Rue commerçante du Rhône : vitrine peu animée et commerçant pensif en bord de porte
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Rhône : enquête 2025 — pourquoi les commerces locaux s’enfoncent et quelles réponses en 2026

commerces de proximité Rhône : une enquête menée en septembre-octobre 2025 auprès de 1 244 commerçants met en lumière une situation dégradée, avec **55 % des acteurs** déclarant une baisse de chiffre d’affaires. Ce diagnostic territorial, agrégé et présenté début janvier 2026, doit aider les directeurs financiers et administratifs à prioriser mesures de trésorerie, maîtrise des coûts et actions commerciales.

Chapo : le constat en chiffres

Sur 1 244 réponses collectées, 55 % des commerçants indiquent une baisse de chiffre d’affaires, 51 % se disent pessimistes pour les 12 mois à venir et près de 40 % pointent la hausse des charges comme principal facteur de pression. Le périmètre de l’étude couvre l’agglomération lyonnaise et plusieurs bassins du Rhône et de la Loire, secteurs qui concentrent plus de 42 000 points de vente et quelque 135 000 emplois directs selon le rapport local.

Origines du malaise : facteurs structurels et conjoncturels

Les raisons invoquées par les commerçants sont multiples et se superposent : l’impact tardif des mouvements sociaux (Gilets jaunes), les effets persistants de la crise sanitaire et l’accumulation de charges fixes et réglementaires. À ceci s’ajoute un contexte macroéconomique défavorable en fin d’année 2025 : les ventes du commerce de détail ont reculé de -0,6 % en décembre 2025 selon la Banque de France, alors que l’indicateur de climat des affaires du commerce publié par l’Insee restait au-dessus de la moyenne (104 en décembre 2025), traduisant une hétérogénéité sectorielle.

Charges et coûts salariaux

La revalorisation du SMIC au 1er janvier 2026 (+1,18 % automatique selon les calculs officiels) pèse sur les marges des petites unités. Les commerçants interrogés mentionnent aussi la hausse des loyers commerciaux, des cotisations et des factures d’énergie dont l’évolution devient incertaine après la fin du dispositif ARENH au 1er janvier 2026. Ces éléments compressent les marges opérationnelles, en particulier pour les TPE sans réserves de trésorerie.

Fréquentation, comportement d’achat et digitalisation

La fréquentation des centres-villes reste inférieure aux années pré-Covid pour certains segments (textile, bijoux, librairie). Parallèlement, la montée du commerce en ligne continue d’éroder des parts de marché. L’enquête locale montre que la capacité à digitaliser son offre et à gérer les canaux omnicanaux est un facteur différenciant : les commerces engagés dans une transition numérique affichent moins souvent de baisse marquée de chiffre d’affaires.

Le plan d’action présenté début janvier 2026

Face à ce diagnostic, un plan d’action territorial co-piloté par la CCI, la Chambre des Métiers et organisations patronales a été présenté le 12 janvier 2026. L’objectif annoncé est d’être déployable dès début 2026 et de combiner mesures court terme et actions structurelles :

  • Mesures immédiates d’accompagnement financier et de trésorerie (diagnostics rapides, treizième mois d’accompagnement pour trésorerie, mise en relation banques/collectivités).
  • Programmes de formation et d’appui à la digitalisation commerce : outils e-commerce, click & collect, marketing local.
  • Animation commerciale et communication coordonnée pour recréer du trafic en centre-ville et valoriser le commerce local.
  • Groupements d’achat et négociation collective sur fournisseurs énergétiques et assurances.

Le plan invite également à des actions de long terme : rénovation des espaces commerciaux, redéfinition des horaires, et soutien à l’innovation commerciale.

Impacts directs pour les directions financières et administratives

Pour un directeur administratif et financier (DAF) en charge d’un réseau local, l’enquête fournit des priorités opérationnelles claires. Trois chantiers se dégagent :

  1. Trésorerie : établir des prévisions 13 semaines, négocier étalements de loyers et crédits saisonniers, solliciter les dispositifs locaux de financement d’urgence.
  2. Coûts : cartographier les charges fixes (loyers, énergie, assurances), calculer l’impact SMIC 2026 et simuler marges selon différents scénarios de ventes (-5 %, -10 %, -20 %).
  3. Revenus : accélérer les leviers de chiffre d’affaires à court terme (promotions ciblées pendant les soldes, partenariats locaux, click & collect) et développer des offres de fidélisation.

Des outils pratiques cités par le plan : guides de négociation de loyers, modèle de plan de trésorerie, fiches pratiques d’aides locales et rubriques de benchmarking sectoriel pour comparer ratios par m².

Cas pratiques et exemples chiffrés

Exemple : pour un commerce générant 300 000 € de CA annuel, une hausse de 1,2 % du SMIC représente environ 1 800 € bruts supplémentaires par an si la masse salariale est de 150 000 € (calcul simplifié). En présence d’une baisse de CA de 10 %, l’effet combiné peut réduire la marge nette de plusieurs points, soulignant l’importance d’interventions rapides sur les coûts fixes.

Ressources et relais locaux

Plusieurs acteurs sont positionnés pour soutenir les commerçants : la CCI Lyon Métropole (diagnostics et formations), les chambres de métiers (accompagnement TPE), ainsi que les organisations professionnelles locales. L’article source et le dossier d’enquête publiés par la presse locale rendent compte des éléments d’orientation et des premières mesures proposées (dossier Le Progrès du 12/01/2026).

Risques à surveiller et indicateurs clés

Les DAF doivent suivre au minimum cinq indicateurs : évolution du chiffre d’affaires mois à mois, taux de marge brute, trésorerie disponible (en semaines), part du coût salarial dans le chiffre d’affaires et évolution des charges fixes. Des seuils d’alerte recommandés : trésorerie inférieure à 4 semaines, baisse CA cumulée 3 mois > 10 %, marge brute en dessous de 30 % selon le secteur.

Recommandations pratiques pour le premier trimestre 2026

  • Réaliser un diagnostic trésorerie 13 semaines avant le 31 mars 2026.
  • Lancer une négociation collective de loyers où c’est possible et solliciter aides locales.
  • Prioriser la digitalisation commerce (mise en place de solutions de paiement mobile et click & collect en 30 jours).
  • Mettre en place un reporting hebdomadaire centré sur 5 KPI financiers et commerciaux.

Ce que disent les sources publiques

Les tendances nationales reflétées par la Banque de France et l’Insee montrent une conjoncture contrastée fin 2025 : recul des ventes en décembre mais climat des affaires supérieur à la moyenne. Pour le secteur local, l’enquête de 1 244 commerçants apporte une granularité utile aux décideurs.

Perspectives et leviers structurants

Au-delà des mesures d’urgence, le redressement durable nécessite des actions structurelles : densification de l’offre commerciale par filières, rénovation urbaine, simplification réglementaire locale et renforcement des mutualisations (achats, logistique). Les collectivités peuvent jouer un rôle essentiel en coordonnant commercialement les centres-villes et en finançant des programmes de modernisation.

Un dernier point d’attention pour les managers

Les dirigeants doivent désormais articuler décisions financières et stratégie commerciale. Les solutions court terme (étalement dettes, aides, animations) doivent être couplées à une feuille de route 12-24 mois sur la digitalisation commerce, la maîtrise des charges et la diversification des revenus pour résister à de nouveaux chocs.

Pour aller plus loin

Consultez le dossier d’enquête local et les guides pratiques disponibles auprès de la CCI Lyon Métropole – accompagnement commerçants et suivez les indicateurs nationaux publiés par l’Insee pour ajuster vos scénarios financiers.

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