Port de Sète 2025 : l’année écoulée confirme une dynamique positive pour l’infrastructure héraultaise, avec des hausses de trafic, un chiffre d’affaires en progression et la montée en puissance d’équipements destinés au report modal et à la décarbonation des escales. Ce bilan place le port au cœur des corridors logistiques Méditerranée–Nord et interroge les acteurs du transport et de la logistique sur les conséquences opérationnelles et territoriales.
Chiffres clés et faits marquants de l’année 2025
Le Port de Sète 2025 affiche des chiffres solides : environ 6,0 millions de tonnes de marchandises traitées, soit une progression d’environ +3,4% par rapport à 2024. Le chiffre d’affaires du port est cité autour de 32,9 M€ selon les communiqués locaux, reflétant une consolidation des volumes et des recettes commerciales.
Sur les trafics précis, le segment roulier est particulièrement dynamique : en 2025, près de 133 000 remorques ont transité par Sète via les liaisons régulières (trafic DFDS et autres opérateurs), confirmant la robustesse des échanges avec la Turquie et la Méditerranée orientale. À côté, les vracs agricoles (fruits & légumes) et les matériaux pour le secteur du bâtiment et des énergies renouvelables progressent.
Le terminal ro‑ro / ferroviaire : vers une massification des flux
La mise en service d’un terminal équipé du système Modalohr (chargement horizontal des semi‑remorques) constitue un tournant. Le dispositif permet un transbordement rapide sans grue, réduisant les temps d’arrêt et favorisant le report modal vers le rail. Les opérateurs visent une montée en charge rapide : objectif de l’ordre de 22 500 semi‑remorques traités en 2026, avec des perspectives de montée à long terme vers ~40 000 unités annuelles.
Ce terminal contribue directement à la montée en puissance de l’autoroute ferroviaire Sète–Calais et aux liaisons vers les terminaux du Nord de l’Europe, ce qui devrait permettre de réduire le trafic routier sur 1 000+ km de corridors et les émissions CO2 associées.
Bilan 2025 du Port de Sète et perspectives donne une synthèse des volumes et des tendances observées.
Impacts opérationnels pour les chargeurs et transporteurs
- Réduction des temps d’acheminement pour les flux Nord–Sud grâce à la combinaison navire+rail.
- Meilleure prévisibilité des rotations et des sillons ferroviaires pour les opérateurs logistiques.
- Adaptation des plateformes logistiques pour l’accueil des semi‑remorques Modalohr (aires de stockage, pesée, sûreté).
Décarbonation des escales : branchements électriques et conversions
La transition énergétique est tangible sur le port : déploiement progressif des connexions électriques à quai (shore power) pour alimenter les navires à l’escale. En 2025, plusieurs premières escales ont été connectées, incluant des ferries. Des projets de conversion partielle de navires ro‑ro/rouliers ont été annoncés, avec des investissements unitaires évoqués et des essais opérationnels en cours.
Pour l’environnement local, les bénéfices attendus sont concrets : diminution des émissions NOx/CO2 et réduction des nuisances sonores en zone portuaire. À l’échelle régionale, l’intégration des branchements électriques s’inscrit dans une feuille de route visant l’extension à la croisière et à l’ensemble des services passagers d’ici 2028–2030.
Le site officiel du port documente ces travaux et étapes techniques : présentation des branchements électriques à quai.
Segments portuaires : gagnants et fragilités
Les filières qui soutiennent la croissance : fruits & légumes, clinker et matériaux pour les énergies (pôles liés à l’éolien onshore/offshore). À l’inverse, certains segments ont reculé en 2025 : véhicules neufs, produits pétroliers, et certains trafics de bétail ont été en retrait, modifiant la composition des recettes portuaires.
Des investissements privés ont accompagné ces évolutions : acteurs industriels et logisticiens ont engagé des capacités de stockage et des solutions multimodales pour capter les flux de marchandises à forte valeur ajoutée.
Conséquences pour la filière transport et logistique (persona TL)
Pour les responsables opérationnels et cadres logistiques, le Port de Sète 2025 impose plusieurs adaptations :
- Révision des schémas de distribution pour intégrer les rotations ferroviaires et optimiser les trains complets plutôt que les petites fréquences.
