Plateau ferroviaire de la gare Saint‑Charles à Marseille en chantier pour la LNPCA, grues et ouvriers au crépuscule
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LNPCA : Macron donne le coup d’envoi des travaux à Marseille, quelles conséquences pour la région ?

LNPCA Marseille : le 16 décembre 2025, la visite d’Emmanuel Macron sur le plateau ferroviaire de la gare Saint‑Charles a marqué le basculement du projet vers la phase chantier. L’opération vise à désaturer le nœud Marseille‑Toulon‑Nice, augmenter la capacité fret et la capacité voyageurs, et poser les premières briques d’un réseau régional mieux connecté à l’horizon 2035.

Un signal politique et opérationnel fort

La présence présidentielle a joué un rôle symbolique : elle officialise la transition des études et préparatoires vers des travaux visibles. La cérémonie du 16 décembre a notamment rappelé les enjeux territoriaux et économiques d’un projet estimé comme prioritaire par l’État, la Région et SNCF Réseau. Le dossier de presse publié en décembre 2025 confirme le calendrier et les premières enveloppes financières mobilisées pour la phase 1 du projet. Pour documenter ces éléments, voir la communication officielle de la Société de la Ligne Nouvelle Provence‑Côte d’Azur.

Ce que prévoit la feuille de route technique

Le programme opérationnel comporte plusieurs chantiers majeurs concentrés sur le secteur marseillais :

  • La création d’un tunnel urbain et d’ouvrages souterrains pour la gare Saint‑Charles (près de 8 km d’ouvrages prévus selon les premiers documents techniques).
  • L’extension du faisceau voyageurs avec la création de quais et la reconfiguration des flux pour faciliter les correspondances.
  • Des aménagements logistiques visant à renforcer la capacité fret et à améliorer l’accès des gares aux plateformes multimodales.
  • Le déploiement de systèmes de signalisation modernes (notamment l’ERTMS) et la digitalisation des infrastructures sur plus de 200 km.

Ces travaux sont liés à une série d’opérations complémentaires (gains de capacité, modernisation des postes d’aiguillage, adaptation des installations gares) indispensables pour atteindre les objectifs annoncés pour 2035.

Calendrier, coûts et financement

Officiellement, la première phase a démarré en 2025 avec des opérations préparatoires et des travaux d’interface. Les mises en service partielles sont envisagées dès 2029‑2030 sur des segments prioritaires, tandis que la livraison complète est ciblée autour de 2035. Le dossier public évoque une mobilisation supérieure à 1,2 milliard d’euros pour les premières étapes, combinant financements nationaux, régionaux et européens ainsi que la participation des collectivités locales et de la Société LNPCA.

Structure de financement

Le montage financier repose sur :

  • Des crédits de l’État et de l’Union européenne (fonds de cohésion et instruments de transition verte),
  • La participation de la Région Sud et des collectivités locales concernées,
  • Des apports opérationnels de SNCF Réseau et des concessionnaires éventuels pour les interfaces gares.

Les documents publics et l’arrêté préfectoral de décembre 2025 formalisent les premières garanties foncières et budgétaires nécessaires au lancement durable des chantiers. Pour les textes officiels et le dossier de presse, consulter le dossier de presse LNPCA (PDF).

Impacts attendus sur le trafic voyageurs et fret

Les estimations publiées par les maîtres d’ouvrage indiquent des gains notables : une augmentation possible du nombre de trains journaliers et une forte montée des passagers transportés. Les projections mentionnent jusqu’à +66% du nombre de trains sur certains segments et des gains de plusieurs millions de voyageurs annuels à l’horizon 2035.

Mesures pour le fret

Le projet prévoit une meilleure intégration du fret avec des créneaux supplémentaires, des raccordements aux plateformes logistiques et une réduction des goulets d’étranglement au niveau des approches marseillaises. À terme, l’objectif est de rendre la voie ferrée plus compétitive pour les trafics interrégionaux et portuaires, notamment pour le Grand Port Maritime de Marseille.

