Départ du terminal méthanier Cape Ann, FSRU quittant le port du Havre au petit matin
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Le terminal méthanier flottant « Cape Ann » a quitté le port du Havre

terminal méthanier Cape Ann : le navire‑terminal de regazéification a été démobilisé et quitté le port du Havre dans la nuit du 20 au 21 janvier 2026. Cette sortie marque la fin d’un dispositif temporaire mis en place à l’automne 2023. Le mouvement résulte d’un enchaînement juridique et administratif : un jugement du tribunal administratif de Rouen rendu en octobre 2025 et un arrêté ministériel fixant la cessation d’exploitation au 8 mai 2026.

Rappel des faits et calendrier

Le FSRU Cape Ann, affrété par TotalEnergies, était positionné au large du Havre depuis son installation en octobre 2023 pour assurer un « filet de sécurité » des approvisionnements en gaz. Après une période d’activité limitée et plusieurs mois sans utilisation opérationnelle notable, l’opérateur a annoncé la démobilisation fin novembre 2025. La décision administrative du 12 décembre 2025 a ensuite fixé la date butoir de fin d’exploitation au 8 mai 2026, mais le navire a quitté le port dès janvier 2026.

Dates clés

  • Octobre 2023 : installation du terminal méthanier Cape Ann au Havre.
  • Août 2024 : baisse sensible d’utilisation reportée par les autorités et l’opérateur.
  • 16 octobre 2025 : jugement du tribunal administratif de Rouen sollicitant la remise en cause de l’arrêté initial.
  • 12 décembre 2025 : arrêté ministériel précisant la fin du maintien en exploitation (publication 17/12/2025).
  • 25 novembre 2025 : annonce publique de démobilisation par TotalEnergies.
  • 20–21 janvier 2026 : départ effectif du navire‑terminal du Havre.

Ce que dit la décision judiciaire et l’arrêté

Le jugement rendu par le tribunal administratif de Rouen a pris en compte l’usage effectif limité du site et a estimé que la mise en place exceptionnelle ne pouvait se prolonger indéfiniment sans réexamen complet des conditions d’autorisation. L’arrêté ministériel de décembre 2025 fixe juridiquement la fin du maintien en exploitation et impose un calendrier pour la démobilisation. Pour consulter le texte de la décision, voir le jugement du tribunal administratif de Rouen. Le texte de l’arrêté est consultable en ligne via la publication administrative (arrêté ministériel du 12 décembre 2025).

Capacités techniques et bilan d’utilisation

Le FSRU Cape Ann disposait d’une capacité de regazéification maximale d’environ 5 milliards de m3/an et d’un stockage proche de 142 500 m3. Ces chiffres représentent environ 8–10 % de la consommation annuelle française de gaz au pic. Malgré cette capacité théorique, les relevés publics et l’argumentaire du tribunal montrent une occupation opérationnelle très limitée après 2024, avec quasiment aucune opération confirmée depuis l’été 2024.

Conséquences opérationnelles pour Le Havre et la Normandie

Le départ du navire implique plusieurs opérations logistiques et techniques : démontage des raccordements temporaires, libération des emprises portuaires (quai de Bougainville notamment), et coordination avec les gestionnaires de réseau pour réajuster les points d’injection. Le port du Havre devra aussi réévaluer l’utilisation des quais et les capacités d’accueil disponibles pour d’autres trafics industriels. Pour le tissu industriel normand, le signal est double : réduction d’une capacité d’import mobile mais retour à une planification plus stable des approvisionnements.

Impacts immédiats

  • Libération d’espace et d’infrastructures au port ; opérations de nettoyage et remise en état prévues.
  • Nécessité de mises à jour dans les scénarios d’approvisionnement des industriels régionaux (siderurgie, chimie, industries énergivores).
  • Reconfiguration possible des contrats d’approvisionnement et des stockages stratégiques.

