au ferroviaire. Le CPER soutient le renouvellement du matériel roulant, la rénovation de gares et la restauration de capacités sur des sections à faibles trafics. La Région met l’accent sur la résilience des lignes secondaires, considérées comme essentielles pour maintenir la desserte des territoires ruraux et périurbains.

Cars Région et tarification : plus simple et plus social

Parmi les mesures concrètes, l’avenant instaure une harmonisation tarifaire des cars Région avec deux niveaux : un tarif de proximité unique fixé à 4 € sur les liaisons locales et une tarification au kilomètre pour les lignes structurantes. Une tarification sociale, calculée sur la base du quotient familial, est également prévue pour réduire les ruptures d’accès à la mobilité.

Projets structurants ciblés

La programmation liste des projets identifiés comme prioritaires. Parmi eux figurent des BHNS, des contournements routiers ciblés et la montée en puissance d’un réseau cyclable régional. Le BHNS Trévoux–Lyon est explicitement cité comme projet structurant, avec études et premières étapes de financement programmées. La Région mettra aussi des crédits sur des sections sensibles comme certaines vallées et axes périurbains où la saturation nuit à l’attractivité des transports collectifs.

Pour consulter le communiqué officiel de la Région et les éléments de détail du plan, on peut consulter le communiqué régional sur l’avenant mobilités.

Chiffres clés et répartition prévisionnelle

  • Montant total : 1,4 Md€ (2023–2027).
  • Part régionale : 697 M€ (≈49,8 %).
  • Priorité ferroviaire : part majoritaire des crédits de mobilité collective.
  • Tarif cars de proximité : 4 € sur les trajets courts.
  • Objectif vélo : accélérer le maillage des véloroutes régionales (programmation existante de 1 000 km à consolider).

Enjeux environnementaux et ambition de report modal

L’avenant met la réduction des émissions au cœur du raisonnement. La Région vise une augmentation du taux de déplacements réalisés en modes partagés et actifs — transports collectifs et vélo — de l’ordre de plusieurs points de pourcentage d’ici 2027. Pour y parvenir, les crédits soutiendront le renouvellement du matériel ferroviaire en faveur d’unités moins énergivores et l’électrification partielle des axes où c’est pertinent.

Mesures directes sur la décarbonation

Les actions prévues incluent des opérations de renouvellement roulant, le développement d’abris et parkings vélo sécurisés (objectifs chiffrés par territoire), et des travaux visant à réduire les congestions, qui pèsent fortement sur l’empreinte carbone. La Région évoque aussi des marges de complément de financement pour des projets liés aux grands événements et aux échéances territoriales.

Réactions des acteurs locaux

La signature de l’avenant a suscité des retours contrastés. Les élus locaux et certains acteurs économiques saluent la montée en puissance budgétaire et la lisibilité des engagements. Les associations d’usagers et collectifs pour la mobilité durable demandent toutefois un rééquilibrage plus marqué en faveur du ferroviaire et une accélération des calendriers d’exécution.

Un exemple de contribution publique figure dans l’avis de l’ADTC, qui a rendu ses observations à la consultation et demande davantage d’ambition sur la fréquence des dessertes et la qualité des correspondances : avis ADTC et contribution à la consultation publique.

Aspects techniques : gouvernance et calendrier

La mise en œuvre reposera sur des conventions pluriannuelles entre l’État, la Région et les autorités organisatrices locales. Les décisions prioritaires pour 2026 seront intégrées aux budgets pluriannuels et aux schémas directeurs locaux. La Région a également prévu des mécanismes de suivi et d’évaluation, avec indicateurs sur la fréquentation des TER, la part modale des transports collectifs et l’avancement des infrastructures cyclables.

Procédure de concertation

Le projet d’avenant a fait l’objet d’une consultation publique et d’une évaluation environnementale, consultable via la plateforme régionale de participation. Les documents d’enquête publique ont permis d’identifier des points sensibles, notamment sur certaines opérations routières et sur des sections ferroviaires à moderniser.

Les dossiers et notices de consultation ont été publiés et sont accessibles en ligne pour information : dossier de consultation publique et évaluations.

Impact économique et territorial

Le renforcement des infrastructures et des services aura des retombées directes sur l’économie locale : emplois dans les filières travaux publics et maintenance, attractivité des territoires périurbains, et facilitation des mobilités domicile-travail. La Région table sur un effet levier important : chaque euro régional devant attirer des cofinancements étatiques, européens ou privés sur des projets à forte valeur ajoutée territoriale.

Pour un contexte plus large sur les pratiques de cofinancement et les politiques locales de transport, une synthèse utile est disponible sur la Banque des Territoires – note d’analyse.

Points de vigilance

  • Calendriers d’exécution : la capacité administrative et opérationnelle des collectivités locales à engager travaux et marchés sera déterminante.
  • Équilibre investissement/maintenance : la Région devra arbitrer entre nouvelles infrastructures et entretien du réseau existant.
  • Acceptabilité sociale : la tarification sociale est une avancée, mais sa mise en oeuvre requiert des dispositifs d’information et de gestion efficaces.

Ce qu’il faut suivre en 2026

En 2026, il sera essentiel de vérifier plusieurs indicateurs : les décisions d’engagement budgétaire effectives, le lancement des premières consultations d’entreprises pour les grands chantiers, l’évolution des fréquences TER et cars, et la publication des premiers bilans de fréquentation. Sur les projets structurants, le BHNS Trévoux–Lyon reste un marqueur de la capacité de la Région à porter des opérations de grande échelle.

Une page de suivi du BHNS et des dossiers de pilotage est accessible pour les acteurs intéressés : fiche projet BHNS Trévoux–Lyon et dossier.

Regard prospectif

Au total, l’avenant CPER Auvergne-Rhône-Alpes représente une montée en charge financière notable et une volonté politique claire de piloter la transition des mobilités. Le succès de cette programmation dépendra de la rapidité d’exécution, de l’articulation avec les politiques locales et de la capacité à mobiliser des cofinancements complémentaires. Pour les acteurs du transport et de la logistique, ces crédits sont autant d’opportunités — et de défis — pour adapter services, flottes et schémas d’exploitation aux objectifs de décarbonation et de report modal.

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