Usine Stellantis de Poissy, parvis et entrée industrielle au lever du jour avec ouvriers et camions
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Poissy : l’avenir de l’usine Stellantis se décide avant l’été 2026

usine Stellantis de Poissy : la décision sur la poursuite de l’assemblage sera prise avant l’été 2026, un tournant pour les quelque 2 000 salariés du site et pour l’emploi industriel en Île-de-France. Le choix du groupe déterminera si Poissy conserve son statut de dernier atelier d’assemblage automobile de la région ou si le site voit sa vocation transformée.

Contexte industriel et historique du site

L’usine Stellantis de Poissy est active depuis plusieurs décennies et représente aujourd’hui la dernière unité d’assemblage automobile sur le territoire francilien. Le site assemble actuellement des modèles comme la DS3 et l’Opel Mokka, dont la production est prévue jusqu’en 2028 selon les plans industriels communiqués publiquement. Le site emploie environ 2 000 personnes en production, maintenance et fonctions support, chiffre qui fait de Poissy un acteur économique majeur du département des Yvelines.

Décision attendue en 2026 : calendrier et acteurs

La direction du groupe a indiqué que la décision stratégique concernant l’avenir industriel du site interviendrait dans le cadre du plan stratégique global présenté au premier semestre 2026, et précise qu’une décision formelle devrait être prise avant l’été 2026. Les syndicats, les élus locaux et les pouvoirs publics régionaux suivent de près ce calendrier et demandent une clarification rapide pour éviter une incertitude prolongée pour les salariés.

Qui décide et selon quels critères ?

La décision relève principalement du comité de direction industriel de Stellantis et s’inscrit dans le plan stratégique du groupe. Les critères d’arbitrage comprennent :

  • les volumes de marché européen et la demande prévue à l’horizon 2026-2030 ;
  • la rentabilité des lignes d’assemblage actuelles ;
  • les investissements nécessaires pour la transition vers l’électrification ;
  • les options de reconversion d’activités (recyclage, pièces, services).

Engagements et investissements récents

Pour rassurer les salariés et les pouvoirs publics, la direction a annoncé un investissement ciblé d’environ 20 millions d’euros pour moderniser l’atelier d’emboutissage. Cet investissement, confirmé fin 2025 dans plusieurs communiqués locaux, vise à maintenir des capacités industrielles et à sécuriser des chaînes d’approvisionnement critiques.

Par ailleurs, la direction a indiqué qu’aucun plan social immédiat ne serait lancé en lien avec ces arbitrages, et qu’elle entendait privilégier des solutions industrielles ou de reconversion pour éviter des suppressions massives d’emplois.

Positions des syndicats et des élus

Les organisations syndicales locales interpellent la direction pour obtenir des garanties précises et des calendriers contraignants. Elles réclament notamment :

  • la précision des volumes de production et des modèles affectés au site ;
  • des garanties sur l’emploi et des plans de formation en cas de changement d’activité ;
  • un accompagnement public pour la reconversion industrielle éventuelle.

Les élus locaux, dont la municipalité de Poissy et le conseil départemental des Yvelines, ont multiplié les rencontres avec la direction et les représentants de l’État pour défendre le maintien d’une activité industrielle sur le site et limiter les risques d’une montée du chômage local.

Scénarios possibles pour Poissy

Trois scénarios principaux circulent dans les milieux industriels et syndicaux :

  1. Maintien de l’assemblage : attribution d’un nouveau modèle ou prolongation des programmes actuels ;
  2. Transformation partielle : mix assemblage / production de pièces, ou activités de services et logistique ;
  3. Reconversion : arrêt progressif de l’assemblage et transformation vers l’économie circulaire, le recyclage ou la dépollution des véhicules hors d’usage.

Chacun de ces scénarios suppose des besoins d’investissement différents et génère des conséquences variées sur l’emploi local, avec des estimations allant de la stabilisation des effectifs à des réductions potentielles si des mesures de reconversion robustes ne sont pas mises en place.

Impact sur l’emploi et la sous-traitance

Au-delà des 2 000 salariés directs, l’usine de Poissy soutient un réseau de sous-traitants locaux. Une réduction de l’activité d’assemblage pourrait impacter des centaines d’emplois indirects dans la région (fournisseurs, logistique, services). Les acteurs économiques locaux évaluent qu’entre 30 % et 45 % de la valeur locale dépend de la présence d’une activité productive sur le site.

