RN83 entre Bersaillin et Valentin, panneau interdisant le transit des poids lourds et route quasi déserte au coucher de soleil hivernal
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RN83 entre Besançon et le Jura : fin du transit des poids lourds au 1er janvier 2026

RN83 poids lourds : à compter du 1er janvier 2026, la circulation des véhicules de transport de marchandises en transit sera interdite sur la section de la RN83 comprise entre l’échangeur de Bersaillin (A39) et la zone de Valentin / Besançon nord (A36). L’arrêté signé par les préfets du Doubs et du Jura vise à réduire le flux de camions sur cet axe et à préserver la qualité de vie des riverains.

Contexte et contenu précis de l’arrêté

L’arrêté, formalisé le 19 décembre 2025 et publié en vue d’une entrée en vigueur le 1er janvier 2026, cible le transit des véhicules dont la MMA dépasse 7,5 tonnes. Il concerne strictement le tronçon entre l’échangeur de Bersaillin et la sortie Valentin vers Besançon, soit une longueur d’environ 12 à 15 km selon le périmètre retenu par le texte. Les autorités ont prévu des dérogations explicites pour la desserte locale, les entreprises implantées sur le territoire et les opérations de manutention nécessitant un accès ponctuel.

Le texte précise une phase d’information initiale, suivie d’une montée en puissance des contrôles. Les préfets appellent à la coopération des transporteurs pour éviter des détours inadaptés et encouragent l’usage des autoroutes A36 et A39 comme itinéraires de report. Pour consulter le communiqué initial, voir l’article publié sur MaCommune (compte rendu de l’arrêté).

Chiffres clés et estimations du report de trafic

Les autorités évoquent une réduction estimée d’environ 700 camions par jour sur la RN83. Selon les bilans locaux, ce tronçon supporte actuellement entre 1 800 et 2 200 poids lourds quotidiens selon les saisons ; l’arrêté devrait donc diminuer le trafic PL d’environ 30–40 % sur ce segment.

  • Date d’effet : 1er janvier 2026.
  • Véhicules visés : PL MMA > 7,5 t en transit (hors desserte locale).
  • Estimation de report : ≈ 700 PL/jour vers A36/A39.

Impacts opérationnels pour les transporteurs et la logistique régionale

Pour les chargeurs et transporteurs, la mesure modifie les calculs d’itinéraire et de coûts. Le report vers A36 et A39 implique des péages supplémentaires. Les opérations de transport de proximité restent toutefois exemptées, de sorte que les flux liés à la logistique locale (livraisons industrielles, desserte de sites logistiques et artisans) ne sont pas compromis.

Les opérateurs routiers doivent intégrer la nouvelle restriction dans leurs TMS (systèmes de gestion des transports) et dispositifs de navigation. Les gestionnaires d’itinéraires (applications GPS) ont été sollicités pour mettre à jour rapidement les recommandations, afin d’éviter des reroutages inappropriés sur des routes secondaires.

Coûts attendus et adaptation des itinéraires

Sur une estimation prudente, un détour autoroutier induit un surcoût variable : entre 15 € et 60 € par trajet selon la longueur et le taux de péage. À l’échelle d’un opérateur réalisant 10 trajets journaliers, la hausse de coûts peut représenter plusieurs centaines d’euros par semaine. Les chargeurs et transporteurs sont encouragés à renégocier certains contrats pour intégrer la nouvelle réalité tarifaire.

Réactions des acteurs locaux et associations

La décision a été saluée par des élus locaux et des associations de riverains, qui ont longuement porté la demande d’une limitation du transit sur ces routes. La maire de Besançon, des conseillers départementaux et des associations environnementales ont souligné l’importance de réduire les nuisances sonores, la pollution atmosphérique et l’usure du réseau.

Cependant, certains acteurs du secteur routier et des collectivités avoisinantes demandent des garanties : précision sur les modalités de contrôle, harmonisation avec des arrêtés voisins, et un calendrier d’évaluation de l’impact. Pour un aperçu des réactions locales, consulter le reportage de L’Est Républicain (compte-rendu et réactions).

Modalités de mise en oeuvre et contrôles

La mise en application passera par une double logique : surveillance humaine (contrôles routiers ciblés) et exploitation des données numériques (tachygraphes, géolocalisation, historiques de parcours). Les forces de l’ordre pourront verbaliser les infractions constatées après la période pédagogique. Les préfets ont expliqué que la phase initiale sera pédagogique pendant plusieurs semaines.

Les points à surveiller :

  • Signalisation renforcée aux sorties d’autoroute et aux entrées de RN83.
  • Mise à jour des bases d’itinéraires des GPS professionnels.
  • Contrôles coordonnés entre Doubs et Jura afin d’éviter les effets d’interface.

Conséquences économiques et alternatives proposées

La restriction induira des coûts supplémentaires pour les entreprises de transport, mais peut aussi générer des bénéfices locaux : diminution des nuisances, baisse de l’entretien routier et amélioration du cadre de vie. Les élus locaux plaident pour un suivi rigoureux et des mesures complémentaires : création de parkings poids lourds hors agglomération, créneaux de livraison adaptés et aides à la transition pour les transporteurs locaux.

Par ailleurs, des voix demandent de réévaluer certains projets routiers coûteux. L’association FNE Doubs a appelé à utiliser la baisse du trafic pour questionner le besoin immédiat de certaines mises à 2×2 voies et prioriser des actions moins génératrices d’émissions. Son communiqué est consultable via FNE Doubs (communiqué).

Alternatives logistiques

  • Optimisation des tournées et mutualisation des flux pour réduire les kilomètres parcourus à vide.
  • Recours accru aux autoroutes pour le grand transit et utilisation des routes nationales pour la desserte locale.
  • Développement de solutions multimodales (rail-route) sur les axes de fret régionaux.

Points d’attention pour les prochains mois

Plusieurs éléments devront être suivis de près dans les six à douze prochains mois : l’évolution des volumes PL sur les itinéraires de report (A36/A39), l’impact sur le coût logistique des PME locales, l’efficacité des contrôles et la prise en compte des retours des transporteurs. Les autorités se sont engagées à publier un bilan d’application à 6 mois.

Ressources et informations pratiques

Pour les professionnels qui souhaitent se préparer :

  • Consulter le communiqué détaillé et la zone exacte de l’arrêté sur MaCommune (dossier complet).
  • Suivre les mises à jour régionales et les modalités de contrôle via la préfecture (sites officiels locaux).
  • Anticiper les modifications d’itinéraires dans les TMS et systèmes de navigation pour éviter des amendes et des détours improductifs.

Perspectives et points de vigilance

La décision de restreindre le transit des poids lourds sur la RN83 illustre une tendance forte des politiques locales : privilégier la sécurité routière, la qualité de vie et la préservation du patrimoine routier, au prix d’une redéfinition des itinéraires de fret. L’efficacité de la mesure dépendra de la coordination entre services de l’État, collectivités, opérateurs d’autoroute et acteurs du transport. Un suivi chiffré et transparent (trafic, émissions, coûts) sera déterminant pour juger de l’utilité réelle de l’arrêté et pour envisager des ajustements futurs.

À retenir : la mesure entre en vigueur le 1er janvier 2026, vise le transit PL sur la section Bersaillin–Valentin, prévoit des dérogations pour desserte locale et attend un report d’environ 700 camions par jour. Les transporteurs doivent anticiper les surcoûts et adapter leurs itinéraires dès maintenant.

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