Vue large du site de l'ancienne cimenterie Lafarge à Contes en cours de reconversion, chantier et parcelles en travaux
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Contes (06) : réindustrialisation de la friche Lafarge, près de 400 emplois attendus

zone économique de Contes : la reconversion de la friche de l’ancien site industriel de Lafarge, située à Contes (Alpes‑Maritimes), s’annonce comme l’un des projets économiques majeurs des prochaines années dans l’aire niçoise. Portée par l’EPF Paca et la CCI Nice Côte d’Azur, la transformation vise à libérer jusqu’à 18 hectares de foncier pour accueillir une nouvelle zone d’activités susceptible de générer près de 400 emplois. Ce dossier combine enjeux fonciers, contraintes techniques et ambitions de relance industrielle locale.

Contexte et genèse du projet

Le site correspond à une ancienne implantation industrielle de la filiale cimentière Lafarge, désaffectée depuis plusieurs années. Face à la rareté du foncier économique dans le département (Alpes‑Maritimes), les acteurs publics ont choisi la voie de la préemption et de l’aménagement public‑privé pour sécuriser la reconversion. L’EPF Paca s’est porté acquéreur d’une portion du terrain début novembre 2025 via un acte officiel, et la CCI devrait prendre la maîtrise d’ouvrage opérationnelle dès le début 2026 pour engager les études et la commercialisation.

Surface, programmation et phasage

La partie mobilisable la plus citée par les porteurs du projet est d’environ 18 hectares. La programmation annoncée prévoit la libération de plusieurs plateaux d’activités : près de 35 000 m² de surfaces construites envisagées, réparties entre ateliers, locaux artisanaux, entrepôts légers et bâtiments destinés à l’industrie de proximité.

Les responsables prévoient un phasage pragmatique : diagnostic environnemental et études préalables (18–24 mois), démolitions et dépollution (prévision pluriannuelle), puis aménagements progressifs et commercialisation des premiers lots. Les travaux de démolition, lorsqu’ils démarreront, sont estimés sur une période d’environ 12 mois, mais certaines contraintes liées à la présence d’une carrière attenante conditionnent le calendrier global jusqu’en 2032 pour certains volets.

Emplois et retombées économiques

Les promoteurs avancent un chiffre de jusqu’à 400 emplois créés ou consolidés une fois la zone stabilisée et occupée. Ce potentiel d’emplois couvre des profils variés : ouvriers qualifiés, techniciens, personnels administratifs, professions artisanales et TPE/PME industrielles. À titre d’exemple chiffré, la création de 400 emplois représenterait une hausse notable dans un bassin où le taux de vacance foncière pour l’industrie est inférieur à la moyenne régionale.

Types d’activités recherchées

  • Petite industrie et ateliers de production (bâtiments modulaires et cellules d’activités).
  • Artisanat et services aux entreprises.
  • Ateliers logistiques légers et plateformes de distribution locale.
  • Espaces dédiés à la transition énergétique et aux filières d’économie circulaire.

Contraintes techniques, environnementales et foncières

La friche Lafarge porte des contraintes spécifiques : silos et infrastructures conservés par l’opérateur historique, présence d’une carrière dont le règlement impose des obligations de remblaiement et d’entretien jusqu’en 2032, et besoins de dépollution partielle des sols. Ces éléments imposent un calendrier étalé et un surcoût technique pour la remise en conformité.

Sur le volet environnemental, le projet intègre une logique de compensation et d’aménagement : près de 40 % de la surface serait restituée en espaces paysagers et zones perméables, avec la création de bassins de rétention (deux bassins enterrés de 1 500 m³ et un bassin à ciel ouvert d’environ 2 500 m³) et une capacité photovoltaïque envisagée en toiture ou en champs contigus.

Financement, coût et gouvernance

La transaction initiale évoquée dans les documents administratifs mentionne un montant de cession pour la parcelle préemptée d’environ 3,07 M€. Le montage financier pour l’aménagement fera appel à des fonds publics (EPF, collectivités locales), à des fonds propres de la chambre consulaire et possiblement à des subventions régionales ou européennes pour la dépollution et la transition énergétique.

La gouvernance du dossier associera l’EPF régional, la CCI Nice Côte d’Azur en tant qu’aménageur/acteur économique, la Communauté de communes du Pays des Paillons et la municipalité de Contes. Les élus locaux ont souligné l’importance stratégique de ce foncier comme « dernière grande réserve aménageable » du département.

