Vestack Langon figure désormais au premier plan des discussions autour de la réindustrialisation à Langon (Gironde). Après la conversion en liquidation judiciaire d’ADEMEURE fin 2025, la jeune entreprise a exprimé son intérêt pour occuper les bâtiments laissés vacants, y installer des unités de production et, potentiellement, reprendre une part du personnel local. Ce dossier combine enjeux industriels, logistiques (proximité fluviale) et sociaux pour le Sud‑Gironde.
Chapo : quelles opportunités sur l’ancien site ADEMEURE ?
Les anciens locaux d’ADEMEURE, ainsi que des hangars historiquement utilisés par Airbus, constituent une opportunité foncière et immobilière rare à Langon : surfaces couvertes, accès routiers et fluviaux, et proximité d’un bassin d’emplois. Vestack Langon envisage d’exploiter ces caractéristiques pour ouvrir de nouvelles chaînes de production à flux semi‑industriel, visant à réduire les délais et les coûts de fabrication pour le secteur de la construction hors‑site.
Contexte judiciaire et disponibilité des bâtiments
La procédure collective engagée contre ADEMEURE s’est soldée par une conversion en liquidation judiciaire à la fin de novembre 2025, avec publication au Bodacc début décembre 2025 et nomination d’un liquidateur judiciaire. Ces éléments conditionnent la disponibilité effective des actifs et le calendrier de toute cession ou location. Le repreneur devra donc négocier avec le mandataire judiciaire pour obtenir un bail ou une cession de patrimoine industriel.
Pour consulter l’extrait de la procédure collective relative à ADEMEURE, voir la fiche publique de procédure : fiche procédure ADEMEURE.
Qui est Vestack et quelle stratégie industrielle ?
Vestack est une entreprise active dans la construction hors‑site et la préfabrication en ossature bois et éléments modulaires. Depuis 2024–2025, elle multiplie les implantations industrielles pour monter en capacité et réduire les délais de livraison. Le modèle de Vestack repose sur l’industrialisation de flux (atelier, montage, logistique) et sur des partenariats commerciaux avec des réseaux de distributeurs et constructeurs.
Une présentation récente de ses projets d’usine montre que Vestack peut opérer des transferts rapides de production et intégrer des sites déjà équipés pour la manutention lourde, ce qui explique l’intérêt porté aux locaux d’Ademeure et aux hangars anciennement occupés par Airbus. Pour un panorama de ses développements industriels, voir le reportage sur l’implantation en Seine‑et‑Marne : article Usine Nouvelle.
Atouts logistiques du site de Langon
Le site de Langon offre plusieurs atouts logistiques : accès routier national (N524 et proximité A62), desserte fluviale via la Garonne et le canal des Deux Mers, et infrastructures portuaires légères. Ces facteurs sont précieux pour une entreprise qui veut réduire les coûts de transport et favoriser le report modal vers le fleuve pour la livraison de modules volumineux.
La préfecture et Voies Navigables de France avaient déjà envisagé, en 2021, la réutilisation des hangars d’Airbus à Langon pour des opérations industrielles et logistiques visant le report modal. Ce cadre institutionnel peut faciliter des aides, conventions ou aménagements nécessaires pour un nouvel occupant. Voir le communiqué de la préfecture sur les enjeux fluviaux et la reprise de site : communiqué préfecture Gironde.
Emploi : combien de postes concernés ?
Avant sa mise en liquidation, ADEMEURE employait un effectif estimé autour de 30 salariés sur le site de Langon. Les premières déclarations publiques autour du projet Vestack mentionnent une capacité à reprendre ou créer jusqu’à 30–40 emplois directs selon les scenarii d’implantation (unités de production, logistique, gestion de quai).
Pour un Directeur Industrie et Usine, ces ordres de grandeur représentent une opportunité de maintenir des compétences locales (menuiserie, préfabrication bois, manutention) et d’éviter la disparition d’une chaîne de sous‑traitance régionale. Les emplois indirects (transporteurs, fournisseurs locaux) peuvent aussi générer des retombées économiques locales significatives.
Enjeux financiers et aides publiques potentielles
Le projet pourrait s’inscrire dans les dispositifs de soutien à la réindustrialisation (fonds régionaux, crédits France 2030, aides à la relocalisation). Un repreneur industriel est fréquemment éligible à des aides pour la remise aux normes des bâtiments, la formation des salariés ou l’investissement en équipements. Il est donc pertinent d’anticiper une instruction de dossier auprès de la région Nouvelle‑Aquitaine et des services de l’État.
