entrepôts Centre‑Val de Loire : au 31 décembre 2024 la région totalise 6,9 millions de m² d’entrepôts et plateformes logistiques de 10 000 m² et plus, et enregistre la plus forte augmentation régionale avec +5,6 % sur un an. Ce chiffrage, issu du répertoire 2024 du SDES, confirme la montée en puissance du Centre‑Val de Loire comme pôle logistique national. Dans ce dossier, nous décryptons les principaux chiffres, les facteurs locaux de croissance, les projets structurants et les implications pour les collectivités et les acteurs privés.
Points clés et chiffres 2024
Le répertoire du SDES indique que, en France métropolitaine, le parc d’entrepôts ≥10 000 m² atteint environ 93 millions de m² fin 2024, soit une hausse nationale de +2,3 % sur un an. En Centre‑Val de Loire, la progression de +5,6 % fait de la région la cinquième au classement national en termes de surface totale, avec 6,9 M m². L’importance des livraisons d’entrepôts « XXL » (≥40 000 m²) en 2024 explique en grande partie cette dynamique : selon le SDES, ces très grandes opérations représentent 28 % du nombre de livraisons et 57 % de la surface nouvellement créée.
Les chiffres essentiels
- Surface régionale : 6,9 M m² d’entrepôts ≥10 000 m² (fin 2024).
- Croissance : +5,6 % vs fin 2023 (meilleure hausse régionale).
- Parc national : ~93 M m² (hausse de +2,3 % en 2024).
- Taille des livraisons : 28 % des livraisons ≥40 000 m² ; ces opérations représentent 57 % de la surface livrée.
Répartition territoriale et géographie des implantations
La croissance de la surface logistique en Centre‑Val de Loire n’est pas homogène. Les zones proches des grands axes autoroutiers (A10, A11, A71) et des noeuds ferroviaires attirent la majorité des projets. Les territoires disposant de foncier d’activité disponible et d’une bonne desserte multimodale ont vu se concentrer les nouvelles plates‑formes. L’atlas interactif publié par le SDES permet d’identifier précisément les communes et EPCI concernés ; il est un outil utile pour les collectivités et les aménageurs locaux.
Pour consulter la carte détaillée, voir l’atlas SDES et la note de synthèse.
Pourquoi la région attire‑t‑elle des plates‑formes logistiques ?
Plusieurs facteurs expliquent la progression des entrepôts Centre‑Val de Loire :
- Disponibilité foncière : zones d’activité et friches industrielles encore mobilisables, moins chères que l’Île‑de‑France.
- Proximité des axes : accès rapide aux grands marchés (Paris à 1‑2 heures) et desserte autoroutière dense.
- Capacité d’accueil : certains territoires offrent des emprises foncières suffisantes pour des entrepôts XXL (≥40 000 m²).
- Attentes RSE : les opérateurs intègrent panneaux photovoltaïques, systèmes de gestion énergétique et certifications (ex. BREEAM) dès la conception.
Exemples de projets locaux
Plusieurs opérations récentes illustrent ces tendances. Le groupe Deret a annoncé fin 2025 une extension de son site pharmaceutique à Boigny‑sur‑Bionne (Loiret) : +30 000 m² programmés pour porter la plateforme à ~56 000 m², avec une centrale photovoltaïque et une visée de certification BREEAM. Cette opération montre la combinaison de besoins de capacité et d’exigences environnementales dans les projets modernes. Pour plus de détails sur ce projet, lire l’article du secteur logistique : extension Deret à Boigny‑sur‑Bionne.
Impacts fonciers et environnementaux
L’artificialisation des sols liée aux implantations logistiques soulève des questions pour les élus et les associations. La concurrence entre usages (agriculture, habitat, activités) est plus marquée sur certains secteurs. Les collectivités locales doivent désormais arbitrer entre développement économique et préservation des terres. Dans ce contexte, l’intégration de mesures de sobriété foncière et de reconversion de friches urbaines devient une priorité pour limiter l’étalement.
