La Région confirme un tournant stratégique : l’avenant mobilités du CPER 2023–2027 engage près de 1,4 milliard d’euros pour transformer les déplacements quotidiens et soutenir la transition modal. Ce plan finance à la fois l’offre ferroviaire (TER), les cars Région, le développement des pistes cyclables, la modernisation des routes et le déploiement des Services express régionaux métropolitains (SERM), tout en consacrant 33 M€ aux études des accès français du projet Lyon‑Turin.
Un chiffrage massif et une cohabitation Etat‑Région
Le montant total communiqué oscille entre 1,38 Md€ et 1,4 Md€. La contractualisation se fait dans le cadre d’un protocole État‑Région qui associe des financements partagés, la Région apportant une part substantielle du budget. Selon les éléments publics, la région mobilise près de 697 M€ sur la période 2023–2027, soit un niveau d’effort supérieur à la précédente programmation.
Priorités techniques et opérationnelles
Le volet privilégie une combinaison d’actions : achats de matériel roulant, rénovation de rames, régénération d’infrastructures, extension de l’offre car et développement des SERM. Concrètement, la Région finance l’acquisition de nouvelles rames REGIO2N (commande programmée) pour renforcer les dessertes TER et prévoit des opérations de régénération sur des rames existantes pour améliorer la fiabilité.
Matériel roulant : capacités et maintenance
L’achat de rames neuves vise à accroître la capacité et la fréquence. La modernisation de parc inclut des budgets de rénovation et d’entretien pour réduire les ruptures d’offre. Ces investissements soutiennent l’objectif d’augmenter la fréquentation TER et d’offrir une alternative crédible à la voiture individuelle.
Infrastructure et lignes régénérées
Une partie importante des crédits est réservée à la régénération des lignes locales et à la modernisation du réseau structurant. Les opérations visent à réduire les temps de trajet, améliorer la ponctualité et faciliter la cohabitation fret‑voyageurs, notamment en lien avec les projets européens.
Tarification : simplifier et rendre social
Le texte organise une réforme tarifaire des cars Région : un tarif de proximité unique (ex. 4 € sur certaines lignes) et une harmonisation des autres lignes selon la distance. Une tarification sociale basée sur le quotient familial doit rendre l’offre plus accessible pour les ménages modestes. La stratégie tarifaire cherche à combiner attractivité et lisibilité afin d’augmenter la fréquentation.
Le SERM : capillarité urbaine et métropolitaine
La Région accélère le déploiement des SERM en conventionnant des projets pour Lyon, Saint‑Étienne et Clermont‑Ferrand. Les SERM sont pensés pour offrir des liaisons rapides, cadencées et intégrées aux autres modes (ter, tram, bus), avec pour objectif de capter des déplacements pendulaires et de réduire l’usage de la voiture individuelle en zones métropolitaines.
Lyon‑Turin : 33 M€ pour avancer les accès français
Le CPER réserve 33 M€ aux études des accès français du tunnel transalpin Lyon‑Turin. Ces crédits servent à financer les études de faisabilité technique, environnementale et d’insertion territoriale des voies d’accès, indispensables pour que le tunnel apporte un transfert modal réel du poids lourd vers le rail. Ce travail préparatoire est central pour exploiter pleinement l’infrastructure transalpine une fois le tunnel principal opérationnel.
Pour comprendre le contexte technique et d’avancement du chantier, la documentation publique de SNCF Réseau sur la liaison Lyon‑Turin et la plateforme d’observation régionale Lyon‑Turin Auvergne‑Rhône‑Alpes fournissent des éléments techniques et territoriaux.
Effets attendus sur la mobilité quotidienne
La Région affiche des ambitions chiffrées : accroître la fréquentation des TER, viser une forte hausse du nombre d’usagers des cars Région et consolider des axes structurants. L’horizon se situe à moyen terme (2027) pour la mise en œuvre des premières opérations, avec des effets notables sur l’offre et la qualité du service. L’objectif de long terme est d’orienter un basculement modal durable en faveur du rail et des transports collectifs.
Indicateurs de performance
- Capacité accrue : livraison de rames supplémentaires REGIO2N d’ici 2027.
- Durabilité : rénovation de rames et infrastructures pour réduire pannes et retards.
- Accessibilité tarifaire : tarification sociale et forfaits simplifiés pour les zones de proximité.
Impacts économiques et territoriaux
L’effort budgétaire vise à soutenir l’économie locale : marchés publics pour la maintenance, création d’emplois dans les chantiers ferroviaires, et relance des filières industrielles liées au matériel roulant. Le volet études pour Lyon‑Turin doit aussi préserver des opportunités pour les entreprises régionales sur les marchés d’ingénierie et de travaux.
Retombées industrielles
Les commandes de matériel et les travaux de régénération génèrent des marchés pour les ateliers, les équipementiers et les bureaux d’études. La Région met en avant l’effet levier sur l’emploi local et la capacité à maintenir des compétences techniques régionales dans le ferroviaire.
Risques et points de vigilance
Plusieurs défis restent à traiter : la coordination des financements entre État, Région et collectivités, la programmation précise des chantiers pour minimiser les nuisances, et la mise en cohérence des politiques tarifaires et d’offre pour éviter les effets d’aubaine. Les accès du Lyon‑Turin requièrent des arbitrages techniques et financiers complexes, où les études doivent clarifier coûts et calendriers.
Reactions institutionnelles et partenaires
Le dossier a recueilli des avis et analyses d’acteurs institutionnels. Le GART a produit une synthèse sur la ventilation régionale du CPER analyse du GART qui contextualise la répartition budgétaire et les priorités opérationnelles. Le CESER régional a été consulté et a remis des avis sur le protocole État‑Région pour éclairer la décision politique.
Calendrier prévisionnel et prochaines étapes
Les premières conventions et commandes sont déjà programmées pour la période 2024–2027. Les études d’accès Lyon‑Turin devront livrer des éléments techniques et financiers dans les 12–36 prochains mois pour permettre des décisions d’investissement. Entre 2025 et 2028, la Région planifie la livraison de rames neuves et la rénovation d’un parc significatif de matériel roulant.
Perspectives et prochains jalons
À court terme, la mise en œuvre administrative (conventions, appels d’offres) déterminera la vitesse d’exécution. À moyen terme, la capacité à améliorer la ponctualité et la fréquence conditionnera l’adhésion des usagers. Enfin, l’articulation entre projets régionaux et grands projets européens, notamment le Lyon‑Turin, restera un facteur clé pour le report modal du fret.
Pour approfondir les documents originaux et le calendrier, consultez le communiqué officiel de la Région et les ressources techniques de SNCF Réseau sur le Lyon‑Turin.






Laisser un commentaire