Macro & marchés — ce qu’un DAF doit suivre doit être au coeur de la feuille de route des directions financières en ce début d’année 2026. Entre la dynamique boursière européenne de la première quinzaine de janvier, les signaux d’inflation en France, la lecture du CPI américain et la communication prudente de la BCE, plusieurs paramètres macroéconomiques exigent des arbitrages rapides sur la trésorerie, les couvertures de taux et la gestion du poste clients. Ce briefing synthétique couvre la période 20 décembre 2025 → 14 janvier 2026 et met en perspective les décisions opérationnelles pour une entreprise basée en Nouvelle‑Aquitaine.
1. Récapitulatif des faits marquants (20 déc.2025 → 14 janv.2026)
Sur la fenêtre analysée, les places européennes ont connu une relativité favorable : le STOXX 600 a progressé fin de période et les secteurs utilities et santé ont surperformé, soutenus notamment par des adjudications d’éolien offshore au Royaume‑Uni qui ont profité à des acteurs comme RWE et SSE. Le contexte a été amplifié par des publications d’entreprises et des résultats financiers qui ont créé des mouvements sectoriels marqués.
La source de cette séquence est notamment couverte par Reuters : European shares : RWE et SSE profitent d’une adjudication offshore (14/01/2026).
2. Inflation et prix : France et zone euro
Pour la France, l’estimation provisoire de l’INSEE pour décembre 2025 montre une inflation annuelle contenue autour de +0,8% (HICP ~+0,7%). Cette décélération s’explique principalement par la baisse des prix de l’énergie, qui pèse fortement sur l’inflation globale. Les entreprises françaises voient ainsi une détente des coûts énergétiques, mais doivent rester vigilantes sur les coûts salariaux et les renégociations contractuelles prévues en 2026.
Source INSEE : données INSEE sur l’inflation (déc. 2025).
Implications opérationnelles pour la Nouvelle‑Aquitaine
Dans la région, secteurs sensibles (agroalimentaire, viticulture, industrie manufacturière) bénéficient d’un coût énergie plus bas, mais doivent anticiper des variations locales sur les intrants, le transport et l’emballage. Les directions financières doivent adapter les prévisions de marge par famille de coûts et recalibrer les provisions pour indexation salariale si les discussions sociales s’intensifient au printemps.
3. États‑Unis : CPI décembre 2025 et conséquences globales
Le Bureau of Labor Statistics (BLS) a publié le CPI de décembre 2025 le 13 janvier : +0,3% sur le mois et +2,7% sur un an, avec un core CPI (hors alimentation et énergie) modéré. Cette lecture a relancé les anticipations d’un cycle de détente monétaire du Federal Reserve Board en 2026, ce qui a entraîné une baisse des rendements souverains et un léger regain d’appétit pour les actifs risqués.
Source BLS : CPI décembre 2025 (BLS).
Que retenir pour les DAF ?
Les signaux US pèsent sur la courbe des taux globale : une baisse attendue des taux directeurs par le Fed diminue la pression sur les coûts de refinancement à l’international. Pour une PME ou ETI en Nouvelle‑Aquitaine ayant une dette en dollars ou des clients américains, il est crucial d’évaluer l’exposition au change et de renégocier le coût des lignes de crédit si l’environnement de taux le permet.
4. Politique monétaire européenne : posture de la BCE
La Banque centrale européenne a maintenu une approche data‑dependent : les responsables, dont Alvaro Santos Pereira, ont indiqué que la politique monétaire « a fait son travail » et qu’il n’y a pas d’impulsion automatique à changer les taux si l’inflation reste proche de l’objectif. Cela signifie un maintien d’une communication prudente et une lecture au cas par cas des indicateurs d’inflation et d’activité.
Pour approfondir, voir l’entretien : réaction de Santos Pereira (Reuters).
Conséquences pratiques
En zone euro, la probabilité d’un changement rapide des taux paraît limitée : les DAF doivent donc favoriser une stratégie de liquidité prudente, sans pour autant renoncer à profiter d’opportunités de refinancement si elles apparaissent (prolongation de lignes, swaps taux avantageux). Les calendriers de refinancement 2026 doivent être testés sur plusieurs scénarios macro.
