demandeurs d’emploi Hauts‑de‑France : au 3ᵉ trimestre 2025, la DREETS recense 532 750 personnes inscrites à France Travail (catégories A, B, C) dans la région, soit une hausse de +1,7 % sur le trimestre et de +4,8 % sur un an. Ce chiffrage régional constitue le point de départ pour analyser l’adéquation entre offres et profils, les tensions sectorielles et les réponses publiques locales.
Bilan chiffré régional : les chiffres essentiels
Le rapport régional publié par la DREETS Hauts‑de‑France sur les inscrits T3‑2025 détaille la structure du stock. Parmi les 532 750 inscrits en catégories A, B, C, on relève une proportion importante de demandeurs sans activité complète (catégorie A). Ces variations trimestrielles traduisent un net ralentissement du marché du travail régional depuis le début de l’année 2025, en ligne avec la tendance nationale observée par la DARES.
Points-clés chiffrés
- 532 750 inscrits en catégories A, B, C (T3‑2025).
- Variation trimestrielle : +1,7 % (environ +9 100 personnes).
- Variation annuelle : +4,8 % (gain sur 12 mois).
- Écart selon périmètre : le total passe sensiblement à un niveau supérieur si l’on inclut ABCDEFG (parcours longs, dispositifs), ce qui exige prudence dans les comparaisons.
Répartition par catégorie et par département
La ventilation départementale montre des contrastes marqués : le Nord concentre la majeure partie des inscrits, suivi du Pas‑de‑Calais et de la Somme. Les catégories A demeurent majoritaires dans plusieurs bassins d’emploi frappés par la désindustrialisation et des carnets de commandes irréguliers.
Catégories A, B, C : ce qu’il faut retenir
Les catégories A (sans aucune activité) représentent une part significative du total régional. Les catégories B et C (activité réduite) montrent une hausse plus modérée mais contribuent à la pression sur les services d’accompagnement. La lecture départementale est essentielle pour cibler les dispositifs : par exemple, les bassins portuaires ou industriels présentent simultanément un fort nombre d’inscrits et des besoins en profils techniques.
Comparer la région au niveau national et comprendre les périmètres
Pour interpréter correctement les 532 750 inscrits, il est indispensable de préciser le périmètre. La DREETS publie les chiffres sur les catégories A, B, C ; en revanche, des extractions sur le site Data Emploi (France Travail) donnent des totaux incluant ABCDEFG, plus élevés. Au plan national la hausse observée au T3‑2025 est proche de +1,5 % trimestriel pour les catégories A‑B‑C, ce qui situe la région dans la moyenne haute des évolutions.
Tensions sectorielles : quels métiers peinent à recruter ?
La région affiche des tensions persistantes dans plusieurs secteurs. Les listes officielles et remontées terrain identifient clairement des besoins non satisfaits :
- Santé et action sociale : infirmiers, aides‑soignants, personnel médico‑social.
- BTP et construction : maçons, couvreurs, conducteurs d’engins, métiers qualifiés du second œuvre.
- Logistique et transport : caristes, chauffeurs poids lourds, préparateurs de commandes.
- Industrie manufacturière : soudeurs, chaudronniers, techniciens de maintenance.
Ces secteurs souffrent d’un double effet : un nombre élevé d’offres publiées mais des difficultés à pourvoir les postes en raison d’un déficit de compétences ciblées et parfois d’attractivité salariale.
Chiffres d’adéquation
Les analyses territoriales indiquent que, sur certains métiers en tension, le taux moyen de transformation d’une offre en embauche se situe en dessous de 30 % dans des bassins fragilisés, alors que des zones plus dynamiques atteignent 45–60 %. Ces écarts montrent l’importance d’actions locales calibrées.
Les réponses publiques et initiatives régionales
Face à ces difficultés, plusieurs dispositifs visent à rapprocher l’offre et la demande : actions de formation courte, parcours qualifiants, EDEC et partenariats filières. En particulier, des initiatives autour des métiers du nucléaire (formations spécialisées, université des métiers) et des dispositifs AFPA cherchent à compenser les déficits de compétences techniques dans des pôles comme Dunkerque.
Les acteurs régionaux multiplient les opérations de sensibilisation et de reclassement : la Semaine de l’industrie, forums emploi‑formation et dispositifs d’apprentissage intensif figurent parmi les leviers mobilisés pour redresser l’employabilité locale.
Exemples concrets d’actions
- Mise en place de parcours accélérés pour caristes et chauffeurs avec remise à niveau sur 6 à 8 semaines.
- Partenariats public‑privé pour des formations spécifiques à la filière nucléaire et métallurgie.
- Dispositifs d’incitation à l’embauche (aides ciblées aux PME dans le BTP et l’industrie).
Conséquences pour les entreprises et recommandations pratiques
Pour les directions industrielles régionales, l’augmentation du nombre de demandeurs constitue à la fois un gisement de compétences et un signal de fragilité du marché. Les entreprises doivent conjuguer plusieurs leviers : adaptation des fiches de poste, recours à la formation interne, politique salariale plus offensive et partenariat renforcé avec les organismes de formation locaux.
Recommandations opérationnelles
- Cartographier les profils réellement recherchés et les écarts de compétences locaux.
- Construire des dispositifs de formation en alternance pour sécuriser l’emploi de profils juniors.
- Engager des actions de sourcing en collaboration avec France Travail et les missions locales.
- Mesurer l’efficacité des recrutements par indicateurs (taux de maintien à 3 et 12 mois).
Indicateurs à suivre et perspectives
Plusieurs signaux méritent attention dans les prochains trimestres : l’évolution trimestrielle des catégories A, B, C, le volume d’offres publiées et le taux de transformation des offres en embauches. Sur le plan macroéconomique, une détente du marché du travail dépendra de la conjoncture industrielle, des programmes d’investissement locaux (ex. projets portuaires ou énergétiques) et de la réussite des parcours de montée en compétences.
Sources et outils utiles pour la suite
Pour approfondir l’analyse, consultez la publication régionale DREETS sur les inscrits T3‑2025, les séries nationales de la DARES et les tableaux interactifs de la plateforme Data Emploi pour des extractions départementales et des séries historiques.
Points d’attention pour les décideurs locaux
La hausse du nombre de demandeurs d’emploi Hauts‑de‑France au T3‑2025 appelle à une coordination renforcée entre collectivités, branches professionnelles et organismes de formation. Prioriser les actions permettant un rapprochement rapide entre offres d’emploi et profils (stages, immersion, apprentissage accéléré) permettra d’améliorer les taux d’insertion et de répondre aux besoins urgents des secteurs en tension.
Une invitation à l’action
Les chiffres du T3 montrent une fenêtre d’opportunité : transformer le volume croissant de demandeurs en parcours qualifiants offre une double victoire sociale et économique. Les industriels et décideurs territoriaux qui s’engageront sur des dispositifs partenariaux gagneront en résilience et en compétitivité.






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