Hub logistique Roquette à Lestrem : quais de chargement, camions et ouvriers au petit matin
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Lestrem : comment Roquette veut désengorger les routes et abaisser ses émissions de CO2

projet logistique Lestrem : Roquette présente à Lestrem un plan global visant à réduire le trafic routier autour de son site et à diminuer les émissions de CO2 liées à ses flux logistiques. L’initiative s’inscrit dans la stratégie de décarbonation du groupe et répond à une double contrainte : désengorger les axes locaux et réduire l’empreinte carbone industrielle.

Un besoin local, une réponse industrielle

Le site de Lestrem, dans le Pas-de-Calais, est l’un des sites industriels importants de Roquette en France. L’annonce médiatisée par la presse régionale le 1er janvier 2026 décrit un programme d’optimisation des livraisons et de réorganisation des flux. La démarche vise à réduire la fréquence des mouvements routiers entrants et sortants, et à favoriser des solutions plus propres et plus efficaces.

Les leviers opérationnels du projet

Le plan détaillé par Roquette combine plusieurs leviers : mutualisation des livraisons, création de plateformes de consolidation, recours accru au ferroviaire et au fluvial lorsque possible, et optimisation des tournées via digitalisation. Ces leviers doivent permettre de réduire les kilomètres parcourus par camion et la consommation de carburant.

Consolidation et mutualisation

La consolidation passe par la création d’entrepôts tampons et par la négociation de rotations coordonnées avec les fournisseurs et transporteurs. L’objectif opérationnel affiché est une baisse notable du nombre de rotations hebdomadaires sur les axes locaux, via plannings alignés et chargements optimisés.

Basculer vers le multimodal

Roquette veut privilégier le multimodal : bascules rail-route et, quand c’est possible, exploitation de voies navigables régionales. Cette orientation s’appuie sur la stratégie régionale des Hauts-de-France, favorable au développement de liaisons ferroviaires et d’infrastructures logistiques, et sur des prestataires 3PL locaux prêts à proposer des solutions combinées.

Impacts attendus sur le trafic et les émissions

Le groupe indique que ce projet logistique Lestrem devrait réduire sensiblement les rotations routières autour du site et contribuer à la baisse des émissions de CO2 du périmètre logistique. Selon des sources sectorielles, des gains de l’ordre de 20 à 30 % sur les kilomètres parcourus sont visés pour certaines filières transport, ce qui se traduit par une réduction significative de la consommation carburant et des émissions associées.

Chiffres et objectifs de décarbonation

Dans le contexte national, Roquette a classé plusieurs de ses sites parmi les plus gros émetteurs qui ont des feuilles de route vers 2030. Des enquêtes industrielles récentes mentionnent des ordres de grandeur pour certains sites (dizaines de milliers de tonnes de CO2 à réduire). L’effort logistique représente une part non négligeable de ces réductions potentielles, complétant des mesures techniques telles que la centrale biomasse ou l’électrification des procédés.

Financement, calendrier et partenariats

Pour déployer un projet logistique de cette ampleur, Roquette devra mobiliser investissements et partenaires. Les modalités de financement pourront combiner fonds propres, aides publiques (programmation France 2030, CPER) et partenariats privés. La coordination avec les autorités locales (commune de Lestrem), les chambres consulaires et la région est essentielle pour accélérer l’accès au foncier logistique et aux liaisons multimodales.

Rôle des acteurs régionaux

La région Hauts-de-France et des structures comme Nord France Invest promeuvent activement la structuration d’infrastructures logistiques multimodales. Ces acteurs peuvent accompagner la mise en place d’aires de consolidation et la recherche d’opérateurs ferroviaires ou fluviaux capables d’intégrer les flux Roquette.

Conséquences pour les transporteurs et la chaîne d’approvisionnement

Pour les transporteurs, le projet impose une adaptation : planification plus stricte, utilisation de véhicules plus adaptés (grandes remorques, éco-camions) et intégration dans des tours multi-clients. Les prestataires logistiques qui proposeront des solutions de consolidation et de transport multimodal auront un avantage concurrentiel sur le territoire.

Impacts pour les PME locales

Les PME de transport locales sont invitées à se repositionner sur des offres de service à valeur ajoutée (consolidation, valorisation des retours, livraison « dernier kilomètre » propre) afin de rester intégrées à la chaîne. Des retombées en termes d’emploi logistique et d’activités de maintenance sont possibles si le projet se déploie à grande échelle.