- Planification accrue des capacités d’entrepôt et de cross‑dock pour absorber la massification des semi‑remorques transférées ferroviairement.
- Intégration des contraintes environnementales (branchement électrique, zones à faibles émissions) dans les contrats d’affrètement.
La montée en charge du terminal Modalohr impose aussi des arbitrages sur le pricing des sillons rail et la coordination entre opérateurs maritimes et ferroviaires pour éviter des goulets d’étranglement en heures de pointe.
Corridors logistiques Méditerranée–Nord : opportunités et défis
La connexion plus fluide entre Sète et les terminaux du Nord crée une opportunité pour redessiner les corridors de transit. Les principaux bénéfices attendus sont :
- Réduction des kilomètres routiers parcourus par remorque — impact direct sur le CO2 et les coûts routiers.
- Amélioration de la sécurité et de la régularité des délais d’acheminement pour les chargeurs.
- Capacité accrue de desserte des marchés du Nord sans recourir systématiquement au transport routier longue distance.
Cependant, des défis demeurent : disponibilité des sillons rail, synchronisation navire‑train, et contraintes foncières pour étendre les capacités portuaires. Des études régionales sont en cours pour évaluer des solutions foncières et logistiques (polders, zones d’activités liées à la transition énergétique).
Investissements et gouvernance : quelle trajectoire pour Sète ?
Les acteurs publics (Collectivités, Région Occitanie) et privés s’articulent pour financer la montée en capacité. Parmi les leviers : modernisation des rails d’accès, extension des aires de manœuvre, et financement des points de branchement électrique. Le volet gouvernance inclut une coordination plus étroite entre Autorités portuaires et opérateurs ferroviaires afin d’optimiser l’utilisation des sillons.
Une lecture complète des enjeux techniques et financiers figure dans les retours d’expérience et communiqués professionnels, notamment sur le terminal inauguré et son calendrier de montée en puissance : article sur le nouveau terminal d’autoroute ferroviaire.
Points de vigilance à court et moyen terme
Plusieurs éléments sont à suivre par les responsables logistiques :
- La capacité réelle de montée en charge du Modalohr sans congestion (suivi trimestriel des volumes).
- L’extension des branchements électriques à l’ensemble des lignes régulières et son impact sur la planning des escales.
- Le positionnement tarifaire pour le rail versus la route, qui déterminera l’attractivité du report modal.
Perspectives et leviers pour les acteurs régionaux
Pour les chargeurs, transporteurs et logisticiens d’Occitanie, la stratégie consiste à :
- Cartographier les flux actuels et identifier les segments immédiatement reportables sur rail.
- Renégocier des contrats cadres en intégrant la multimodalité et les nouveaux services disponibles à Sète.
- Investir dans la digitalisation des processus pour synchroniser réservations navire‑train et opérations terminales.
Enfin, une coopération renforcée entre ports méditerranéens permettra d’homogénéiser les pratiques et de créer des corridors cohérents, au bénéfice des opérateurs et des collectivités.
Suite des événements et ressources utiles
La dynamique observée en 2025 devrait se prolonger en 2026 avec la montée en fréquence des rotations ferroviaires et l’extension progressive des branchements électriques. Pour approfondir les aspects techniques du terminal Modalohr et son inauguration, reportez‑vous au communiqué de l’équipementier : inauguration du terminal Modalohr à Sète.
Une ouverture stratégique pour le territoire
Le Port de Sète 2025 confirme son positionnement stratégique : il devient un hub méditerranéen combinant ro‑ro, ferroviaire et mesures de décarbonation. Pour les acteurs régionaux du transport et de la logistique, cela signifie des opportunités nouvelles de rationalisation des coûts et d’amélioration de la performance environnementale, mais aussi des besoins d’adaptation organisationnelle et d’investissements ciblés pour tirer pleinement parti de ces évolutions.
Pour aller plus loin : consultez le bilan détaillé et les données chiffrées publiées sur le rapport d’activité du port et les analyses sectorielles citées ci‑dessus.






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