Embouteillage matinal près du CHU‑campus de Dijon, files de voitures, bus et cyclistes
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Soixante-neuf heures perdues dans les bouchons : Dijon 17e ville la plus embouteillée de France

Dijon embouteillages : selon le dernier relevé TomTom pour 2025, les conducteurs dijonnais ont perdu en moyenne 69 heures dans les bouchons sur l’année, plaçant la ville au 17e rang national. Ce chiffre relance le débat sur la gestion des flux urbains, en particulier autour du secteur CHU‑campus, et questionne les impacts pour les acteurs du transport et de la logistique en Bourgogne‑Franche‑Comté.

Classement et méthodologie : que mesure TomTom ?

Le classement mentionné repose sur le Traffic Index de TomTom, qui compare les temps de trajet réels par rapport à des conditions de circulation optimales. La « congestion » est exprimée en pourcentage (Dijon : 34,4 %) et convertie en heures perdues par conducteur sur l’année (69 heures pour Dijon). La méthodologie s’appuie sur données GPS anonymisées et de larges jeux de données temps réel, utiles pour cerner les tendances mais à interpréter avec nuance au plan local.

Où se concentrent les points noirs à Dijon ?

Les sources locales identifient plusieurs secteurs régulièrement saturés, avec en tête le pôle CHU‑campus (accès hospitaliers, flux étudiants, livraisons). Le reportage original du Bien Public signale une forte congestion aux heures de pointe sur les axes structurants et les giratoires desservant le CHU et l’université.

Facteurs locaux aggravants

  • Concentration d’emploi et d’activités (CHU, université) générant des flux horaireisés.
  • Livraisons et flux marchandises du dernier kilomètre, amplifiés par l’e‑commerce.
  • Travaux et aménagements ponctuels réduisant la capacité de voirie.
  • Insuffisance relative de l’offre en site propre sur certains axes.

Conséquences pour le secteur Transport et Logistique

Pour les professionnels, les embouteillages se traduisent par des coûts directs et indirects : hausse des temps de parcours, consommation de carburant, pénalités de retard, dégradation des plannings de livraison et hausse des coûts de maintenance. Sur une base de 69 heures perdues par conducteur, les transporteurs locaux estiment une augmentation de coûts opérationnels pouvant atteindre plusieurs pourcents du chiffre d’affaires annuel, selon la nature des flottes et des tournées.

Impacts chiffrés et opérationnels

  • Temps de trajet allongé : + jusqu’à 20–35 % aux heures de forte congestion sur certains axes.
  • Augmentation de la variabilité des ETA (estimated time of arrival), compliquant la synchronisation avec les chargeurs et les plates‑formes logistiques.
  • Pression sur les zones de livraison : saturation des quais et double stationnement entraînant donc des inefficacités.

Réponses publiques : quel calendrier pour les transports structurants ?

Dijon Métropole a inscrit le renforcement des transports structurants au cœur de ses orientations. Le projet de troisième ligne de tram (T3) ou d’une alternative en BHNS est évoqué pour relier les zones de Chenôve, le CHU et Cap Nord afin de réduire l’usage de la voiture individuelle sur ces axes sensibles. Le dossier technique et l’étude de faisabilité avancent, avec des estimations budgétaires évoquant un ordre de grandeur de l’investissement autour de 200 millions d’euros pour la création d’une ligne structurante, montant à confirmer au fil des études.

Pour suivre l’avancement institutionnel et les éléments du projet, consultez la page dédiée de Dijon Métropole sur la 3e ligne.

Mesures opérationnelles et solutions pour la logistique urbaine

Au‑delà des infrastructures lourdes, des mesures de court et moyen terme peuvent réduire la friction pour les entreprises de transport :

  • Revues d’horaires de livraison : favoriser des plages hors pointe (22h–6h) pour certaines catégories de marchandise afin d’éviter les pics.
  • Micro‑hubs et mutualisation : création d’espaces de consolidation en périphérie pour réduire les rotations en centre‑ville.
  • Gestion dynamique du stationnement livraison : réservation de places et contrôles adaptés pour diminuer le double stationnement.
  • Incitations pour véhicules propres : priorisation ou tarifs avantageux pour les véhicules électriques ou GNV réalisant des livraisons nocturnes.