Risques, freins et leviers d’accélération

Plusieurs risques pèsent sur l’ambition : disponibilité du foncier pour créer des hubs, attractivité financière des solutions multimodales, nécessité d’une coordination logistique entre acteurs disparates, et le calendrier des aides publiques. Pour lever ces freins, Roquette et les autorités régionales devront sécuriser des engagements financiers et contractuels avec des opérateurs ferroviaires et des prestataires 3PL.

Un besoin de subventions structurantes

Les projets lourds de décarbonation industrielle nécessitent souvent des aides ciblées. Des dispositifs tels que France 2030, le CPER, ou des appels à projets régionaux peuvent contribuer à couvrir une partie des frais d’adaptation logistique et d’investissement en infrastructures.

Comparaison avec d’autres initiatives industrielles

La stratégie logistique de Roquette à Lestrem s’inscrit dans une dynamique plus large : plusieurs grands sites industriels en France testent la mutualisation des flux et le passage au rail pour réduire leurs émissions. Des enquêtes récentes sur la décarbonation des sites industriels ont mis en lumière l’importance de rapprocher les solutions énergétiques (biomasse, électrification) et les optimisations logistiques pour atteindre les objectifs 2030 (Usine Nouvelle).

Éléments concrets déjà annoncés

La communication locale évoque le redéploiement des flux dans une logique de plateformes et d’horaires lissés afin de réduire les pics de circulation. Roquette a aussi indiqué vouloir renforcer ses échanges avec des prestataires ferroviaires et étudier des solutions de centre de consolidation sur des zones proches.

Vers une feuille de route partagée

Le succès du projet logistique Lestrem dépendra de la capacité des parties prenantes à construire une feuille de route partagée, avec jalons chiffrés et indicateurs de suivi (nombre de rotations évitées, tonnes-kilomètres économisées, réduction CO2). Un pilotage transparent permettra de mesurer l’impact réel sur le trafic routier et sur les émissions.

Indicateurs à suivre

  • Nombre de rotations hebdomadaires autour du site (cible : -20 à -30 % pour certaines catégories) ;
  • Km parcourus par tonne livrée ;
  • Part modale rail/route/fluvial ;
  • Tonnes de CO2 évitées annuellement.

Ce que cela signifie pour le territoire

Pour le territoire de Lestrem et les communes voisines, la diminution du trafic routier peut améliorer la qualité de vie (moins de nuisances sonores et de congestion) et réduire les risques d’usure des voiries. Sur le plan économique, le projet peut dynamiser le tissu logistique local si des opérateurs et prestataires s’installent pour répondre aux nouveaux besoins.

Sources et ressources complémentaires

Pour replacer cette initiative dans son contexte, il est utile de consulter les communiqués du groupe et les analyses sectorielles. Roquette publie régulièrement ses actualités et engagements sur son site institutionnel : actualités et communiqués Roquette. Des synthèses régionales sur la logistique en Hauts-de-France donnent aussi des éléments opérationnels pour les acteurs locaux (Nord France Invest – logistique).

Perspectives et prochaines étapes

À court terme, il faut s’attendre à des études complémentaires (études d’impact trafic, consultations d’opérateurs, phasage des investissements). À moyen terme, la concrétisation passera par la signature d’accords de partenariat et la mise en service progressive de plateformes de consolidation. Si le modèle fonctionne, il pourra servir d’exemple pour d’autres sites industriels de la région.

Un nouveau modèle logistique industriel en test

Le projet présenté à Lestrem illustre la nécessité pour l’industrie d’intégrer la dimension logistique dans ses stratégies de décarbonation. Au-delà des gains énergétiques immédiats, une réorganisation des flux peut générer des bénéfices économiques (moins de coûts de transport par tonne), environnementaux et sociaux. Le déploiement du projet logistique Lestrem mérite donc un suivi rapproché, à la fois pour mesurer ses résultats et pour capitaliser sur les enseignements à l’échelle régionale et nationale.

Pour en savoir plus

Article initial sur le sujet (presse locale) : reportage Nord Littoral. Analyse sectorielle sur la décarbonation des grands sites industriels : enquête Usine Nouvelle.

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