Conjoncture PACA : fin 2025, la région affiche une activité en progression mais un taux de chômage en légère hausse. Ce bilan rapide synthétise les données clés, les secteurs impactés et les conséquences pour la gestion budgétaire et les directions administratives et financières en 2026.
Chiffres clés et lecture d’ensemble
Au 3e trimestre 2025, l’activité régionale mesurée par les heures rémunérées progresse de +0,3 % par rapport à la même période de 2024, tandis que l’emploi salarié total atteint environ 2 037 000 emplois (+0,1 % par rapport au trimestre précédent ; +0,4 % sur un an). Le taux de chômage s’établit à 8,2 % de la population active, soit une hausse d’environ +0,2 point sur le trimestre. Ces chiffres proviennent de la note de conjoncture de l’INSEE pour la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur.
La création d’entreprises connaît un rebond notable : les immatriculations ont augmenté de +15,8 % sur un an au 3e trimestre 2025, signalant une dynamique entrepreneuriale forte malgré un contexte sectoriel contrasté.
Des dynamiques sectorielles contrastées
Le tertiaire touristique, moteur de la reprise
Le principal moteur de la croissance régionale reste le tertiaire, en particulier les secteurs liés au tourisme : hébergement et restauration signalent une hausse nette d’activité sur l’année 2025. Ces segments ont soutenu la demande de main-d’œuvre saisonnière et non saisonnière, et porté les recettes fiscales locales sur certains territoires littoraux.
Industrie et construction : signes de fragilité
Par contraste, l’industrie montre des signes de ralentissement avec une légère baisse de l’emploi industriel. La construction demeure atone : mises en chantier en retrait et recrutement moins dynamique dans le BTP. Pour les directions financières, ces tendances se traduisent par des perspectives moins favorables sur les recettes liées aux investissements et aux taxes associées (taxe foncière sur les propriétés bâties, taxe d’aménagement, etc.).
Lecture détaillée du marché du travail
La hausse du taux de chômage (+0,2 point) est partiellement conjoncturelle — elle reflète des pertes d’emplois dans l’industrie et la construction — mais elle intègre aussi un élément méthodologique : l’inscription automatique des demandeurs d’emploi via les dispositifs de France Travail a augmenté la base statistique des personnes recensées comme sans emploi, comme signalé par la note DREETS PACA sur le marché du travail.
Concrètement, pour les services RH et financiers des collectivités et grandes entreprises régionales, cela implique une attention accrue aux coûts liés à l’indemnisation, aux formations et aux dispositifs d’insertion, mais aussi à la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée pour des projets d’investissement.
Création d’entreprises et dynamique entrepreneuriale
Les immatriculations au 3e trimestre 2025 affichent +15,8 % sur un an. Ce rebond concerne majoritairement les micro‑entreprises et les services aux entreprises, reflétant un renouvellement du tissu productif. Pour les finances locales, cela peut signifier une augmentation progressive des recettes issues des contributions économiques locales, mais aussi une hausse des besoins d’accompagnement (incubateurs, aides à la création, mise à disposition d’espaces) financés par les collectivités.
Les chiffres de la Chambre de Commerce et d’Industrie régionale confirment une reprise des immatriculations, en particulier dans les zones urbaines de Marseille‑Aix et Nice‑Côte d’Azur, tout en signalant des fragilités dans les bassins plus ruraux.
Impacts budgétaires et enjeux pour les directions administratives et financières
Plusieurs conséquences opérationnelles découlent de cette conjoncture :
- Prévisions de recettes : une croissance modérée peut limiter la progression des recettes fiscales à court terme, surtout si les secteurs industriels et du BTP ne redressent pas leur activité. Les recettes liées aux droits de mutation et à la fiscalité locale peuvent stagner ou baisser dans certains territoires.
- Dépenses sociales et insertion : une hausse du chômage, même modérée, tend à augmenter les dépenses d’accompagnement, d’insertion et de dispositifs d’activités subventionnées.
- Planification des investissements : les ralentissements dans le BTP impliquent un arbitrage plus prudent sur les opérations d’investissement portées par les collectivités (calendrier, phasage, appels d’offres).
