Parc industriel en Nouvelle‑Aquitaine au coucher du soleil, hangars et camions animés

Baromètre industriel : pourquoi la Nouvelle‑Aquitaine se démarque au H1 2025

Baromètre industriel Nouvelle-Aquitaine 2025 : au premier semestre 2025 la région a enregistré un solde net positif d’ouvertures et d’extensions de sites, plaçant la Nouvelle‑Aquitaine parmi les régions les plus dynamiques de France. Ce constat repose sur le recensement de la Direction générale des Entreprises (DGE) et les synthèses régionales publiées en novembre 2025. Les mouvements observés concernent principalement l’aéronautique, la défense et les centres de tests de batteries, avec des effets mesurables sur l’emploi et l’investissement local.

Chiffres clés et lecture synthétique

Au niveau national le baromètre industriel de l’État indique un solde net de +9 ouvertures/expansions au H1 2025. La Nouvelle‑Aquitaine, selon la même source, affiche un solde régional positif de +8 sur la période. Ces chiffres traduisent une dynamique réelle mais plus localisée que lors du second semestre 2024, où les gains nets avaient été plus soutenus.

La répartition sectorielle met en lumière trois segments moteurs :

  • Aéronautique : augmentation des capacités et montée en cadence sur certaines lignes de production.
  • Défense : relocalisations et extensions d’ateliers pour la production de composants sensibles et de munitions.
  • Tests de batteries et mobilité décarbonée : nouveaux centres et agrandissements dédiés aux essais et à l’homologation.

Projets et acteurs marquants en Nouvelle‑Aquitaine

Plusieurs opérations locales expliquent la vigueur régionale. Parmi elles : l’extension d’activités d’Airbus Atlantic à Rochefort, des investissements et lignes relancées chez Eurenco à Bergerac, l’implantation ou l’agrandissement du centre d’essais de batteries de SERMA à Martillac, et des projets d’unités spécialisées portés par des groupes et PME locales. Ces initiatives figurent dans le relevé régional et sont citées comme éléments comptabilisés dans le baromètre.

Pour consulter le point de synthèse régional publié en novembre 2025, voir la page officielle de la préfecture : synthèse pre9fectorale (nov. 2025).

Airbus Atlantic : montée en cadence et extension

Le secteur aéronautique reste un moteur régional. Les travaux d’extension et les réorganisations de chaînes de production permettent d’absorber une hausse des cadences sur certains programmes. L’effet attendu se traduit par des gains de capacité industrielle et des créations d’emplois qualifiés, notamment dans les ateliers de production et les métiers de maintenance.

Eurenco Bergerac : relance et renforcement

La relance partielle des lignes de production chez Eurenco à Bergerac — avec des investissements successifs observés depuis 2024 — illustre la logique de relocalisation dans le secteur défense. Ces opérations génèrent des emplois directs et des retombées dans les filières sous-traitantes locales.

SERMA et les essais batteries : une niche stratégique

La création/extension du centre d’essais de SERMA à Martillac (plusieurs milliers de m² dédiés aux tests) répond à la demande croissante d’homologation et de validation des systèmes de stockage d’énergie. Les centres de tests permettent de réduire les délais de mise sur le marché et d’attirer des projets industriels autour de la mobilité électrique.

Impact économique : emplois, investissements et chaînes locales

Les ouvertures et extensions comptabilisées ont trois effets principaux sur l’économie locale : création d’emplois, investissements productifs et renforcement des chaînes d’approvisionnement. À l’échelle régionale, les opérations du H1 2025 contribuent à plusieurs dizaines à quelques centaines d’emplois selon la taille des projets. L’agrandissement d’une usine ou l’installation d’un centre de tests mobilise en moyenne entre 20 et 200 emplois pendant la phase opérationnelle, selon la nature de l’activité.

Les investissements sont variables : certains projets correspondent à des opérations de modernisation à plusieurs millions d’euros, d’autres à des relances plus lourdes impliquant des dizaines voire des centaines de millions d’euros, surtout dans les segments de défense et d’aéronautique.

Pourquoi la région se distingue : facteurs structurels

Plusieurs leviers expliquent la performance de la Nouvelle‑Aquitaine dans le baromètre :

  • Écosystème industriel diversifié : aéronautique, défense, nucléaire civil, chimie et équipements liés à la mobilité décarbonée.
  • Dispositifs de soutien : accès aux financements France 2030 et dispositifs régionaux d’accompagnement des investissements industriels.
  • Mobilité des compétences : présence d’une offre de formation technique et d’ingénierie, facilitant le recrutement local.
  • Plateformes logistiques : proximité des ports et axes routiers qui réduisent les coûts logistiques pour les chaînes d’approvisionnement.

Rôle des aides publiques

Le baromètre met en avant l’impact des mécanismes de soutien publics. Les aides directes et garanties financières dopent l’attractivité des opérations industrielles. Les décideurs locaux utilisent ces leviers pour accélérer les investissements productifs et sécuriser les emplois.

Risques et limites à court terme

Malgré un solde net positif, la dynamique présente des fragilités :

  • Dépendance sectorielle : la concentration sur quelques segments (défense, aéronautique) rend la région sensible aux cycles internationaux.
  • Charge de recrutement : difficulté à pourvoir certains postes qualifiés, ralentissant le déploiement effectif des capacités.
  • Complexité des chaînes d’approvisionnement : hausse des coûts et délais sur certains composants critiques.

Approches opérationnelles recommandées pour les industriels

Pour tirer parti de la dynamique régionale, les directions industrielles peuvent prioriser :

  1. La sécurisation des compétences via des partenariats avec les centres de formation locaux.
  2. L’optimisation des capacités par des investissements ciblés en automatisation.
  3. La coopération interentreprises pour consolider des chaînes d’approvisionnement locales.

Ressources et sources officielles

Pour approfondir les données du baromètre et les fiches projets :

Suivi et perspectives

Le baromètre du H1 2025 offre une photographie utile mais partielle : la trajectoire pour 2026 dépendra de la capacité des acteurs régionaux à transformer les projets en production effective et en emplois durables. Sur le court terme, la priorité des décideurs locaux sera d’accompagner l’exécution des investissements et d’atténuer les risques de pénurie de compétences. Sur le moyen terme, l’objectif reste la diversification des filières pour réduire la sensibilité aux cycles mondiaux.

Pour aller plus loin et contacts utiles

Les industriels et décideurs peuvent consulter les fiches-projets régionales et solliciter les antennes locales des services de l’État pour obtenir des données détaillées sur chaque opération recensée. La combinaison des aides publiques, des compétences locales et d’un positionnement sur les marchés décarbonés est l’axe privilégié pour pérenniser la réindustrialisation observée au H1 2025.

Dernière remarque

Le Baromètre industriel Nouvelle-Aquitaine 2025 confirme une dynamique réelle de création et d’extension d’usines, mais impose une lecture fine : gains nets positifs, concentration sectorielle et besoin d’accompagnement opérationnel pour transformer ces ouvertures en emplois durables et en chaînes industrielles compétitives.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Share via
Copy link