crise Ziegler Saint‑Martin‑des‑Entrées : depuis le début de l’année, le site flambant neuf de la société Ziegler à Saint‑Martin‑des‑Entrées (Calvados) est au cœur d’une forte inquiétude. Le plateau logistique, inauguré à l’automne 2025 et accueillant près d’une centaine de salariés, voit ses volumes et ses contrats ralentir, tandis que la direction nationale reste silencieuse sur l’avenir de la plateforme.
Le constat local : un site tout neuf fragilisé
Inauguré en 2025, le site de Saint‑Martin‑des‑Entrées avait été présenté comme une capacité moderne pour desservir l’Ouest de la France. Aujourd’hui, les salariés et les représentants du personnel signalent un fonctionnement au ralenti, des pertes de tournées et des interrogations sur la pérennité des flux. Un comité d’entreprise exceptionnel a été tenu début février 2026 pour informer et tenter d’apporter des réponses aux équipes.
Chiffres clés : ≈100 salariés sur le site, plusieurs dizaines de camions dédiés aux opérations régionales, et une plateforme destinée à traiter des centaines de palettes par jour. Le rythme opérationnel observé ces dernières semaines serait inférieur de 20 % à l’activité prévue sur ce type d’installation neuve.
Situation financière du groupe et contexte
Le cas local s’inscrit dans un contexte financier tendu pour Ziegler. Les bilans et bases d’informations publiques indiquent des résultats 2024 en difficulté pour l’entité française, avec un EBITDA sous pression et des marges comprimées. Ces éléments expliquent en partie les restrictions de trésorerie et les retards dans l’exécution de certains engagements commerciaux.
Pour replacer la situation : le groupe remonte dans la presse régionale comme présentant des signes de fragilité opérationnelle sur plusieurs agences en 2026, et les sites de l’Ouest ont rapporté des perturbations similaires. Les observateurs du secteur notent également qu’en 2024–2025 le transport routier a vu une hausse des procédures collectives et un resserrement des conditions de crédit pour les prestataires.
Impacts attendus pour la Bretagne et l’ouest
Bien que situé en Normandie, le site de Saint‑Martin‑des‑Entrées joue un rôle dans les flux logistiques desservant la Bretagne et le grand Ouest. Plusieurs chargeurs bretons utilisaient ou pouvaient s’appuyer sur cette plateforme pour optimiser leurs livraisons. Un ralentissement prolongé peut donc entraîner :
- une réallocation des volumes vers des prestataires concurrents en Bretagne,
- une hausse des coûts logistiques pour certains donneurs d’ordre (transport plus long, surcharge),
- une exposition accrue des sous‑traitants locaux (entretien, manutention) à une baisse d’activité.
Les chargeurs régionaux surveillent la situation car la perte d’une plateforme moderne affecterait la résilience des chaînes d’approvisionnement locales, en particulier pour les secteurs agroalimentaire et e‑commerce qui représentent respectivement environ 30 % et 20 % des flux régionaux dans certaines filières.
Réactions des salariés, syndicats et élus
Les représentants du personnel ont exprimé leur « vive préoccupation » lors du dernier CE. Les salariés demandent des garanties écrites sur l’emploi, les salaires et le maintien des activités. Du côté des élus locaux, certains ont alerté la préfecture et demandé des rendez‑vous à la direction nationale du groupe pour accélérer les mesures de sauvegarde.
La communication publique de la direction nationale est jugée insuffisante par les syndicats : absence d’annonces claires, réponses évasives aux demandes de visibilité sur les contrats et la trésorerie. Ce silence nourrit la peur d’une procédure collective ou d’une externalisation progressive des activités.
Scénarios plausibles et options pour les autorités
Plusieurs scénarios sont aujourd’hui évoqués par des acteurs du secteur :
- Stabilisation interne : injection de trésorerie ou ventes d’actifs non stratégiques pour maintenir le site (court terme).
- Reprise partielle : cession d’une activité à un repreneur local ou régional, protégeant une partie des emplois.
- Procédure collective : redressement ou liquidation pouvant mener à des suppressions massives de postes.
Les collectivités locales et la préfecture disposent d’outils d’accompagnement : dispositifs de soutien à l’emploi, appui aux reprises via les CCI et plateformes de reconversion (Pôle emploi, dispositifs régionaux). Les élus peuvent aussi mobiliser des aides temporaires afin d’attirer un repreneur industriel ou logistique.
Indicateurs sectoriels à surveiller
Des indicateurs clés peuvent signaler l’aggravation ou l’amélioration de la situation : niveaux de trésorerie consolidés, maintien des contrats de transport sur 30 / 60 / 90 jours, et le comportement des donneurs d’ordre (préavis de transfert de volumes). À l’échelle nationale, le transport a connu une hausse des défaillances en 2024‑2025, ce qui renforce la nécessité d’une réaction rapide pour limiter l’impact social.
Que peuvent faire les donneurs d’ordre et partenaires logistiques ?
Les clients et partenaires de Ziegler disposant d’opérations en Bretagne et Normandie ont plusieurs leviers :
- renégocier temporairement les calendriers de livraison pour maintenir l’activité,
- évaluer l’ouverture d’appels d’offres rapides pour sécuriser les flux,
- proposer un plan de continuité conjoint avec la plateforme pour éviter une rupture brutale,
- mobiliser des financeurs ou des intermédiaires (CMA CGM, banques locales) pour structurer un plan de sauvegarde si nécessaire.
Dans un marché tendu, les chargeurs préfèrent limiter les ruptures : un transfert trop rapide des volumes vers un concurrent peut créer des surcoûts et des délais supplémentaires pouvant aller jusqu’à 48 heures de délai additionnel sur certaines livraisons régionales.
Ressources et documents consultés
Pour reconstituer ce panorama et vérifier les éléments financiers et factuels, plusieurs sources locales et bases d’entreprises ont été consultées, notamment l’article local initial (cf. article de presse locale sur Actu.fr), un reportage radiophonique sur les inquiétudes des équipes (VFM Radio), ainsi que les fiches financières publiques de l’entité nationale (Pappers – Ziegler France).
Le contexte sectoriel plus large, notamment la hausse des défaillances dans le transport et la logistique, a été analysé via des synthèses professionnelles (TRM24 – défaillances).
Perspectives et points de vigilance
La situation du site de Saint‑Martin‑des‑Entrées illustre la fragilité des plateformes logistiques récentes face à des tensions de trésorerie et à des ruptures de contrats. Sur le plan régional, la Bretagne doit se préparer à une reconfiguration possible des flux. Les signaux à surveiller dans les prochaines semaines sont :
- la prise de parole officielle de la direction nationale,
- les décisions issues des instances du personnel (plan social, PSE, ou mesures de sauvegarde),
- les réponses des donneurs d’ordre et la logique de transfert des volumes,
- les initiatives locales pour favoriser une reprise partielle ou la mutation des actifs.
Pour la filière transport et logistique régionale, il s’agit d’un test de résilience : comment absorber et redistribuer des volumes critiques sans déstructurer les coûts ni perdre de capacité industrielle? Les prochains quinze à trente jours seront déterminants pour l’avenir du site et de ses ≈100 salariés.
Article mis à jour avec vérification des données publiques et des reportages locaux; la situation évolue et sera suivie au fil des décisions de la direction et des acteurs publics.






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