Usine Armor Battery Films à La Chevrolière — façade industrielle et parvis animé, golden hour

La nouvelle usine 4.0 d’Armor près de Nantes relance la chaîne batterie

usine 4.0 batteries Nantes : ARMOR BATTERY FILMS a inauguré fin septembre 2025 un site industriel et R&D à La Chevrolière, à une vingtaine de kilomètres de Nantes. L’usine combine lignes industrielles, centre de recherche et capacités de qualification client pour produire des films et collecteurs revêtus destinés aux batteries lithium‑ion et aux chimies émergentes. Cette implantation illustre la montée en puissance de la filière batteries dans les Pays de la Loire et la volonté de sécuriser les approvisionnements industriels en Europe.

Un site 4.0 pensé pour la production et la qualification

Le site de La Chevrolière regroupe des ateliers de fabrication, une dry room et un pôle R&D. L’investissement annoncé par le groupe ARMOR se situe aux alentours de 35–37 M€. La première phase industrielle couvre plusieurs lignes de revêtement et d’enduction conçues pour atteindre une capacité initiale de 150 millions de m² de film enduit par an, un chiffre que l’entreprise rapproche d’une capacité théorique d’environ 40 GWh d’équivalent cellule. Le bâtiment, dimensionné pour une extension, permet d’ajouter de nouvelles lignes pour répondre à la demande.

Produits, technologie et différenciation

La production se concentre sur les collecteurs de courant revêtus (marque commerciale En’Safe®) : des films métalliques traités pour améliorer la conductivité, la corrosion et la tenue cyclique. ARMOR met en avant un gain de durée de vie et une baisse de la résistance interne des cellules pour les clients intégrant ces collecteurs. Le site intègre des bancs de tests pour pouch cells et cellules coin, des capacités d’analyse physico‑chimique et des validations en conditions environnementales contrôlées.

Compatibilité multi‑chimie

Les produits sont conçus pour fonctionner avec les principales chimies du marché : LFP, NMC, ainsi que des chimies émergentes comme le sodium‑ion et le lithium‑soufre. Cette polyvalence vise à capter des clients variés : fabricants de cellules, assembleurs de modules et intégrateurs de systèmes stationnaires.

Chiffres clés et calendrier industriel

Parmi les chiffres communiqués publiquement : un investissement d’environ 35 M€, une capacité initiale de 150 M² / an, et un objectif de montée en charge progressive. ARMOR évoque la création directe d’environ 40–50 emplois à l’ouverture, avec un plan d’embauches pouvant atteindre près de 180 postes d’ici 2030 selon la montée en capacité et les contrats signés. La première ligne a été qualifiée en phase de lancement, la suite du plan industriel prévoit l’ajout d’une deuxième puis d’une troisième ligne si les commandes se confirment.

Impact régional et création de valeur

L’implantation renforce l’écosystème industriel des Pays de la Loire : sous‑traitants, logistique, prestataires d’essais et formation technique pourront capter une part significative de la valeur ajoutée locale. Pour la collectivité, le projet s’inscrit aussi dans la dynamique de relance industrielle et de réindustrialisation portée par des dispositifs publics. Le site vise à faciliter l’accès des industriels européens aux composants critiques, réduisant la dépendance aux importations extra‑européennes.

Soutiens publics et stratégie de financement

Le projet a bénéficié d’un cofinancement via des dispositifs liés au plan France 2030, dans le cadre d’appels visant à stimuler les premières unités industrielles en France. Selon les communiqués, près de 10 % de l’investissement aurait été couvert par des subventions publiques, un levier jugé nécessaire pour amortir le risque industriel de montée en capacité rapide.

Stratégie commerciale : viser les gigafactories et l’export

La direction commerciale d’ARMOR indique une stratégie à la fois nationale et export : fournir les fabricants de cellules européens et négocier des accords de fourniture pour des gigafactories en construction. Le positionnement produit (collecteur revêtu, film enduit) vise des gains mesurables en performance pour les cellules ; ces améliorations deviennent des arguments de vente face aux producteurs asiatiques. Le site de La Chevrolière est ainsi conçu pour répondre aux standards de qualification exigeants des acteurs automobiles et du stockage stationnaire.

Enjeux de chaîne d’approvisionnement et durabilité

L’ouverture d’une usine dédiée aux composants de batterie soulève des questions de sourcing des matières premières (cuivre, aluminium, additifs organiques) et de fin de vie. ARMOR met en avant des process visant à limiter les pertes matières et à faciliter la recyclabilité des films. Sur le plan environnemental, l’intégration d’unités locales participe à la réduction des distances logistiques : un vecteur potentiel de réduction des émissions liées au transport.

Recyclage et circularité

Si les mesures opérationnelles varient, l’enjeu consiste à développer des filières locales de récupération et de valorisation des substrats métalliques et des additifs organiques en fin de vie. Une industrialisation réussie doit s’accompagner d’une stratégie d’écoconception et d’un partenariat avec des recycleurs pour fermer la boucle matérielle.

Risques et freins à l’accélération

Plusieurs points de vigilance apparaissent : la volatilité des prix des métaux, la concurrence de producteurs asiatiques à grande échelle, et les délais de qualification imposés par les grands donneurs d’ordre (constructeurs automobiles et fabricants de cellules). L’équation financière nécessite la sécurisation de commandes long terme pour amortir l’investissement de départ et financer l’industrialisation complète.

Perspectives et calendrier

ARMOR anticipe une montée en charge progressive : qualification clients déjà engagée pour la première ligne, déploiement éventuel d’une seconde ligne en 2026–2027 et options d’extension jusqu’à 2030 selon le niveau de contrats. À horizon 2030, la filiale vise un chiffre d’affaires significatif — l’entreprise évoque des objectifs à moyen terme en cohérence avec ses capacités et la demande croissante en Europe.

Ce que cela change pour la région Pays de la Loire

Pour les acteurs locaux (fournisseurs, centres de formation, collectivités), l’arrivée d’une usine 4.0 dédiée aux batteries crée un catalyseur : emplois industriels qualifiés, besoins en services techniques et opportunités de partenariats publics‑privés. L’initiative renforce la crédibilité de la région comme pôle industriel sur la transition énergétique et l’électromobilité.

Pour en savoir plus sur le projet et sa couverture médiatique, voir le dossier de presse et la présentation publiée par ARMOR sur son site, ainsi que la reprise par la presse spécialisée : communiqué officiel ARMOR et l’article de pv‑magazine France.

En filigrane, ce projet illustre la double exigence du secteur : accélérer la capacité industrielle européenne tout en garantissant la qualité et la durabilité des composants. Pour les industriels régionaux, l’enjeu est de transformer cette impulsion en chaînes d’approvisionnement robustes et en qualifications industrielles pérennes.

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