Grand Port Maritime de Bordeaux confirme sa stratégie de relance industrielle sur les terminaux de Bassens et du Verdon en combinant disponibilité foncière, incubation d’innovations et projets d’énergies bas carbone. Ces initiatives visent à attirer des industriels lourds, renforcer les trafics conteneurs et favoriser le report modal vers le rail, tout en développant une filière hydrogène et des installations solaires.
Nouveautés et faits marquants des dernières semaines
Sur la période récente, plusieurs décisions et annonces structurantes ont été mises en avant par les acteurs publics et privés. Le port a actualisé sa cartographie des implantations foncières et détaillé les capacités et disponibilités pour Bassens, Verdon et Pauillac. Parallèlement, le lancement de l’incubateur Bordeaux Technoports et la progression du projet GH2 à proximité témoignent d’une volonté d’attirer des projets à forte valeur ajoutée industrielle et énergétique.
Points chiffrés clés à retenir :
- ~37 hectares labellisés « site industriel clé en main » au Verdon pour des implantations à quai.
- Un appel à manifestation d’intérêt pour une ferme photovoltaïque d’environ 45 ha lié au pôle du Verdon.
- Projet GH2 (Ambès) : phase 1 ~100 MW d’électrolyse visant une production initiale d’environ 14 000 t d’hydrogène/an.
- Capacités conteneurs à Bassens proches de 80 000 EVP/an et trafics massiques de plusieurs millions de tonnes par an (Bassens concentrant une part importante, >3 Mt/an selon les typologies de trafics).
Foncier et opportunités industrielles au Verdon
Le terminal du Verdon réapparaît comme un site prioritaire pour la réindustrialisation portuaire. Avec près de 37 ha prêts à l’implantation, le port propose des parcelles en bord à quai, pensés pour des usages lourds (stockage industriel, transformation, énergies). Ces surfaces, labellisées « site industriel clé en main », réduisent les délais d’implantation pour les opérateurs et facilitent les montages fonciers.
Le GPMB a aussi lancé un appel à manifestation d’intérêt pour développer une ferme photovoltaïque (~45 ha) à proximité, destinée à alimenter des sites industriels locaux et des unités d’électrolyse. Ces démarches visent à sécuriser une énergie bas carbone à l’échelle portuaire et à rendre les offres foncières plus attractives pour les grands donneurs d’ordre et les projets power-to-x.
Pour consulter la fiche foncière et les offres actualisées, voir la page dédiée du Grand Port Maritime de Bordeaux : offres foncières et terminaux du GPMB.
Bassens : conteneurs, rail et logistique lourde
Le terminal de Bassens reste la plateforme logistique la plus structurante du GPMB pour les conteneurs et les trafics industriels. Les capacités conteneurs ont été augmentées ces dernières années et le site développe progressivement ses solutions de desserte ferroviaire pour réduire l’empreinte carbone des chaînes logistiques.
Le développement des voies ferrées portuaires et la modernisation des quais répondent à deux objectifs clairs : favoriser le report modal du route vers le rail et fluidifier les rotations pour les opérateurs. Les récentes opérations de réhabilitation des infrastructures visent aussi à offrir des capacités supplémentaires pour le stockage et le transbordement, éléments essentiels pour attirer des contrats de hub régional.
Capacités et flux
- Capacité conteneurs estimée à ~80 000 EVP/an (valeur indicative selon les recentrages d’activité).
- Trafic massique global : plusieurs millions de tonnes (bassins industriels, vracs liquides et secs).
- Objectif : augmenter la part modale du rail pour diminuer les émissions de CO2 liées au transport de fret.
Innovation : Bordeaux Technoports, un accélérateur d’activités
L’incubateur Bordeaux Technoports a été officiellement lancé pour accueillir des startups et porteurs de projets innovants dans les domaines maritimes, logistiques et énergétiques. L’offre d’accompagnement combine locaux réhabilités, mise en réseau avec industriels locaux, et accès facilité aux sites portuaires pour expérimentations.
Objectifs opérationnels : accélérer la création de solutions numériques pour la supply chain, tester des technologies de décarbonation, et encourager les partenariats entre PME, grands groupes et laboratoires. Pour en savoir plus sur le lancement et les premiers occupants : rapport de présentation disponible sur le portail d’information sectorielle Bordeaux Technoports – article Atlantic Cluster.