Impacts sur la chaîne logistique et les transports

Pour le secteur des transports et de la logistique, la création d’une zone d’activités à Contes représente plusieurs enjeux : capacité d’accueil pour les prestataires locaux, besoins en voirie et stationnement, et raccordements aux réseaux (eau, énergie, fibre). Le projet prévoit 288 places de stationnement, mais les acteurs soulignent la nécessité d’un accompagnement public pour les infrastructures routières et les connexions au réseau régional afin d’éviter des congestions locales.

À court et moyen terme, la zone peut relocaliser des flux aujourd’hui dispersés dans le bassin niçois, et constituer un pôle logistique régional pour les TPE/PME industrielles et artisanales, réduisant ainsi les kilomètres à vide et favorisant une logistique de territoire plus résiliente.

Positionnement territorial et opportunités sectorielles

Le projet s’inscrit dans la stratégie régionale visant à revitaliser les friches industrielles et à favoriser les activités productives proches des centres urbains. Pour les entreprises du secteur transport‑logistique, de la maintenance industrielle et des services aux industries, la zone économique de Contes offre une opportunité d’implantation à moins de 20 km de Nice, sur un foncier rare dans le département.

Les secteurs ciblés comprennent notamment la mécanique légère, l’agro‑alimentaire local à petite échelle, les Ateliers de maintenance, et des activités liées à la transition énergétique (stockage, recyclage, valorisation des déchets industriels).

Calendrier prévisionnel et étapes clés

Calendrier résumé (prévisionnel) :

  • Novembre 2025 : acte de préemption et acquisition d’une tranche du site par l’EPF Paca.
  • Début 2026 : transfert progressif de la maîtrise d’ouvrage à la CCI pour l’aménagement opérationnel.
  • 2026–2027 : études techniques, diagnostics (sols, hydrologie), consultations publiques et permis.
  • À partir de 2028 : démolitions et travaux de dépollution (phases variables selon contraintes).
  • 2029–2032 : développement des premières cellules d’activités et commercialisation par lots.

Communication publique et sources

Le projet a été relayé par la presse régionale et les publications administratives. Pour approfondir les éléments factuels, on peut consulter l’article d’origine (Actu.fr) sur le projet : présentation du projet sur Actu.fr. Le quotidien régional a également couvert le dossier avec des précisions techniques : reportage de Nice‑Matin. Enfin, des éléments juridiques et le montant relatif à la cession ont été mentionnés dans la presse spécialisée : compte rendu des Petites Affiches.

Risques et points de vigilance pour les entreprises

Plusieurs risques et contraintes sont à considérer pour un investisseur ou un futur occupant : calendrier étalé par les obligations de gestion de carrière, coûts additionnels liés à la dépollution, obligations environnementales et servitudes, et nécessité d’une coordination renforcée entre maîtres d’ouvrage et autorités locales. Les entreprises du transport doivent aussi anticiper les besoins en voirie et en accès poids lourds.

Ce que cela signifie pour les acteurs logistiques locaux

Pour les opérateurs logistiques, la zone économique de Contes est une opportunité de se rapprocher du marché niçois tout en bénéficiant de cellules industrielles modulaires. Ce foncier offre notamment des possibilités pour des services de distribution locale, des ateliers de maintenance de véhicules et des plateformes de groupage. Les acteurs sont invités à suivre les appels à projets et les consultations organisées par la CCI pour réserver des créneaux de commercialisation.

Perspectives et prochaines étapes

Le dossier avance mais reste soumis à de nombreux ajustements techniques et financiers. Les prochaines étapes concrètes attendues sont la finalisation des études d’impacts, l’obtention des autorisations d’urbanisme et la définition précise des modalités de commercialisation. Les élus locaux et la CCI ont annoncé un suivi régulier des phases de conception afin de sécuriser l’emploi local et d’orienter la destination des surfaces vers des activités à forte valeur ajoutée.

Voies d’approfondissement pour les lecteurs

Les professionnels intéressés par des surfaces ou des partenariats peuvent consulter régulièrement les communiqués de la Communauté de communes du Pays des Paillons et le site de la CCI Nice Côte d’Azur pour connaître les prochaines consultations et appels à projets.

Ouverture vers d’autres dossiers territoriaux

La reconversion de la friche de Contes s’inscrit dans une tendance régionale : mobilisation des EPF pour sécuriser des réserves foncières, rôle accru des chambres consulaires comme aménageurs et intégration systématique d’exigences environnementales. Les entreprises et collectivités du transport‑logistique gagneront à suivre ces initiatives, car elles redéfinissent l’offre foncière et les capacités d’accueil productif autour des métropoles.

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