Train TER arrêté sur une petite gare de la ligne Toulouse–Auch, personnel de maintenance en haute visibilité et voyageurs sur le quai
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Toulouse–Auch : la SNCF déploie un plan d’urgence pour restaurer la desserte TER

Ligne Toulouse–Auch : la SNCF a présenté un plan d’urgence visant à répondre aux récentes dégradations et à restaurer la fiabilité du TER en Occitanie. L’annonce, formalisée lors d’une réunion avec la Région, détaille des moyens financiers et opérationnels mobilisés de façon prioritaire pour réparer les installations endommagées, sécuriser les infrastructures et compenser les abonnés les plus touchés.

Chiffres-clés et contexte récent

La dégradation du service a été marquée par une hausse notable des incidents sur plusieurs axes de la région, et en particulier sur la Ligne Toulouse–Auch. Selon les bilans régionaux, plus de 580 trains ont été supprimés en novembre 2025 sur des lignes de l’ouest toulousain, avec une ponctualité régionale tombée à 80,7% le même mois. Les actes de malveillance — vols de câbles, intrusions sur les faisceaux — ont augmenté de +65% entre janvier et novembre 2025, entraînant un cumul de plusieurs centaines d’heures de retard et d’incertitude pour les usagers.

Face à cette situation, la SNCF Réseau et SNCF Voyageurs ont engagé des diagnostics rapides et proposé une enveloppe dédiée à court terme. Les pouvoirs publics régionaux ont demandé une réponse urgente pour éviter la dégradation durable de la desserte ferroviaire, notamment pour les navetteurs et les zones périurbaines dépendantes du TER.

Le contenu du plan d’urgence

Le plan se structure autour de trois axes principaux : travaux d’infrastructure, fiabilisation de l’exploitation et mesures d’indemnisation. Au total, la SNCF annonce la mobilisation d’environ 60 M€ supplémentaires sur trois ans pour la ligne Toulouse–Auch et d’autres sections prioritaires de l’Occitanie. La répartition prévue : ~50 M€ pour la modernisation et la maintenance des installations, 10 M€ pour améliorer la qualité d’exploitation et réduire les causes humaines et techniques d’incidents.

Parmi les interventions rapides figurent le remplacement de câbles endommagés, la rénovation de pupitres de télécommande (priorité identifiée à Brax), la remise à niveau de dispositifs d’aiguillage et l’intervention sur des tronçons de voie fragilisés. Ces actions « de première urgence » sont programmées pour démarrer au premier semestre 2026, tandis que des chantiers plus lourds (régénération de voie, renouvellement de ballast) sont planifiés pour fin 2026-début 2027.

Mesures pour la sécurité et la prévention de la malveillance

La recrudescence des actes malveillants a poussé la SNCF et la Région à intégrer des mesures de protection renforcées dans le plan. Il s’agit notamment d’une augmentation des patrouilles, de la pose ciblée de clôtures, du renforcement de l’éclairage et de la vidéosurveillance sur des sites sensibles, ainsi que d’un partenariat systématisé avec les forces de l’ordre pour une riposte judiciaire plus rapide.

La SNCF prévoit également d’intensifier la surveillance technologique (capteurs, télédiagnostic) afin d’anticiper les ruptures de câbles ou les défauts d’aiguillage avant qu’ils ne provoquent des suppressions massives. Ces dispositifs sont présentés comme essentiels pour réduire de façon durable la vulnérabilité du réseau face aux vols et intrusions.

Impact financier et dispositifs pour les abonnés

Sur le volet usagers, la Région Occitanie et la SNCF se sont accordées pour appliquer des mesures d’indemnisation exceptionnelles. Concrètement, la Région prévoit de rembourser un mois d’abonnement liO à l’échelle régionale, et jusqu’à deux mois pour les lignes les plus impactées, dont la Ligne Toulouse–Auch. Ces dispositions s’appuient sur l’activation des pénalités contractuelles prévues dans la convention liO-SNCF.

Par ailleurs, la SNCF a annoncé une enveloppe dédiée aux moyens d’exploitation (2,1 M€ + 500 k€ en informatique embarquée) pour limiter les perturbations à court terme. La Région a complété l’effort par un apport complémentaire de 4,5 M€ ciblé sur des interventions d’urgence d’ici 2027, tout en poussant pour une part plus importante de responsabilités de l’État sur l’entretien du réseau.

Organisation opérationnelle et ressources humaines

Pour tenir les objectifs, le plan prévoit des renforts en effectifs : créations de postes en maintenance, constitution d’une réserve de conducteurs (objectif : +20 conducteurs sur 2026) et 15 recrutements supplémentaires dédiés aux contrôles qualité et à la coordination chantier. Enfin, la SNCF assure la mise en place d’une cellule de suivi opérationnel et d’un reporting hebdomadaire avec la Région pour suivre l’avancement des chantiers et la réduction des incidents.

Le calendrier retenu vise une mobilisation rapide : 80% des 60 M€ doivent être engagés sur les deux premières années, avec des interventions visibles sur le terrain dès le printemps 2026.

Réactions politiques et attentes locales

La présidence de la Région a salué l’effort mais demande un calendrier contraignant et des indicateurs de résultat précis. Les élus locaux et associations d’usagers réclament par ailleurs une plus grande transparence sur les opérations et un calendrier de travaux compatible avec les besoins de mobilité quotidienne.

Du côté des communes traversées par la ligne Toulouse–Auch, la priorité reste la pérennité du service pour les actifs et les étudiants qui empruntent quotidiennement ces liaisons. Les acteurs économiques locaux rappellent l’importance du rail pour l’accessibilité des zones rurales et périurbaines et pour limiter le recours à la voiture individuelle.

Liens utiles et sources officielles

Pour approfondir le sujet, consulter le communiqué de la Région sur le plan d’urgence et le bilan des actions proposées : dossier de presse Région Occitanie. Un point de situation et des informations pour les abonnés sont également publiés par le réseau liO : informations liO – plan d’urgence. Enfin, un dossier technique et programme de travaux sur la modernisation figure sur le site de SNCF Réseau : modernisation ligne Toulouse–Auch (SNCF Réseau).

Conséquences économiques et sociales

La fragilité du service TER pèse sur l’attractivité des territoires desservis. Des interruptions répétées augmentent les coûts indirects pour les entreprises (retards, chômage partiel, adaptation des plannings) et pour les ménages (temps de trajet plus long, recours au véhicule). Restaurer la fiabilité de la Ligne Toulouse–Auch est donc une priorité économique autant que sociale.

Les investissements annoncés représentent une réponse structurelle, mais la réussite dépendra de la coordination entre opérateurs, Région, collectivités et forces de l’ordre pour prévenir la malveillance et optimiser les interventions techniques.

Prochaines étapes pour la ligne

À court terme, les usagers peuvent attendre des opérations visibles dès le printemps 2026 : remplacement des pupitres critiques, interventions sur câbles, renforcement de la vidéosurveillance et premiers remboursements d’abonnement. À moyen terme, la régénération de tronçons de voie et la modernisation des aiguillages sont prévues pour 2026–2027 afin d’apporter une amélioration durable.

Le suivi promet d’être serré : reporting hebdomadaire, indicateurs de ponctualité et de taux de suppression, et évaluation semestrielle des effets du plan. L’enjeu est clair : transformer rapidement les investissements en résultats concrets pour les voyageurs et garantir la continuité du service du TER en Occitanie.

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