Chantier secteur Nord de la zone industrialo‑portuaire INSPIRA à Salaise‑Sablons — faisceau ferroviaire, engins et ouvriers en intervention
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Inspira (Salaise‑Sablons) : le chantier du secteur Nord démarre en 2026

zone industrialo-portuaire Inspira : après une période d’instruction et un recours associatif déclaré irrecevable, le projet de la ZIP de Salaise‑Sablons entre dans une phase de travaux effective avec le lancement attendu du secteur Nord et du raccordement ferroviaire au début de 2026. Cette nouvelle étape concrétise des mois d’études techniques, d’ajustements environnementaux et de coordination entre acteurs publics et privés.

Un calendrier opérationnel validé

Les porteurs du projet ont confirmé que les premiers travaux préparatoires du secteur Nord, incluant l’aménagement des voiries, des réseaux et le faisceau ferroviaire, sont programmés pour janvier 2026. Le basculement de la phase d’instruction à la phase chantier intervient après la publication de l’arrêté préfectoral autorisant ces aménagements, arrêté contesté mais finalement non suspendu par la justice administrative.

Le calendrier prévoit une montée en puissance progressive : terrassements et travaux de plateforme sur les 1ers hectares au premier semestre 2026, suivi des opérations de voirie lourde et du raccordement rail d’ici la fin 2026. Le développement vise à rendre opérationnelle la première tranche foncière pour l’accueil d’entreprises industrielles et logistiques dès 2027.

Contexte juridique : le recours et son issue

Un recours introduit par l’association locale a visé l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant l’aménagement du secteur Nord (arrêté du 27 février 2025). Par ordonnance du Tribunal administratif de Grenoble en date du 3 décembre 2025, le recours a été considéré comme manifestement irrecevable, ce qui a levé un obstacle juridique majeur. Le texte de l’ordonnance et son résumé sont consultables sur le dossier public en ligne.

La décision judiciaire a permis aux acteurs de relancer sereinement les marchés publics et les commandes d’ingénierie nécessaires au démarrage des travaux.

Chiffres clés du projet

La zone INSPIRA couvre approximativement 330–340 hectares au total, répartis entre secteurs Nord et Sud et espaces portuaires le long de la rive de la rivière. Le périmètre réaménagé vise à accueillir des activités diversifiées : plateformes logistiques, industries de transformation, unités de valorisation et sites dédiés au recyclage.

  • Superficie totale : ~330–340 ha.
  • Emplois actuels sur le périmètre : environ 900 emplois.
  • Objectif d’emploi additionnel à maturité : jusqu’à 1 900 emplois selon les estimations portées par les aménageurs.
  • Démarrage chantier secteur Nord et faisceau : janvier 2026.

Financements, labels et attractivité nationale

INSPIRA bénéficie du label « sites clés en main France 2030 », sélectionné parmi 55 sites nationaux pour un accompagnement d’ingénierie et une mise en relation avec des industriels cherchant des emprises rapidement disponibles. Ce label facilite l’accès aux guichets nationaux, accélère les diagnostics et renforce la visibilité auprès d’investisseurs.

Les financeurs locaux et nationaux mobilisent des outils variés : subventions, avances remboursables, participation d’acteurs institutionnels et mobilisation de la Société publique locale d’aménagement. La structuration financière vise à limiter les délais d’aménagement et à proposer des lots prêts à l’emploi pour l’industrialisation.

Contraintes environnementales et mesures d’atténuation

Le dossier d’aménagement a été profondément travaillé sur les enjeux hydriques et écologiques. Un plan de gestion des eaux et un PTGE (programme territorial de gestion de l’eau) ont été produits pour encadrer les impacts sur la nappe et les zones humides.

Parmi les mesures et engagements : réduction des prélèvements industriels, renaturation de certains secteurs, limitations à l’imperméabilisation des sols, et suivi renforcé des paramètres de qualité des eaux. Les porteurs annoncent un plafond de prélèvements industriels cadré à environ 2 000 m3/jour pour la phase d’exploitation, complété par des dispositifs de réutilisation et d’optimisation.

