Santé mentale et nouvelles formes d’organisation sont au cœur des débats RH en 2026. Le numéro de janvier de Travail & Sécurité (INRS, n°877) synthétise des recherches qualitatives récentes sur les effets des plateformes numériques, des Scop et des entreprises « libérées » sur la santé psychique des salariés. Pour les DRH du Grand Est, ces enseignements sont utiles pour adapter les diagnostics, prioriser les mesures de prévention et mobiliser les aides publiques disponibles.
Pourquoi ce dossier intéresse particulièrement les DRH du Grand Est
La région Grand Est concentre un tissu économique diversifié : industries (automobile, agroalimentaire, chimie), PME familiales, coopératives et un maillage territorial de petites structures (TPE/PME). Ces entreprises expérimentent de plus en plus d’organisations hybrides — plateformes locales de services, reprises en Scop, ou démarches de responsabilisation inspirées des entreprises libérées. Les DRH doivent donc comprendre comment ces modèles influencent la santé mentale et les risques psychosociaux (RPS) au plan collectif et individuel.
Principaux enseignements du numéro INRS et des études récentes
L’entretien avec des chercheurs (IPDT) et les travaux cités par l’INRS mettent en relief trois mécanismes distincts :
- Contrôle algorithmique et précarité : sur les plateformes, la prescription algorithmique réduit les marges de manœuvre et augmente l’incertitude de revenu, ce qui élève le stress chronique et la vigilance permanente.
- Solidarité et auto-exploitation : dans les Scop, la coopération renforce le soutien social, mais peut conduire à une intensification du travail et à une difficulté à poser des limites (risque d’auto-exploitation).
- Autonomie et charge mentale : les entreprises libérées favorisent l’autonomie décisionnelle, mais la responsabilité accrue sans encadrement de soutien peut générer surcharge cognitive et anxiété.
Chiffres clés à retenir
Plusieurs enquêtes récentes pointent des tendances mesurables (sources nationales consolidées en janvier 2026) :
- 22 % d’actifs en situation de « mauvaise santé mentale » selon le baromètre Santé mentale & QVCT 2026 (Qualisocial x Ipsos) — amélioration de ~3 points par rapport à 2025, mais fortes disparités par secteur.
- Subvention « RPS Accompagnement » : prise en charge jusqu’à 70 % pour les entreprises de 1 à 49 salariés, plafond d’aide 25 000 € (Assurance Maladie / ameli, mise à jour janvier 2026).
- Programme d’animation QVCT : Semaine pour la QVCT prévue du 15 au 19 juin 2026 (ANACT) — opportunité pour mobiliser managers et représentants du personnel.
Contexte régional : actions et ressources dans le Grand Est
Pour les DRH implantés en Grand Est, plusieurs acteurs apportent ressources et accompagnement :
- ARS Grand Est : campagnes de prévention et partenariats locaux sur la santé mentale au travail (plateformes territoriales de santé, dispositifs d’appui aux TPE).
- Direccte / DREETS Grand Est : accompagnement réglementaire et info-pratique pour la mise en œuvre d’évaluations des RPS.
- Réseaux d’acteurs : pôle emploi, chambres consulaires, et coopératives régionales qui accompagnent les reprises en Scop ou les démarches de transformation organisationnelle.
Ces interlocuteurs peuvent orienter vers des prestataires référencés et des dispositifs financiers — notamment la subvention RPS Accompagnement (voir