Les projets récents intègrent souvent des réponses techniques : toitures photovoltaïques, aménagements paysagers, normes de gestion des eaux pluviales et plantation d’îlots bocagers. Ces solutions visent à réduire l’impact et à améliorer l’acceptabilité locale.
Fiscalité, régulation et débat national
La question fiscale pèse sur les décisions d’implantation. À l’automne 2025, des amendements visant à étendre la TASCOM aux entrepôts ont été débattus dans le cadre du projet de loi de finances ; ils ont finalement été rejetés en séance du 21 novembre 2025. Le sujet reste sensible car une taxation accrue pourrait modifier l’attractivité relative des territoires et inciter à une relocalisation de certaines surfaces. Pour la lecture du compte‑rendu parlementaire, consulter le compte‑rendu de l’Assemblée nationale.
Conséquences pour les acteurs locaux
Un changement fiscal majeur aurait des effets directs : ajustement des modèles économiques des opérateurs, renégociation des loyers logistiques et possible report des projets vers des zones à moindre imposition. La vigilance des collectivités est forte, car elles pèsent sur la compétitivité territoriale à court et moyen terme.
Que changent les nouveaux outils cartographiques ?
L’atlas SDES offre désormais une granularité fine par département et EPCI. Pour les aménageurs, cela signifie un accès simplifié à des indicateurs comme la surface totale par commune, la taille moyenne des plateformes, et l’évolution annuelle. Ces données facilitent la stratégie foncière et le diagnostic territorial.
Pour accéder à la synthèse régionale et à la carte interactive, la publication en ligne du SDES fournit un repère clair : publication et atlas SDES 2024. L’Observatoire régional des transports du Centre‑Val de Loire a aussi relayé ces données avec un focus territorial : note ORT Centre‑Val de Loire.
Perspectives 2025‑2026 : quels signaux suivre ?
Sur la base des tendances 2024 et des premiers signaux de 2025, plusieurs éléments sont à surveiller :
- La poursuite des livraisons d’entrepôts XXL et la concentration sur des noeuds logistiques stratégiques.
- L’évolution du cadre fiscal national (TASCOM ou autres prélèvements) susceptible d’influer sur la localisation des projets.
- La montée en puissance des exigences environnementales et la généralisation de dispositifs photovoltaïques et de certifications (BREEAM, HQE) sur les nouvelles plateformes.
- La capacité des collectivités à proposer des alternatives (reconversion de friches, densification) pour limiter l’artificialisation.
Enjeux pour les entreprises et les collectivités locales
Pour les opérateurs logistiques et les investisseurs, le Centre‑Val de Loire offre un compromis coût‑proximité attractif. Les collectivités doivent néanmoins renforcer leurs stratégies foncières, anticiper les besoins de mobilité et encadrer la qualité environnementale des projets. La coopération intercommunale et les schémas locaux d’aménagement deviennent des outils déterminants pour orienter la croissance logistique vers des solutions plus durables.
Actions recommandées
- Mettre en place des chartes d’implantation logistique pour définir exigences RSE et limitations d’artificialisation.
- Utiliser l’atlas SDES pour prioriser les zones de densification et de reconversion.
- Favoriser les projets intégrant énergie renouvelable et gestion de l’eau pour améliorer l’acceptabilité.
- Suivre l’actualité fiscale nationale pour adapter l’attractivité territoriale.
Un horizon d’opportunités à cadrer localement
La progression des entrepôts Centre‑Val de Loire illustre une tendance nationale d’agrandissement des surfaces logistiques, mais elle ouvre aussi un débat local sur le foncier, l’environnement et la fiscalité. Entre opportunités économiques et contraintes territoriales, la gestion fine des projets et la montée en exigence environnementale seront déterminantes pour que cette dynamique profite à l’emploi local sans compromettre les ressources naturelles.
Pour approfondir les chiffres et visualiser l’implantation des sites, l’atlas du SDES et la synthèse régionale restent les références principales. Ils permettront aux décideurs d’anticiper et de piloter la prochaine vague d’implantations, qui s’annonce encore marquée par des opérations d’envergure.






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