- Risques de trésorerie : entreprises locales fragilisées peuvent entraîner un risque accru d’impayés pour les acteurs publics (redevances, loyers, taxes différées).
Outils financiers à privilégier
Pour limiter l’impact, les directions financières peuvent :
- réviser les prévisions de recettes sur la base de scénarios prudents (scénario central vs scénario défavorable) ;
- renforcer les provisions pour risques sur les budgets d’exploitation, en particulier pour les services facturant aux entreprises ;
- prioriser les projets d’investissement à fort effet catalyseur d’emploi local ;
- mobiliser des dispositifs d’aide à la formation qualifiante pour réduire les tensions de recrutement et maîtriser les coûts sociaux.
Exemples locaux et mesures publiques récentes
Plusieurs initiatives régionales et partenariales ont été activées fin 2025 pour soutenir la reprise et l’emploi : aides à la création d’entreprises, dispositifs d’incubation et appuis sectoriels pour le tourisme et l’industrie. La Région Sud (page économie et emploi) détaille des mesures ciblées sur la formation et l’accompagnement des entreprises.
Par ailleurs, pour les tableaux de bord économiques, la référence reste la note publiée par l’INSEE : la note de conjoncture INSEE fournit les séries et les indicateurs nécessaires à l’actualisation des prévisions locales.
La Chambre de Commerce et d’Industrie propose également des observatoires locaux et des fiches sectorielles utiles aux services économiques des collectivités : observatoires CCI PACA.
Risques et signaux à surveiller au premier semestre 2026
Les principaux risques identifiés pour 2026 sont :
- un maintien d’un chômage supérieur à la moyenne nationale si l’industrie et la construction ne redémarrent pas ;
- un repli des recettes fiscales locales si la demande immobilière et les investissements diminuent ;
- une hausse des besoins sociaux nécessitant des réaffectations budgétaires.
À contrario, les facteurs favorables incluent un tourisme soutenu en 2026, une poursuite de la création d’entreprises et des politiques publiques ciblées de soutien à l’emploi et à l’investissement.
Recommandations opérationnelles pour les DAF et directions administratives
Sur la base des tendances observées dans la Conjoncture PACA, voici des recommandations pratiques :
- mettre à jour les scénarios de recettes et dépenses pour 2026 en intégrant un scénario prudent (croissance faible, chômage stable/hausse) et un scénario favorable (reprise industrielle partielle) ;
- renforcer le suivi des indicateurs sectoriels (BTP, industrie, tourisme) sur une base mensuelle pour ajuster rapidement les arbitrages budgétaires ;
- prévoir des mesures de soutien ciblées (fonds de relance locaux, partenariats public‑privé) pour les filières créatrices d’emplois ;
- anticiper les difficultés de trésorerie en mettant en place un plan de gestion des risques d’impayés et en optimisant les délais de paiement/recouvrement.
Ressources et accès aux données
Pour une mise à jour régulière des tableaux de bord, les dossiers suivants sont recommandés :
- la note INSEE régionale (note de conjoncture INSEE) ;
- les publications de la DREETS PACA (note DREETS PACA) ;
- les observatoires de la CCI Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et les fiches sectorielles de la Région Sud.
Perspectives opérationnelles pour 2026
La Conjoncture PACA fin 2025 illustre une région en situation de croissance modérée, portée par le tourisme et la reprise entrepreneuriale, mais fragilisée par un marché industriel et de la construction atone et une légère remontée du chômage. Pour 2026, l’efficacité des politiques d’accompagnement de l’emploi, la capacité à soutenir l’investissement local et la gestion rigoureuse des risques financiers seront déterminantes pour limiter l’impact sur les budgets publics et pour sécuriser le tissu économique régional.
Les directions administratives et financières gagneront à intégrer ces données dans des outils de simulation budgétaire et à renforcer les partenariats avec les acteurs économiques (Région, CCI, DREETS) pour piloter au plus près les évolutions sectorielles et leurs retombées financières.






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