Conséquences pour les acteurs locaux et la logistique régionale

Pour les chargeurs, transporteurs et plateformes logistiques de la région, la LNPCA représente une opportunité de réorganisation des flux : meilleure ponctualité, fréquence accrue et desserte plus fine des nœuds économiques. La mutation attendue peut favoriser la relance d’opérations de déport modal vers le rail et amplifier l’offre intermodale entre ports, zones industrielles et gares.

Effets sur l’emploi et la filière BTP

Le lancement des travaux génère des besoins importants en ingénierie, génie civil et systèmes ferroviaires. Les premières évaluations évoquent plusieurs milliers d’emplois directs et indirects durant les phases de chantier, avec des retombées pour les PME locales et les bureaux d’études régionaux.

Points de vigilance : environnement, foncier et acceptabilité

Plusieurs sujets restent sous surveillance : la gestion des déblais issus des tunnels, les mesures de protection acoustique en milieu urbain, la préservation d’espaces naturels lors des raccordements et les modalités d’expropriation ou d’acquisition foncière. Des arrêtés préfectoraux récents (notamment un arrêté modificatif publié le 11 décembre 2025) encadrent les enquêtes parcellaires et la mise à disposition foncière sur les secteurs concernés.

La communication publique a été renforcée pour accompagner les habitants et les communes impactées. Les concertations locales et dispositifs d’information seront déterminants pour réduire les tensions et limiter les recours juridiques susceptibles de retarder certaines opérations.

Coordination inter‑projets et synergies territoriales

La LNPCA s’inscrit dans un ensemble de dossiers : modernisation de la desserte de Nice Aéroport, renforcement des liaisons Aix‑Marseille, et navettes toulonnaises (Saint‑Cyr/Carnoules). La réussite du programme suppose une coordination forte entre l’État, la Région, SNCF Réseau, les collectivités locales et le monde économique.

Sur ce point, la capitalisation d’expériences menées sur d’autres grands chantiers ferroviaires (gestion logistique, phasage des travaux, déploiement ERTMS) sera déterminante pour limiter les incidences sur le trafic pendant les travaux.

Questions ouvertes pour les prochains mois

  • Calendrier précis des mises en service partielles et planning des interruptions de trafic pendant les travaux.
  • Détail des marchés publics à venir et modalités d’appel à la sous‑traitance pour les entreprises régionales.
  • Plans de gestion environnementale et destination des déblais issus des tunneliers.
  • Modalités d’intégration des surfaces commerciales et tertiaires dans les futurs pôles d’échanges (Halles Saint‑Charles).

Ressources complémentaires et lectures utiles

Pour approfondir les éléments techniques et administratifs cités dans cet article :

Perspectives régionales à moyen terme

À l’échelle de la Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, la mise en chantier de la LNPCA constitue un levier stratégique pour la transition des mobilités et la compétitivité logistique. Si les objectifs de capacité et de calendrier sont tenus, les retombées pourraient inclure une réduction significative des saturations, une meilleure desserte des zones d’emploi et des ports, et une hausse de la part modale du rail dans les trafics longue distance et régionaux.

Prochaines étapes observables

Les observateurs et acteurs du secteur doivent suivre de près :

  • La publication des marchés publics et adjudications pour les lots de génie civil (premier semestre 2026),
  • Les décisions foncières locales et clôtures des enquêtes publiques sur les dernières parcelles concernées,
  • Les premiers chantiers lourds de terrassement et tunneliers visibles en 2026‑2027.

Vers une nouvelle géographie des déplacements

La transformation du nœud ferroviaire marseillais amorcée par le lancement des travaux est plus qu’un chantier d’infrastructure : elle redessine les capacités de déplacement et les équilibres logistiques de toute la région. Suivre l’avancement du projet LNPCA Marseille, ses indicateurs de performance (trafic trains/jour, nombre de voyageurs, volumes fret) et les modalités de concertation reste essentiel pour les acteurs économiques locaux.

Pour aller plus loin

Les prochains communiqués de la Société LNPCA et les bulletins de suivi de SNCF Réseau fourniront les données quantifiées sur l’évolution des travaux et les impacts réels sur le trafic. Les professionnels du transport et de la logistique devront anticiper ces changements dans leurs plans d’investissement et leurs schémas de distribution.

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