Conférence Mobilités & Logistique Bretagne : intervenants, public et maquette de fret en avant‑plan
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Bretagne : une feuille de route Mobilités & Logistique engagée pour 2026

Mobilités & Logistique Bretagne : la nouvelle feuille de route régionale, présentée le 20 janvier 2026 à l’Institut B‑COM (Cesson‑Sévigné), traduit l’ambition d’une mobilité des biens plus sobre, durable et performante. Adopté fin 2025 et co‑construit par l’État, la Région, les acteurs économiques et les observatoires régionaux, ce plan organise 30 fiches‑actions à déployer d’ici 2028 pour réduire les émissions, renforcer le report modal et accompagner les entreprises et les territoires.

Un diagnostic clair : enjeux et chiffres clés

Le diagnostic régional soulève plusieurs leviers prioritaires. La logistique représente environ 10 % des emplois en Bretagne et le transport de marchandises contribue pour près d’un tiers aux émissions régionales de CO2. Aujourd’hui, près de 95 % des flux sont routiers et le ferroviaire comptabilise seulement une part marginale du trafic. La péninsularité se traduit par des surcoûts : les acteurs estiment un surcoût moyen proche de +8 % par rapport à la métropole pour le transport de marchandises.

Points saillants du diagnostic

  • Part modale : route dominante (~95 %) versus rail (~1–2 %).
  • Parc roulant : majorité diesel, besoin d’électrification et d’alternatives (hydrogène, biocarburants).
  • Foncier : ~1,2 million de m² de surfaces logistiques en Bretagne, faible vacance et pression foncière pour la relocalisation.

Les quatre axes de la feuille de route

La feuille de route structure l’effort autour de quatre axes : connaissance et gouvernance, compétitivité des filières, décarbonation des flux, et territorialisation des solutions. Chaque axe comprend des mesures opérationnelles et des indicateurs de suivi.

Connaissance & gouvernance

Renforcer la production de données et la gouvernance locale est central. Le déploiement d’un tableau de bord piloté par l’Observatoire Régional des Transports de Bretagne permettra de suivre 200 indicateurs : volumes de fret, taux de report modal, émissions évitées, capacités de stockage et occupation du foncier. Cette digitalisation du pilotage vise à rendre les décisions plus ciblées et mesurables.

Compétitivité et services

Améliorer l’offre logistique régionale passe par la massification des flux, la mutualisation des prestations et la création d’une offre ferroviaire bretonne connectée aux ports. L’objectif est de rendre le fret ferroviaire économiquement pertinent pour les PME et donneurs d’ordre, en s’appuyant sur des terminaux multimodaux et des sillons adaptés.

Décarbonation des transports

La feuille de route met l’accent sur plusieurs technologies : électrification des véhicules de livraison, hydrogène pour les poids lourds longue distance, retrofit des moteurs, et recours à des carburants durables. Des programmes de soutien financier et des expérimentations locales sont prévus pour accélérer l’adoption.

Territorialisation et logistique de proximité

La stratégie vise aussi à développer des solutions pour le dernier kilomètre : hubs urbains, logistique urbaine partagée, conciergeries rurales et points relais mutualisés. Des chartes locales favoriseront la coordination entre collectivités et opérateurs, notamment dans les zones insulaires et rurales.

Actions prioritaires et calendrier

La feuille de route comporte 30 fiches‑actions réparties sur la période 2026–2028. Parmi les priorités immédiates : renforcer l’offre ferroviaire, sécuriser des financements pour les ports, lancer des expérimentations de véhicules bas‑carbone pour le dernier kilomètre, et mettre en réseau les dispositifs de formation.

Financement et leviers économiques

Certaines mesures s’appuieront sur le contrat de plan État‑Région et des fonds européens. Un montant de 64 M€ a déjà été identifié pour soutenir les ports et le fret ferroviaire, permettant d’engager des investissements sur l’offre infrastructurelle et logistique.

Formation, emplois et attractivité des métiers

La feuille de route associe un volet massifs sur les compétences : mise à jour des référentiels métiers, montée en compétences sur les nouvelles technologies (hydrogène, électromobilité), et promotion des filières auprès des jeunes. Les données du rapport OPTL 2025 servent de base à ces actions, avec un diagnostic précis des besoins en recrutement et des tensions locales.

