industrie Vosges 2025 : le bilan 2025 et les premiers signaux 2026 confirment que plusieurs secteurs du département restent sous pression. L’industrie locale progresse par rapport aux creux récents, mais rencontre des obstacles opérationnels (recrutements, coûts, approvisionnements). Dans le même temps, l’hôtellerie-restauration et la construction affichent des tensions fortes de main-d’œuvre et une visibilité réduite des carnets de commandes. Cet article synthétise les faits récents, les chiffres clés et les décisions publiques ou privées utiles pour un Directeur Industrie et Usine (DI) qui doit piloter la stratégie RH, production et investissement.
Contexte et chiffres récents pour le Grand Est et les Vosges
Selon la Banque de France, la conjoncture industrielle du Grand Est s’est renforcée début 2026 après plusieurs mois d’oscillation ; toutefois, les entreprises signalent une hausse des difficultés de recrutement et des contraintes de trésorerie qui limitent les capacités d’investissement. Le rapport régional (janvier 2026) indique des tensions de recrutement touchant particulièrement le bâtiment (jusqu’à 23 % des entreprises selon certains indicateurs) et des pressions sur les coûts opérationnels. Pour une synthèse territoriale, voir la note de la Banque de France sur le Grand Est (janvier 2026).
Emploi et activité : données INSEE
L’INSEE rapporte des évolutions contrastées : emploi salarié régional stable mais heures rémunérées en baisse (-1,4 % en glissement sur une donnée récente), tandis que les nuits touristiques cumulées présentent des signes de reprise saisonnière. Ces éléments traduisent une reprise partielle de l’industrie mais une fragilité persistante dans le pouvoir d’achat des ménages et la demande intérieure. Détails et tableaux disponibles sur le tableau de bord INSEE Grand Est : indicateurs régionaux INSEE.
Principales sources de tension par secteur
Industrie : reprise mesurée mais limites opérationnelles
Pour un DI responsable d’un site vosgien, il est essentiel de retenir que l’industrie Vosges 2025 présente aujourd’hui des signaux de reprise commerciale pour certains segments (machines-outils, électronique, sous-traitance mécanique), mais la montée en charge est freinée par :
- les difficultés de recrutement d’opérateurs qualifiés et de techniciens de maintenance,
- la volatilité des prix des matières premières et de l’énergie (impact sur marges),
- les problèmes de trésorerie pour les petites PME empêchant des investissements indispensables (modernisation, numérique, décarbonation),
- l’incertitude à l’export qui pèse sur les commandes de gros montants.
Ces contraintes poussent nombre d’industriels à retarder des projets d’automatisation ou à recourir à des sous-traitants. Les dispositifs d’appui public (appel à projets décarbonation, France 2030) représentent une opportunité pour financer des investissements productifs et énergétiques : voir l’analyse des récentes enveloppes publiques dans la presse spécialisée Usine Nouvelle – appels à projets.
Hôtellerie-restauration : tension RH et attractivité
Le secteur touristique emploie des centaines voire des milliers de personnes dans le Grand Est ; la région et les acteurs locaux ont multiplié en début d’année des opérations (semaines métiers, job datings) pour capter des profils. Malgré cela, l’hôtellerie-restauration signale des postes non pourvus, un turnover élevé et une difficulté à valoriser les carrières. Pour les sites industriels qui accueillent des visiteurs ou délèguent la logistique à des prestataires locaux, la dégradation du service peut impacter la relation client et l’attractivité industrielle.
Construction / BTP : contraction du neuf et pénurie de main-d’œuvre
Les artisans vosgiens font état d’une baisse de l’activité dans le neuf (-10 % selon remontées syndicales locales) et d’une baisse des apprentissages (-14 % rapportés par certaines fédérations). Le BTP souffre d’une double contrainte : la difficulté à recruter des compagnons qualifiés et l’érosion des marges sur certains marchés. Résultat : des délais allongés, un recours accru à la sous-traitance et une hausse des incidents logistiques qui pèse sur la chaîne d’approvisionnement locale.
Initiatives publiques et locales mobilisables
Face à ces tensions, l’action publique et les acteurs économiques ont lancé plusieurs mesures opérationnelles :
- dispositifs de formation et reconversion (formations qualifiantes, CFA) pour répondre aux besoins métiers ;
- actions de promotion des métiers par la Région et France Travail (Semaine des métiers du tourisme, webinaires) ;
- appels à projets nationaux dédiés à la décarbonation et à la modernisation industrielle, mobilisables par PME et ETI ;
- diagnostics-conseils et opérations locales pilotées par la CCI des Vosges pour ajuster l’offre de formation et faciliter le recrutement local.