Aspects techniques et logistiques

La modernisation de l’atelier d’emboutissage fait partie d’une série d’actions destinées à maintenir des standards de production compatibles avec les exigences contemporaines (automatisation, qualité, contraintes environnementales). Outre l’emboutissage, des enjeux logistiques importants concernent la gestion des flux de composants, la chaîne d’approvisionnement et la synchronisation avec d’autres sites du groupe en Europe.

Opportunités de reconversion industrielle

Dans l’hypothèse d’une mutation, plusieurs pistes de reconversion existent et sont étudiées :

  • recyclage et économie circulaire : création d’unités de démantèlement et de recyclage des véhicules ;
  • production de modules électriques : assemblage de batteries ou composants ;
  • services de mobilité : centres de remise à neuf de véhicules et plateformes logistiques.

Ces options exigent des investissements et un accompagnement public pour la formation des salariés. Des partenariats avec des acteurs de l’économie circulaire et des pôles techniques régionaux sont évoqués pour accélérer une éventuelle transformation.

Contexte économique régional et national

La situation de Poissy s’inscrit dans un contexte plus large de rationalisation des capacités industrielles automobiles en Europe. Le marché européen reste volatil : en 2025 la demande a montré des signes de faiblesse ponctuelle, conduisant à des ajustements de production sur plusieurs sites. Pour l’Île-de-France, la préservation d’une activité manufacturière se révèle stratégique pour limiter la désindustrialisation constatée depuis plusieurs années.

Réactions publiques et médias

La couverture médiatique locale a relayé les annonces et les inquiétudes des salariés. Le reportage initial du quotidien régional détaillant le calendrier (« avant l’été 2026 ») a relancé les demandes d’informations concrètes de la part des partenaires sociaux. Pour un panorama complémentaire des déclarations et du contexte industriel, plusieurs sources locales et spécialisées ont publié des dossiers récents; voir notamment l’article du Parisien sur l’avenir du site de Poissy et un reportage technique sur la mise à l’arrêt et les volumes publié par Usine Nouvelle (dossier industrie automobile). Pour un éclairage sur la posture industrielle de Stellantis, consultez aussi une synthèse publiée par JournalAuto.

Ce que demandent les salariés

Les travailleurs réclament des engagements mesurables : contrats garantissant des volumes minimums, plans de formation certifiants, et dispositifs d’accompagnement pour tout salarié affecté par une mutation. Les syndicats ont déjà demandé des réunions trimestrielles de suivi avec la direction pour sécuriser les étapes jusqu’à l’annonce formelle du plan stratégique.

Points de vigilance pour les décideurs

Plusieurs éléments doivent être pris en compte par la direction et les autorités publiques :

  • la nécessité d’un calendrier transparent pour réduire l’incertitude sociale ;
  • la cohérence des investissements entre modernisation (emboutissage) et orientation stratégique (électrique ou services) ;
  • le rôle des aides publiques dans la facilitation d’une reconversion viable ;
  • la mise en place de mesures de maintien du tissu de sous-traitance.

Regard prospectif : risques et opportunités

Si la décision aboutit à maintenir l’assemblage, Poissy conservera une place industrielle stratégique en Île-de-France et pourra bénéficier d’un plan d’investissement progressif. Si l’option de reconversion se confirme, le territoire aura alors une fenêtre pour inventer des modèles de production décarbonés et circulaires, mais cela exigera une coopération étroite entre entreprise, syndicats et pouvoirs publics.

Vers l’été 2026 : quelles attentes ?

À mesure que se rapproche l’échéance « avant l’été 2026 », les attentes se concentrent sur trois éléments concrets : la clarification des modèles concernés par l’assemblage, le calendrier des investissements, et les garanties sociales. L’usine Stellantis de Poissy reste au centre d’un arbitrage qui mêle stratégie industrielle, contraintes de marché et enjeux territoriaux.

Pour aller plus loin

Pour suivre l’actualité et les décisions à venir, les lecteurs peuvent consulter régulièrement les comptes rendus syndicaux locaux ainsi que les communiqués officiels du groupe. Les publications spécialisées et la presse régionale constituent également des sources fiables pour vérifier l’évolution des annonces et des engagements.

Perspectives et ouverture

L’affaire Poissy illustre une problématique plus large : comment concilier transition industrielle et protection de l’emploi sur des sites historiques. L’issue attendue en 2026 influencera non seulement les salariés et les sous-traitants, mais aussi la capacité de l’Île-de-France à conserver une base industrielle opérationnelle. Les prochains mois seront décisifs pour transformer cette incertitude en un projet industriel lisible et soutenable.

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