Études et coûts spécifiques

Des études techniques et environnementales ont été réalisées en amont. Un montant de prestation d’étude mentionné dans les documents publics dépasse les 75 000 € pour l’optimisation de la ressource en eau, cofinancé par des opérateurs locaux et l’Agence de l’Eau.

Typologies d’activités recherchées

Les aménageurs ciblent des industries à forte valeur ajoutée logistique et des unités compatibles avec la contrainte hydrique. Parmi les projets les plus avancés figure une unité de valorisation et de recyclage de plastiques portée par un opérateur industriel (dossier instruit en lien avec les procédures ICPE et la loi sur l’eau).

Le projet met également l’accent sur la multimodalité : l’extension du faisceau ferroviaire vise à faciliter les liaisons rail/fleuve et rail/route afin de diminuer la part modale routière et d’attirer des chargeurs sensibles au coût carbone. L’objectif affiché est de rendre au moins 30 à 40 % des flux accessibles par rail ou voie d’eau sur les premières années d’exploitation.

Acteurs et gouvernance locale

La gouvernance du dossier repose sur un syndicat mixte INSPIRA associant collectivités locales, institutions départementales et aménageurs publics. La SPL d’aménagement intervient comme pilote opérationnel des phases d’ingénierie et de commercialisation.

La stratégie portée par les élus vise à articuler l’offre foncière avec les besoins des entreprises régionales, en particulier dans les filières de la logistique, du recyclage et de la transition énergétique. Le rôle des chambres consulaires et des opérateurs de formation est mis en avant pour anticiper les besoins en emplois qualifiés et en formation continue.

Enjeux économiques régionaux

Pour l’Auvergne‑Rhône‑Alpes, INSPIRA représente une opération structurante de reconquête industrielle sur un territoire historiquement portuaire et logistique. Le projet s’inscrit dans une stratégie régionale de réindustrialisation, visant à rapprocher l’offre foncière disponible des bassins d’emploi et à capter des investissements industriels à fort potentiel de création d’emplois.

Les retombées attendues incluent la création de près de 1 000 emplois supplémentaires à moyen terme, le développement d’une chaîne de valeur locale pour le recyclage et la logistique, et une consolidation de la desserte ferroviaire régionale.

Risques et points de vigilance

Plusieurs risques sont identifiés et suivis : risques hydrologiques (nappe et inondation), acceptabilité sociale (proximité de zones résidentielles), et montées des coûts de construction (inflation, prix des matériaux). Les autorités locales ont annoncé des dispositifs de concertation renforcée et un calendrier de communication pour réduire les tensions et informer les riverains.

Le suivi environnemental post‑aménagement sera crucial : contrôles périodiques, tableau de bord hydrique et engagement de transparence des industriels présents sur le site figurent parmi les mesures demandées par les collectivités.

Ressources documentaires et liens utiles

Pour approfondir le dossier, plusieurs documents et articles publics permettent de consulter l’actualité et les décisions récentes :

Perspectives et transformations attendues

La mise en chantier du secteur Nord et du raccordement ferroviaire marque le passage à une phase concrète pour la zone industrialo-portuaire Inspira. Si le calendrier est respecté, les premières emprises prêtes à l’emploi devraient permettre d’accueillir des opérateurs dès 2027, avec des retombées industrielles et logistiques rapides pour l’aire urbaine.

Sur le long terme, INSPIRA devra conjuguer ambition industrielle et contraintes environnementales : la réussite dépendra de la capacité des aménageurs à attirer des projets économes en eau, à développer la multimodalité et à instaurer un dialogue continu avec les acteurs locaux. Pour les professionnels du transport et de la logistique, ce chantier représente une opportunité stratégique pour renforcer les capacités rail‑route‑fleuve de la région Auvergne‑Rhône‑Alpes.

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