Pour consulter l’agenda et les retours d’expérience locaux, la CCI des Vosges a organisé une session « bilan 2025 et perspectives 2026 » : documents et retours CCI Vosges.
Impacts concrets pour un Directeur Industrie et Usine
En qualité de DI, les priorités opérationnelles sont claires :
1) Renforcer l’attraction et la fidélisation des talents
Mettre en place des parcours internes (montée en compétence, tutorat), des accords avec les centres de formation locaux et des campagnes de recrutement ciblées (job datings, partenariats école-entreprise). L’industrie Vosges 2025 montre que les entreprises qui structurent une politique RH pragmatique réduisent leur taux d’attrition et gagnent en productivité.
2) Prioriser les investissements à ROI court
Évaluer les projets d’automatisation ou de numérisation au prisme du retour sur 12-36 mois pour préserver la trésorerie. L’accès aux subventions (décarbonation, modernisation) peut abaisser le ticket d’entrée : surveillez les appels à projets et préparez des dossiers techniques argumentés.
3) Sécuriser les approvisionnements et la chaîne logistique
Multiplier les fournisseurs, augmenter les stocks de sécurité sur les composants critiques, et contractualiser des clauses d’anticipation de prix peuvent réduire l’impact des hausses de coût. Le contexte 2025-2026 exige une vigilance sur les délais fournisseurs et une meilleure visibilité sur l’export.
Bonnes pratiques et retours d’expérience locaux
Plusieurs PME vosgiennes ont déjà mis en place des réponses efficaces : recrutement en continu via alternance, mutualisation d’équipements entre petites entreprises, et montée en compétence via formations courtes. Les fédérations professionnelles locales (CAPEB, UIMM) partagent des retours pragmatiques ; un résumé des positions artisans est consultable via la CAPEB : CAPEB Vosges – compte rendu AG 2025.
Risques à surveiller et indicateurs clés
Pour piloter, suivez ces indicateurs : taux de postes non pourvus (opérateurs/techniciens), délai moyen de paiement clients/fournisseurs, taux d’absentéisme, niveau des stocks critiques, et charge de travail des équipes maintenance. Un suivi mensuel de ces KPI permet d’anticiper les ruptures et d’orienter les arbitrages budgétaires.
Ressources et pistes de financement
Plusieurs enveloppes et dispositifs peuvent aider à financer la transition productive :
- appel à projets nationaux pour la décarbonation (volets PME) ;
- aides régionales pour l’investissement et la formation ;
- prêts bonifiés et accompagnement via la Banque de France et les partenaires financiers locaux.
Une synthèse récente des mesures financières dédiées à l’industrie est disponible sur la presse spécialisée ; pour des exemples d’appels à projets consultez Usine Nouvelle – appels décarbonation 400 M€.
Ce que cela signifie pour la stratégie locale
Le constat est net : l’industrie Vosges 2025 progresse mais ne sort pas d’un cadre de fragilité. Les dirigeants doivent articuler trois volets : RH (attirer et former), technique (moderniser avec ROI), et financier (protéger la trésorerie). Les actions combinées des réseaux (CCI, branches professionnelles) et des dispositifs publics peuvent lever des verrous, mais nécessitent une démarche proactive et coordonnée.
Prochaines étapes opérationnelles recommandées
Pour un DI souhaitant transformer la contrainte en opportunité, plan d’actions à 6-18 mois :
- Lancer un diagnostic RH et compétences (3 mois) avec la CCI ou un cabinet référent ;
- Identifier 1 à 2 projets d’investissement à fort impact (automatisation légère, formation interne) et monter les dossiers d’aides (6 mois) ;
- Multiplier les partenariats locaux école-entreprise et organiser des sessions de recrutement ciblées (6-12 mois) ;
- Mettre en place un tableau de bord mensuel KPI (délai fournisseurs, postes non pourvus, trésorerie) pour arbitrer en continu.
Perspectives et éléments à suivre
Entre 2026 et 2027, l’évolution dépendra de trois facteurs : la capacité des entreprises à attirer des compétences, l’accès aux financements pour moderniser, et la trajectoire de la demande industrielle à l’export. Pour suivre les évolutions régionales et adapter la stratégie, consultez régulièrement les publications de la Banque de France Grand Est et les tableaux INSEE sur la conjoncture INSEE Grand Est.
Pour conclure, l’analyse territoriale montre que les tensions sectorielles en 2025 représentent autant des risques que des leviers : pour un Directeur Industrie et Usine, l’enjeu est d’engager des actions pragmatiques, ciblées et rapides pour sécuriser la production, restaurer la marge et préparer la transition énergétique et numérique du site.






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