grève site logistique Beauvais : le mouvement social lancé le 28 janvier 2026 sur la plateforme de Beauvais a été déclaré illimité par les salariés. Le conflit oppose une partie du personnel à la direction de Lundi Matin Logistics (repreneur d E9but 2025 d E9sormais ex-Dispeo) et porte sur salaires, conditions de travail et demandes d E0embauche. Pour les acteurs du transport et de la logistique, cet arrêt soulève des questions de continuité d E9exploitation et de résilience des flux e‑commerce régionaux, notamment pour des donneurs d’ordre comme SHEIN.
Contexte et historique du site
La plateforme de Beauvais, anciennement exploitée par Dispeo, a été reprise en février 2025 par le groupe Lundi Matin Logistics, avec la promesse de préserver une part significative des emplois. Depuis la reprise, le site a connu une recomposition des effectifs : des sources locales estiment une réduction d E9environ 240 à ~170 salariés entre 2024 et 2026, liée à des départs, inaptitudes et réorganisations. Le site gère des opérations de préparation de commandes et d E9expédition pour des clients e‑commerce — parmi eux, SHEIN et des enseignes locales — ce qui en fait un maillon sensible de la chaîne d E9approvisionnement régionale (article du Courrier Picard).
Revendiations des salariés : points clefs
Les salariés avancent plusieurs revendications structurantes : augmentation des salaires pour compenser l E9inflation, embauches pour réduire la charge de travail, prise en compte des problèmes de management et clarté sur les parcours professionnels. Le mouvement, organisé avec un taux de participation élevé selon les syndicats (ordre de grandeur rapporté : ~80 % de grévistes sur une base d E9effectif estimé à ~160 personnes), traduit une exaspération récurrente depuis la reprise par Lundi Matin. Les antécédents sociaux incluent déjà des arrêts de travail en 2025 et des procédures juridiques liées au passif social du dossier (reportage Le Parisien).
Organisation du mouvement et déroulé des opérations
Le mouvement a démarré par des piquets et un blocage partiel des accès, ce qui a ralenti l’entrée-sortie des véhicules. Les équipes grévistes ont mis en place des tournantes pour maintenir la pression tout en évitant des affrontements. La direction, de son côté, assure tenter de maintenir l’activité par des réaffectations et recours temporaires. En pratique, la préparation et l’expédition des colis ont été fortement réduites dès le premier jour, générant des retards pour des milliers de commandes stockées sur la plateforme.
Impact opérationnel immédiat
Sur le plan opérationnel, la grève site logistique Beauvais a provoqué :
- Des retards d’expédition estimés à plusieurs jours pour les commandes en file d’attente.
- Des réallocations temporaires de volumes vers d’autres entrepôts du réseau, avec coût logistique supplémentaire (transport alternatif, heures supplémentaires, réacheminements).
- Un risque d’engorgement des quais et d’augmentation des ruptures de stockage pour certains SKU à rotation élevée.
Pour les chargeurs e‑commerce, ces perturbations se traduisent par un aléa sur les délais de livraison et une remontée des demandes de support client. Certains clients finaux peuvent subir des délais sur des commandes passées il y a plus de 48–72 heures.
Conséquences économiques pour la région Hauts‑de‑France
La plateforme de Beauvais joue un rôle non négligeable dans l’écosystème logistique local : elle génère emplois directs, prestations pour transporteurs routiers locaux et activité pour les fournisseurs (maintenance, emballage, services). Une interruption durable peut donc entraîner :
- Perte de chiffre d’affaires pour les prestataires locaux (transporteurs, sous‑traitants).
- Renégociations de contrats clients en cas d’incapacité récurrente à honorer les engagements de service.
- Risques d’image pour les enseignes servies (SHEIN et autres), en période où la fiabilité logistique conditionne les ventes en ligne.
À l’échelle régionale, une plateforme de 150–200 postes représente un effet multiplicateur immédiat : l’arrêt fragilise la trésorerie des TPE‑PME partenaires et pèse sur la compétitivité logistique du territoire.
Réactions de la direction et des clients
La direction de Lundi Matin Logistics a communiqué en privilégiant la continuité d’exploitation et la recherche de solutions de dialogue social. Elle évoque des mesures d’ajustement pour maintenir le service et affirme qu’elle « met tout en œuvre pour limiter l’impact sur les livraisons ». Du côté des clients, les réactions varient : certains demandent des reports et solutions de contournement, d’autres réévaluent les volumes confiés si l’incident devait se répéter. Un panorama synthétique des sources locales est disponible via le reportage de l’Observateur de Beauvais et les comptes rendus de terrain par les médias régionaux (reportage Evasion FM).
Scénarios d’impact à moyen terme
Trois trajectoires semblent probables :
- Accord social rapide : négociation portant sur salaires et embauches, reprise progressive des activités, impact contenu en quelques jours.
- Blocage prolongé : montée des tensions, recours juridiques, transferts de volumes vers d’autres sites ou prestataires, coûts additionnels significatifs.
- Solution structurelle : réorganisation de l’offre logistique avec diversification des sites et ajustements contractuels clients-prestataires pour réduire la concentration du risque.
Pour les donneurs d’ordre, le coût d’un transfert rapide (quelques jours) se chiffre en milliers à dizaines de milliers d’euros selon les volumes et la distance. Pour le territoire, un blocage prolongé augmente le risque de désengagement de certains clients peu tolérants aux ruptures de service.
Recommandations pour les acteurs transport‑logistique
Pour limiter l’impact et restaurer la résilience, les opérateurs et chargeurs devraient :
- Activer des plans de continuité (capacités tampons, redéploiement de flux vers sites alternatifs).
- Renforcer la communication client‑transporteur pour prioriser les envois critiques.
- Évaluer des solutions court terme (affrètements ponctuels, heures supplémentaires légales) puis moyen terme (multi‑sourcing, automation ciblée) pour diminuer la vulnérabilité.
Ces mesures, bien que coûteuses à court terme, constituent des investissements protégeant la chaîne logistique contre des chocs opérationnels répétés.
Vers quelles évolutions pour la plateforme et le territoire
La situation à Beauvais illustre une problématique plus large : la vulnérabilité des plateformes e‑commerce fortement concentrées et la nécessité d’un dialogue social structuré après des opérations de reprise. Une trajectoire constructive passera par la combinaison d’accords sociaux, d’investissements en efficacité opérationnelle et d’une stratégie contractuelle plus flexible des clients. La suite du mouvement est attendue dans les prochains jours, les négociations pouvant s’engager à la demande de l’une ou l’autre des parties.
Prochains rendez‑vous
Les acteurs locaux suivent de près trois échéances : la tenue éventuelle d’une réunion de négociation, l’évolution du taux de participation au mouvement (susceptible de varier) et les décisions commerciales des principaux clients. Pour un suivi actualisé, consulter les comptes rendus médias locaux et les communiqués syndicaux et patronaux : reportage Courrier Picard, enquête Le Parisien.
Perspectives et ouvertures
Au‑delà du cas précis de Beauvais, la filière logistique régionale est invitée à tirer des enseignements : diversification des implantations, renforcement des relations sociales post‑reprise et pilotage du risque client. Pour les spécialistes transport‑logistique, l’enjeu est désormais de concilier performance et stabilité sociale pour préserver la fiabilité des flux e‑commerce dans les Hauts‑de‑France.






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