Énergie et décarbonation : hydrogène et solaire au cœur du plan
La transition énergétique est au centre des projets portuaires. Le GPMB appuie des initiatives pour produire de l’électricité renouvelable sur place (fermes photovoltaïques) et attirer des unités d’électrolyse pour l’hydrogène vert. Le projet GH2 à Ambès, voisin de la plateforme girondine, illustre cette dynamique : une première phase de ~100 MW d’électrolyse visant une production initiale d’environ 14 000 tonnes d’hydrogène par an, avec des ambitions d’extension.
Ces capacités permettront d’alimenter des usages industriels (procédés, décarbonation des chauffages) et d’hydrogéner des filières lourdes (transport maritime décarboné, flottes logistiques). Les synergies entre les fermes solaires envisagées au Verdon et les unités d’électrolyse constituent un modèle intégré « power-to-X » pertinent pour les industriels implantés sur site.
Documentation et communiqué sur le projet GH2 : GH2 et accord foncier – détails du projet.
Impacts économiques et emplois locaux
La mise à disposition de foncier qualifié, combinée à des projets énergétiques, crée un environnement propice à l’implantation d’activités à haute valeur ajoutée et à forte intensité d’emploi. Les effets attendus :
- Attraction d’industriels et prestataires logistiques, réduisant la dépendance aux zones périphériques moins adaptées.
- Création d’emplois directs (construction, exploitation, maintenance) et indirects (sous-traitance, services).
- Renforcement du tissu industriel régional par des investissements pérennes liés aux énergies renouvelables et à l’hydrogène.
Des études d’impact local devront préciser le nombre d’emplois attendus par hectare et par segment (production d’énergie, logistique, maintenance industrielle). Les premières évaluations mettent en avant des gains potentiels en compétitivité pour les opérateurs qui s’implantent à proximité des sources d’énergie bas carbone.
Enjeux opérationnels et recommandations pour les décideurs industriels
Pour les directeurs industriels et responsables de site, plusieurs recommandations pratiques émergent :
- Auditer rapidement les besoins énergétiques et logistiques pour tirer parti des futures offres (accès direct au quai, fourniture d’électricité renouvelable, possibilités d’hydrogène).
- Privilégier des montages fonciers qui intègrent la mutualisation d’infrastructures (stockage d’énergie, postes de chargement, accès ferroviaire partagé).
- Engager des partenariats avec l’incubateur Bordeaux Technoports pour tester des solutions numériques de traction logistique et d’optimisation d’interface portuaire.
- Anticiper les obligations environnementales et tirer parti des financements européens et nationaux dédiés aux projets de décarbonation industrielles.
La coordination entre acteurs publics (GPMB, collectivités) et privés (investisseurs, industriels) restera cruciale pour convertir les disponibilités foncières en projets opérationnels et économiquement viables.
Ressources et liens pour approfondir
Pour suivre l’actualité des implantations et des capacités portuaires : Grand Port Maritime de Bordeaux – site officiel. Pour un dossier sur la relance du Verdon et les priorités portuaires : reportage Actu Transport & Logistique. Enfin, pour le volet incubation et innovation : article Atlantic Cluster sur Bordeaux Technoports.
Perspective stratégique pour la Nouvelle-Aquitaine
Les actions menées au niveau du Grand Port Maritime de Bordeaux constituent un levier tangible pour la réindustrialisation de la région. En combinant foncier disponible, incubation d’innovations et projets énergétiques, Bassens et le Verdon peuvent attirer des chaînes de valeur complètes – de la production d’énergie à la transformation industrielle et à la logistique exportatrice.
Pour les responsables industriels, la fenêtre d’opportunité se situe désormais dans la capacité à sécuriser rapidement des parcelles, à négocier des schémas énergétiques intégrés et à s’appuyer sur des partenariats publics-privés pour réduire le risque d’investissement. À court et moyen terme, la réussite de ces initiatives dépendra de la coordination des calendriers (réalisation des fermes solaires, mise en service des électrolyseurs, travaux ferroviaires) et de la compétitivité globale des offres territoriales face à d’autres pôles portuaires français et européens.
Le Grand Port Maritime de Bordeaux se positionne ainsi comme une plateforme stratégique pour la Nouvelle-Aquitaine : les prochaines années seront déterminantes pour transformer les disponibilités en emplois et en capacités industrielles durables.






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