Enjeux pour la souveraineté énergétique et la gestion des approvisionnements

L’affaire met en lumière un arbitrage fréquent entre sécurité d’approvisionnement et acceptabilité environnementale / réglementaire. Les autorités ont expliqué que le FSRU était une mesure de secours dans un contexte géopolitique incertain (2022–2023). Désormais, la France réoriente ses choix vers la stabilisation des flux via les terminaux terrestres et le stockage stratégique, ce qui soulève des questions pour les industriels : fiabilité des contrats, résilience des chaines d’approvisionnement, et coût du gaz sur le moyen terme.

Points d’attention pour les directeurs d’usine

Pour un Directeur Industrie (DI), les implications pratiques sont concrètes :

  • Revoir les clauses de continuité d’approvisionnement et les options de stockage interne.
  • Vérifier la solidité des contrats d’achat de gaz et les mécanismes d’adaptation prix/volume.
  • Évaluer l’impact potentiel sur la consommation énergétique et prévoir des alternatives (efficacité, substitution énergétique).

Réactions des acteurs

TotalEnergies a confirmé la démobilisation et a précisé que l’installation ne bénéficiait d’aucune subvention publique. L’opérateur a mis en avant la stabilisation des flux d’approvisionnement comme motif principal de retrait. Le communiqué de l’opérateur est accessible ici : communiqué TotalEnergies sur la démobilisation.

Du côté associatif et local, des voix avaient contesté la présence du terminal dès 2023 pour des motifs environnementaux et de sécurité. Le jugement du tribunal administratif illustre la capacité de recours administratif à influer sur des décisions d’urgence liées à l’énergie.

Coûts, calendrier et perspectives

La démobilisation implique des coûts de désinstallation et de repositionnement du navire. Les montants précis n’ont pas été tous rendus publics ; cependant, l’opérateur a indiqué assumer la démobilisation à ses frais. Le calendrier administratif impose une fin d’exploitation au 8 mai 2026, mais le départ anticipé du navire en janvier 2026 signifie une accélération des opérations techniques et une réaffectation des équipes portuaires.

Scénarios possibles

  1. Réaffectation du navire à une mission FSRU ailleurs en Europe si la demande mobile réapparaît.
  2. Remplacement progressif par des capacités terrestres renforcées et meilleures interconnexions régionales.
  3. Renforcement des stockages stratégiques et contractualisation long terme avec fournisseurs diversifiés.

Ce que doivent retenir les industriels normands

Le départ du terminal méthanier Cape Ann rappelle qu’il faut intégrer la variabilité des infrastructures temporaires dans les plans de continuité. Pour un Directeur Industrie, il est crucial de réaliser un audit énergétique, de sécuriser des engagements contractuels et de maintenir un dialogue étroit avec les gestionnaires de réseau et le port. La Normandie, avec ses plateformes industrielles et portuaires, doit transformer cet épisode en opportunité : optimiser l’efficacité énergétique, diversifier les approvisionnements et renforcer la résilience logistique.

Ressources et documents utiles

Perspectives régionales et appel à l’action

Le retrait du Cape Ann offre une fenêtre d’analyse pour les décideurs publics et privés en Normandie. Il convient de capitaliser sur ce signal pour renforcer la planification énergétique régionale. Les directions industrielles doivent consolider les scénarios d’approvisionnement d’ici 2026, optimiser les consommations et préparer des voies de substitution énergétique. Une coordination renforcée entre le port du Havre, les gestionnaires de réseaux et les grands sites industriels s’impose pour maintenir la compétitivité et la sécurité des approvisionnements.

Pour aller plus loin

Les demandes d’informations complémentaires sur le calendrier technique de démobilisation ou les implications contractuelles peuvent être adressées aux services du port du Havre et aux équipes de TotalEnergies. Pour un suivi régulier, il est conseillé aux responsables d’usine de consulter les publications officielles et de rester en lien avec les autorités locales.

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