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Bourgogne‑Franche‑Comté : l’emploi recule au T3 2025, quels impacts ?

emploi Bourgogne-Franche-Comté : le troisième trimestre 2025 marque une détérioration tangible du marché du travail régional. Les données publiées en janvier par l’Insee mettent en lumière un recul de l’emploi privé, porté par des pertes dans l’industrie et la construction, une baisse de l’intérim et une légère hausse du taux de chômage. Ce diagnostic a des implications directes pour les directions financières et les décideurs économiques régionaux.

Chiffres clés du T3 2025

Selon la note régionale de l’Insee, la Bourgogne‑Franche‑Comté comptait environ 989,4 milliers d’emplois salariés au 3ᵉ trimestre 2025 (série CVS). La variation trimestrielle s’établit à −0,3% et la variation annuelle à −0,9%. L’intérim recule : 30,9 milliers d’emplois intérimaires au trimestre, soit une baisse trimestrielle de −1,9% et annuelle de −5,1%. Le taux de chômage localisé est estimé à 6,9% au T3 2025, en hausse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent.

Offres et demande d’emploi

Les offres collectées par France Travail dans la région tournent autour de 10,1 milliers par mois en moyenne au T3 2025. Le nombre d’inscrits en catégories A, B, C se situe dans une fourchette permettant d’estimer une pression accrue sur le marché du travail local. Ces éléments traduisent un rééquilibrage progressif côté demande d’emploi.

Secteurs les plus affectés : industrie, construction, intérim

La dégradation observée au T3 2025 n’est pas homogène. L’industrie et la construction affichent les baisses les plus nettes d’emploi salarié. L’intérim, indicateur avancé de la demande de main‑d’œuvre, recule fortement, réduisant la capacité des entreprises à retrouver rapidement des marges de recrutement saisonnières ou conjoncturelles.

Industrie

Des performances export dépendantes et des réductions de cadences dans certains segments (métallurgie, mécanique et composants) expliquent une partie du recul d’emploi industriel. Les directions financières doivent noter que la réduction d’activité entraîne souvent une hausse des charges unitaires et des besoins de réallocation d’investissements.

Construction

La construction subit un deuxième trimestre consécutif de baisse d’emploi, corrélé à une activité réduite en promotion immobilière et travaux publics. Les PME locales sont particulièrement exposées aux retards de paiement et à l’allongement des cycles de facturation.

Disparités territoriales au sein de la région

La Bourgogne‑Franche‑Comté présente des écarts importants entre départements. Le Territoire de Belfort compte un des taux de chômage les plus élevés (≈ 9,3%) tandis que le Jura est parmi les mieux répartis (5,6%). Le Doubs et la Côte‑d’Or affichent des profils plus intermédiaires, mais des zones industrielles y subissent des trajectoires différenciées selon la spécialisation sectorielle.

Facteurs explicatifs de la dégradation

  • Ralentissement de la demande sur certains marchés exportateurs et domestiques, affectant les usines et les filières longues.
  • Contraction de l’intérim, traduisant une moindre flexibilité de recrutement et un repli immédiat de l’emploi de court terme.
  • Pressions sur la construction liées aux coûts des matériaux et à la décélération des permis de construire.
  • Procédures judiciaires ou difficultés d’entreprises locales (cas signalés récemment), susceptibles d’entraîner des pertes d’emploi concentrées.

Décisions publiques et réponses des acteurs locaux

Plusieurs leviers publics et partenaires régionaux sont mobilisés pour limiter l’ampleur du recul. La DREETS Bourgogne‑Franche‑Comté publie des fiches conjoncturelles et des analyses intérim pour aider à la lecture territoriale et sectorielle ; ces documents sont disponibles sur le site officiel pour contribuer aux diagnostics locaux (observatoire DREETS : études et statistiques).

Par ailleurs, l’Insee publie la note de conjoncture régionale qui sert de référence pour l’analyse trimestrielle et l’orientation des politiques publiques d’emploi.

Cas locaux et signaux faibles à suivre

La presse régionale a relayé des procédures d’entreprises et des situations sensibles susceptibles d’accentuer la dégradation dans des bassins d’emploi particuliers. Un article d’alerte a résumé ces signaux et leur possible retentissement social et économique (article MaCommune sur la dégradation du marché du travail).

Impacts pour les entreprises et les directions financières

Pour un Directeur Administratif et Financier (DAF), la tendance observée au T3 2025 impose plusieurs leviers opérationnels :

  • Revue de la trésorerie : anticiper l’impact d’une baisse d’activité sur la trésorerie et recalibrer les lignes de crédit;
  • Gestion des effectifs : privilégier les mesures de flexibilité (formation, mobilité interne, chômage partiel) avant les licenciements ;
  • Renégociation fournisseurs : sécuriser les approvisionnements et optimiser le BFR ;
  • Veille sur l’intérim : les baisses d’intérim peuvent annoncer un moindre rebond à court terme — adapter les prévisions RH en conséquence.

Scénarios et perspectives à court terme

Trois scénarios peuvent être envisagés pour la fin 2025 et 2026 :

  • Stabilisation : si la demande se redresse et que les PME retrouvent des marges, l’emploi pourrait se stabiliser au T4 2025 ;
  • Repli durable : persistances structurelles ou conjoncturelles entraîneraient une baisse plus prolongée de l’emploi privé ;
  • Rebond sectoriel : relance dans quelques filières exportatrices ou investissements ciblés (transition énergétique, infrastructures) apporteraient une reprise localisée.

Recommandations opérationnelles pour les acteurs régionaux

À court terme, les autorités et les entreprises peuvent agir conjointement :

  • Renforcer les dispositifs d’accompagnement (reconversion, formation professionnelle). Les fonds nationaux et régionaux doivent cibler les salariés des secteurs les plus touchés.
  • Accélérer les diagnostics dans les bassins d’emploi fragiles pour prévenir les ruptures sociales liées aux plans sociaux.
  • Mobiliser les dispositifs d’appui aux PME (garanties bancaires, avance remboursable) pour préserver l’emploi local.

Ressources et lecture complémentaire

Pour approfondir l’analyse et consulter les chiffes sources :

Points de vigilance à surveiller

Au regard des données T3 2025, il est essentiel de suivre : les prochaines publications trimestrielles de l’Insee, l’évolution de l’intérim (baromètre avancé), la situation d’entreprises en difficulté et la dynamique des offres de France Travail. Ces indicateurs détermineront si le phénomène est conjoncturel ou le révélateur d’ajustements structurels.

Perspectives et décisions à anticiper

La performance de l’emploi Bourgogne-Franche-Comté au T3 2025 plaide pour une vigilance accrue et une coordination entre pouvoirs publics, branches professionnelles et directions d’entreprise. Pour un DAF, la priorité consiste à consolider la résilience financière, optimiser la gestion des ressources humaines et rester connecté aux dispositifs régionaux de soutien. Des actions ciblées aujourd’hui limiteront les effets de contagion demain et faciliteront une reprise équilibrée du marché du travail régional.

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