Un Directeur Industrie devra chiffrer : coûts de remise aux normes (installations électriques, incendie, traitement des sols), investissements d’outillage et aménagement d’aires logistiques, et calendrier de montée en puissance (généralement 6–18 mois pour une réindustrialisation complète selon l’état des bâtiments).
Contraintes techniques, juridiques et environnementales
Plusieurs verrous peuvent freiner une installation rapide : titularité foncière, conditions imposées par le liquidateur, éventuelles servitudes liées aux quais fluviaux, et conformité environnementale (pollutions historiques, normes ICPE si activités classées). L’état réel du bâti (toitures, charpentes, ponts roulants) doit être vérifié par des diagnostics techniques avant engagement.
Sur le plan réglementaire, la conversion de hangars industriels en ateliers de production nécessite souvent des démarches d’urbanisme (permis de construire ou déclaration préalable), ainsi que des études d’impact si le projet augmente les flux routiers ou fluviaux. Anticiper ces démarches permet d’éviter des retards de plusieurs mois.
Étapes attendues pour une reprise
- Accord avec le mandataire/liquidateur sur la cession ou le bail.
- Diagnostic technique et environnemental complet du site.
- Montage financier et demande d’aides publiques éventuelles.
- Réaménagement des ateliers et acquisition d’équipements (6–18 mois).
- Reprise progressive de l’activité et recrutement/formation du personnel local.
Impacts pour les sous‑traitants et la filière
La reprise partielle ou totale du site par Vestack Langon pourrait stabiliser les carnets de commande des sous‑traitants locaux (charpentiers, menuisiers, transporteurs), en restaurant un flux d’approvisionnement régulier. Pour la filière bois et construction modulaire, la disponibilité d’une unité de production supplémentaire en Gironde représenterait une consolidation du tissu industriel régional.
Points de vigilance pour un Directeur Industrie
Pour un DI, les priorités sont claires : maîtriser le calendrier juridique, valider l’état technique et la capacité d’extension, sécuriser les financements et anticiper le recrutement local. La qualité et la rapidité des diagnostics (structurel, électrique, environnemental) déterminent le coût réel de remise en service et la faisabilité économique du projet.
Il est recommandé d’engager simultanément des études de marché locales (demande en modules, débouchés régionaux) et des discussions avec les collectivités pour négocier d’éventuelles aides ou mesures d’accompagnement à l’emploi.
Sources et lectures complémentaires
Pour suivre l’évolution du dossier et vérifier les informations judiciaires à jour, la fiche de procédure collective d’ADEMEURE est consultable ici : procédure collective ADEMEURE. Un aperçu du positionnement industriel de Vestack est disponible dans un article de la presse spécialisée : article Usine Nouvelle sur Vestack. Enfin, le contexte institutionnel local sur la réutilisation des hangars Airbus est résumé dans un communiqué de la préfecture de Gironde : communiqué préfecture Gironde.
Prochaines étapes publiques du dossier
À court terme (semaines à 3 mois), il faut attendre : décision du mandataire sur l’offre de Vestack, publication d’un éventuel appel d’offres ou d’une cession, et annonces officielles de la part de la collectivité locale. À moyen terme (6–18 mois), un scénario de remise en route industrielle réaliste suppose une période de travaux et de mise en conformité avant la montée en cadence.
Ouverture sur d’autres pistes industrielles
Le cas de Langon illustre une dynamique plus large : des friches industrielles disponibles sont des opportunités pour des acteurs de la construction hors‑site et de la préfabrication à se rapprocher des marchés locaux. Pour un Directeur Industrie régional, ces opérations sont autant d’occasions d’optimiser les chaînes logistiques, de mutualiser des investissements et de renforcer la résilience des filières locales.
En synthèse : le projet de Vestack Langon sur les anciens locaux d’ADEMEURE et des hangars Airbus est une opportunité tangible de réindustrialisation locale, potentiellement créatrice de 30–40 emplois directs. Le succès dépendra du calendrier judiciaire, des diagnostics techniques, du montage financier et de la capacité à mobiliser aides et partenaires locaux.






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