Exemples opérationnels et retours d’expérience

Plusieurs métropoles françaises ont déjà testé la mutualisation des livraisons et l’usage de micro‑hubs avec des gains mesurés : diminution des rotations en centre de 10–25 % selon les cas, et amélioration des taux de respect des horaires. Pour Dijon, ces leviers sont cités comme complémentaires au renforcement des transports en commun.

Enjeux financiers et gouvernance du projet T3

Le financement d’une nouvelle ligne structurante mobilise plusieurs niveaux : fonds métropolitains, aides de l’État, participations régionales, et parfois cofinancement européen. Les élus locaux évoquent un chiffrage de l’ordre de 200 M€ dans les premières annonces publiques, mais la nature exacte du tracé, le choix tram/BHNS, et le phasage de réalisation dépendront des études de trafic et des arbitrages budgétaires à venir.

Perspectives pour les acteurs logistiques et recommandations pratiques

Pour les chargeurs, transporteurs et exploitants d’entrepôts en Bourgogne‑Franche‑Comté, il est recommandé d’adopter une stratégie en trois volets :

  1. Planification réactive : intégrer la variabilité des temps de trajet dans les systèmes TMS (Transport Management System) et revoir les marges temporelles des tournées.
  2. Coordination partenariale : nouer des partenariats avec les collectivités pour expérimenter des plages de livraison hors pointe et tester des micro‑hubs partagés.
  3. Transition de flotte : accélérer le renouvellement vers des véhicules propres pour bénéficier d’avantages opérationnels et de contraintes de circulation plus favorables en centre‑ville.

Points d’attention techniques

Optimiser les tournées réclame des données fines : géolocalisation, historique des temps de parcours, fenêtre temporelle client, et prise en compte des événements ponctuels (travaux, manifestations). Les investissements dans la data et la numérisation des services de transport deviennent donc prioritaires pour limiter l’impact des embouteillages sur les coûts logistiques.

Regarder au‑delà du classement : opportunités et risques pour le territoire

Le palmarès TomTom est une alarme utile mais aussi une opportunité pour repenser les flux urbains. Une approche intégrée, combinant infrastructures structurantes (tram/BHNS), modes actifs (vélo, marche) et optimisation logistique, peut réduire durablement la congestion. En parallèle, l’augmentation du télétravail et la remise à plat des politiques de stationnement peuvent influencer les volumes de déplacement à horizon 3–5 ans.

Pour une vision plus large des enseignements internationaux et des méthodes d’atténuation, le article de synthèse relayé par The Connexion met en perspective les expériences d’autres agglomérations confrontées à des dynamiques similaires.

Prochaines étapes locales

Les prochains mois vont être déterminants : finalisation des études de faisabilité pour le tracé T3, arbitrages budgétaires, et expérimentation de mesures opérationnelles pour la logistique urbaine. Les acteurs économiques locaux, associations d’usagers et collectivités devront co‑construire des solutions pragmatiques pour tempérer la progression des embouteillages et préserver la compétitivité logistique de l’aire dijonnaise.

Pour approfondir le diagnostic technique et la méthodologie des données, le communiqué technique de TomTom détaille les indicateurs et facteurs pris en compte lors du calcul de l’indice Traffic Index 2025.

Implication pour les lecteurs professionnels

Pour les directions logistiques, planification et exploitation, la priorité immédiate est de mesurer localement l’impact concret des retards et d’expérimenter les leviers évoqués (mutualisation, plages hors pointe, micro‑hubs). Ces mesures opérationnelles, combinées à une trajectoire claire pour les transports structurants, sont les plus à même de réduire les embouteillages et leurs coûts pour l’économie régionale.

Enfin, suivre l’actualité locale et les décisions de la collectivité permettra d’anticiper les évolutions : le dossier est en effet suivi de près par les acteurs économiques et logistiques du territoire, qui jugeront les projets sur leur capacité réelle à fluidifier le trafic et à améliorer la résilience des chaînes d’approvisionnement.

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