Des partenariats sont annoncés entre branches professionnelles, centres de formation et acteurs publics pour lancer des parcours qualifiants dès 2026. L’objectif est d’anticiper la transformation des métiers et de limiter la pénurie de conducteurs et techniciens de maintenance.

Focus sur les territoires insulaires et ruraux

La feuille de route intègre des solutions spécifiques pour les îles et les zones peu denses. Des projets pilotes — conciergerie itinérante, massification des livraisons, et navettes inter‑îles adaptées — seront expérimentés pour réduire les coûts et les émissions tout en assurant la continuité territoriale.

Un premier travail concerté avec l’Association des Îles du Ponant et des acteurs locaux a été programmé pour fin janvier 2026, afin de définir des modèles réplicables.

Gouvernance partagée et mobilisation des acteurs

La gouvernance repose sur une coordination État‑Région renforcée, avec l’implication de clusters comme Bretagne Supply Chain, des fédérations professionnelles et des opérateurs portuaires. Cette logique de co‑financement et d’expérimentation doit faciliter la mise en œuvre opérationnelle des fiches‑actions.

Pour consulter le communiqué officiel de la Région Bretagne, voir le texte de référence : présentation officielle de la feuille de route.

Exemples d’expérimentations annoncées

  • Massification rail‑route entre Bassin rennais et ports de Lorient/Brest.
  • Zones logistiques de proximité et micro‑hubs urbains pour la livraison urbaine durable.
  • Projets de conversion hydrogène et stations de recharge pour poids lourds sur axes stratégiques.
  • Conciergeries rurales et tournées mutualisées dans les Côtes‑d’Armor.

Outils de suivi et indicateurs

Le suivi reposera sur un tableau de bord régional animé par l’ORTB et la DREAL, regroupant des indicateurs opérationnels : volumes transférés, parts modales, émissions évitées, taux de remplissage des camions et taux d’utilisation des hubs. La DREAL publiera des bilans annuels pour ajuster les priorités.

Consulter la synthèse publiée par la DREAL Bretagne pour les premières projections et le dispositif de suivi : DREAL — fiche synthèse et suivi.

Impacts attendus pour les acteurs logistiques

À court terme (2026–2028), les opérateurs peuvent anticiper plusieurs effets : baisse progressive des externalités carbone grâce au report modal, nouvelles opportunités commerciales via des services ferroviaires ou maritimes, et des contraintes à gérer (investissements, adaptation des entrepôts, formation des équipes). Les PME devront s’engager dans des démarches de mutualisation et de massification pour bénéficier des économies d’échelle.

Réactions et points de vigilance

Les représentants du secteur saluent la vision stratégique mais appellent à une mise en œuvre pragmatique : fluidité des procédures d’accès au financement, calendrier clair pour les investissements, et accompagnement des entreprises pour l’adaptation des process. La disponibilité du foncier logistique et la capacité à massifier les flux restent des défis structurels.

Pour un panorama des réactions des entreprises locales et des médias économiques, voir l’analyse du Journal des Entreprises.

Enjeux pour la formation et les compétences

Le plan positionne la formation comme levier clé. Les actions s’appuieront sur le rapport OPTL 2025 pour actualiser l’offre de formation initiale et continue, créer des modules sur la maintenance des véhicules électriques et à hydrogène, et développer des parcours dédiés à la logistique urbaine.

Consulter la présentation du rapport OPTL Bretagne 2025 pour les données emploi‑compétences : rapport OPTL 2025.

Perspectives pour les acteurs locaux

La feuille de route offre un cadre pragmatique pour transformer les pratiques logistiques en Bretagne. Pour réussir, il faudra articuler investissements infrastructurels, impulsion réglementaire et accompagnement des entreprises. Les opportunités sont nombreuses : développement du fret ferroviaire, émergence de services bas‑carbone, et renforcement de la résilience territoriale. Les acteurs du transport et de la logistique devront rester mobilisés, collaborer et saisir les dispositifs de financement.

La mise en œuvre effective des 30 fiches‑actions et le suivi transparent des indicateurs seront déterminants pour mesurer le succès de cette stratégie régionale.

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