La matinée du 29 janvier 2026 à Lyon a rassemblé start‑ups, clusters et financeurs autour du financement du BFR, un enjeu central pour les directions administratives et financières. Cette Matinale Fintech Tour a mis en lumière des offres opérationnelles de trésorerie, d’equity et de solutions de paiement destinées aux PME et ETI de la région Auvergne‑Rhône‑Alpes.
Pourquoi le financement du BFR reste prioritaire pour les DAF
Le besoin en fonds de roulement (BFR) est un indicateur stratégique : fortes variations de trésorerie, délais de paiement souvent supérieurs à la moyenne et cycles clients‑fournisseurs complexes pèsent directement sur la capacité d’investissement. Les DAF interrogés à l’événement ont rappelé que la maîtrise du BFR conditionne la résilience, surtout dans un contexte où le coût de la dette et les taux longs ont évolué depuis 2024–2026.
Panorama des solutions présentées
La matinée a été structurée en trois axes : financer le BFR, lever en equity et optimiser les flux de paiement. Chaque séquence a opposé modèles bancaires classiques et nouvelles propositions fintech, en insistant sur la rapidité de mise en œuvre et le caractère non dilutif de certaines offres.
Affacturage moderne et avances sur factures
Des acteurs comme Defacto ont expliqué leur montée en puissance : après une série d’annonces récentes, la fintech propose des avances immédiates sur factures via API, positionnant l’affacturage moderne comme une alternative pour réduire le cycle client‑fournisseur et améliorer la trésorerie. Ces solutions sont présentées comme complémentaires aux lignes bancaires traditionnelles.
Financement de stocks et solutions spécifiques
La start‑up lyonnaise Wavo a détaillé une offre de financement des stocks visant les TPE/PME : après une levée de 3,5 M€ en 2025, la solution vise à libérer jusqu’à plusieurs millions d’euros de BFR immobilisé dans les inventaires, sans dilution pour les dirigeants.
Optimisation des paiements et décalage des encaissements
Les solutions de paiement présentées s’appuient sur des mécanismes d’escompte dynamique et de traitement accéléré des flux. Des outils permettent d’automatiser l’affectation des encaissements, réduire les encours clients et proposer des offres de paiement différé pour les donneurs d’ordre.
Equity et co‑financement : quand lever ou coopérer ?
La session « equity » a réuni intervenants de fonds et cabinets conseils. Le message adressé aux DAF : choisir l’equity quand la croissance exige une mise à l’échelle rapide ; privilégier des solutions non dilutives (affacturage, avances stock, dette unitranche) si l’objectif est de préserver la structure actionnariale.
Critères pour arbitrer dette vs equity
- Horizon de croissance : court terme = privilégier financement non dilutif.
- Structure du bilan : capacité d’endettement et covenants à surveiller.
- Coût total versus dilution : calculer l’impact sur la marge nette et la gouvernance.
Ce que disent les chiffres récents
Sur le plan macro, les observatoires sectoriels ont mesuré une baisse globale des montants levés en fintech en 2025, incitant les acteurs à viser la rentabilité opérationnelle avant croissance pure. La pression sur les délais de paiement reste élevée : les services publics signalent que les retards structurels persistent, alimentant la demande pour des solutions de gestion du BFR. Par ailleurs, des levées ciblées (ex. 3,5 M€ pour Wavo, 16 M€ récemment annoncés par un acteur d’affacturage) montrent que le marché finance encore les innovations à fort effet de levier sur la trésorerie.
Enjeux réglementaires et risques pour les DAF
Les DAF doivent intégrer trois paramètres réglementaires récents : l’évolution des règles sur les délais de paiement, les ajustements de taux légaux au 1er janvier 2026 et la vigilance sur la conformité des prestataires (protection des données, agrément selon les produits). Ces éléments influencent directement le pricing des solutions de trésorerie et le calcul du coût d’opportunité du BFR.
Partenariats public‑privé et dispositifs régionaux
Les intervenants ont rappelé l’importance des dispositifs locaux : la région Auvergne‑Rhône‑Alpes et Bpifrance proposent aides et prêts dédiés aux PME, pouvant cofinancer ou garantir des solutions de BFR. Les clusters régionaux agissent aussi comme accélérateurs d’expérimentation entre fintechs et industriels.
Ce que les DAF doivent retenir
Trois recommandations concrètes issues des tables rondes :
- Cartographier précisément le BFR : postes clients, stocks et fournisseurs pour quantifier l’effort nécessaire.
- Tester une solution en pilote : 3‑6 mois pour mesurer l’impact sur le cash‑flow et les coûts opérationnels.
- Comparer coût total et effets collatéraux : frais, intégration IT, risque opérationnel, et effet sur la trésorerie.
Cas d’usage et retours de terrain
Plusieurs PME régionales partagent des retours positifs : réduction du DSO (Days Sales Outstanding) de 10–25% après mise en place d’un dispositif d’affacturage moderne ; libération de lignes de trésorerie permettant une hausse des achats stratégiques. Ces gains opérationnels sont souvent mesurés en mois, pas en années.
Comment structurer une approche pragmatique
Un plan d’action recommandé pour un DAF :
- Audit BFR (0–4 semaines) : identifier leviers immédiats.
- Pilote fintech (3–6 mois) : mesurer gains sur cash.
- Mise à l’échelle (6–18 mois) : contractualisation et intégration comptable.
Ressources pour creuser après l’événement
Pour approfondir le sujet, deux ressources publiques et sectorielles mentionnées par les intervenants : le dossier sur les délais de paiement du Ministère de l’Économie et les analyses de marché de France FinTech sur les tendances de levées en 2025.
Prochaines étapes pour les acteurs régionaux
Les clusters locaux poursuivent la mise en relation entre fintechs et entreprises industrielles pour multiplier les pilotes. L’objectif affiché est de réduire le délai de preuve (proof‑of‑value) à moins de 6 mois, afin de convaincre les DAF par des résultats chiffrés plutôt que par des promesses.
Perspectives et ouverture vers d’autres leviers
Au‑delà du financement du BFR, les DAF devront explorer la digitalisation des process clients‑fournisseurs, l’intégration d’APIs bancaires pour accélérer les flux et la data‑analyse pour prédire les besoins de trésorerie. L’essor des partenariats entre banques établies et fintechs permet désormais des solutions hybrides : rapidité fintech + solidité bancaire.
Pour aller plus loin
Retrouvez le programme complet de la Matinale et les intervenants sur la page organisatrice : page événement Axelera Fintech Tour. Ces ressources permettent aux DAF d’identifier prestataires et experts jugés opérationnels par leurs pairs.
Dernier point à garder en tête
Le paysage du financement du BFR évolue rapidement : les DAF gagnent à tester et comparer les offres pour sélectionner celles qui délivrent un impact cash mesurable en 3–6 mois, tout en maîtrisant le coût et les risques associés.






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