5. Marchés financiers : actions et obligations
La période a vu une rotation sectorielle notable : utilities et santé ont surperformé en Europe, tandis que les banques et les valeurs cycliques ont affiché une plus grande dispersion liée aux résultats. Le recul des rendements souverains après la lecture CPI a amélioré l’attractivité des titres à duration longue.
Impact sur la trésorerie et la gestion du risque
- Positions taux : envisager des couvertures si une hausse durable des taux réapparaît ; rester flexible si le marché confirme la trajectoire baissière.
- Placement de trésorerie : arbitrer entre liquidités courtes et opportunités obligataires longues selon profil de risque.
- Actions et exposition pays : réévaluer l’exposition aux secteurs cycliques et exporter vers des lignes défensives si la visibilité macro se réduit.
6. Scénarios macroéconomiques et recommandations chiffrées
Pour structurer la stratégie 2026, voici trois scénarios synthétiques (hypothèses pour plan d’action) basés sur l’information publique et les projections courantes :
- Scénario central : inflation France ≈ 1% en 2026 ; BCE stable ; Fed amorce des baisses graduelles ; croissance française ~1,0–1,3%. Actions : maintenir réserves de liquidité couvrant 3–6 mois d’exploitation, réviser lignes de crédits à coût fixe si possible.
- Scénario favorable : inflation <1% et activité en hausse ; baisse des taux réelles ; refinancer à moindre coût. Actions : étendre investissements productifs, saisir opportunités M&A ciblées.
- Scénario tendu : remontée imprévue des prix des matières premières / tensions salariales ; nécessité d’ajuster marges et prix de vente. Actions : activer clauses d’indexation, renforcer contrôle coûts, test de stress du BFR sur 6–12 mois.
La Banque de France propose des projections macro utiles pour calibrer ces scénarios : projections macro (déc. 2025).
7. Priorités opérationnelles pour un DAF en Nouvelle‑Aquitaine
Sur la base des éléments ci‑dessous, voici un plan d’action opérationnel à court terme (30–90 jours) :
- Revue des maturités : cartographier les échéances de dette 2026–2027 et prioriser le refinancement à taux fixe si les spreads sont attractifs.
- Gestion du BFR : accélérer les relances clients stratégiques, revoir conditions commerciales sur segments peu rentables, sécuriser fournisseurs critiques via contrats cadres.
- Couverture change : pour les acteurs exportateurs (aéronautique, vins, produits agro) couvrir les flux USD/EUR et tester solutions options si exposition significative.
- Plan de trésorerie : maintenir cushion de liquidité 3–6 mois et scénariser impact de ±100–200 pb sur coût moyen de la dette.
- Reporting : livrer au comité de direction un dashboard mensuel intégrant inflations, taux courts/longs, prix matières et risques clients majeurs.
Outils et KPIs à suivre
KPIs recommandés : évolution du BFR en jours, coût moyen pondéré de la dette (CMPC), couverture de trésorerie en mois, sensibilité marge à ±1 point d’inflation, exposition nette FX en % du CA.
8. Impacts sectoriels régionaux (Nouvelle‑Aquitaine)
La Nouvelle‑Aquitaine affiche une économie diversifiée : agroalimentaire, viticulture, nautisme, logistique portuaire (Bassin d’Arcachon, La Rochelle), et des fournisseurs pour l’aéronautique. Les effets de la période étudiée se déclinent ainsi :
- Aéronautique / hautes technologies : sensibilité au cycle export et aux taux de change ; opportunité de refinancements en cas de baisse des coûts de crédit.
- Viticulture / agro : bénéfice potentiel d’une baisse des coûts énergétiques ; attention aux coûts du fret et des matériaux d’emballage.
- Énergie / offshore : l’adjudication d’éolien offshore au RU illustre une dynamique de la filière maritime et des services liés aux parcs ; opportunités pour les fournisseurs locaux (pièces, maintenance, logistique portuaire).
9. Sources utiles et poursuite de la veille
Pour un suivi opérationnel, consulter régulièrement les publications officielles et la presse économique :
- Article Reuters sur la performance européenne et l’appel d’offres offshore
- Estimation provisoire INSEE (inflation déc. 2025)
- CPI US (BLS) — décembre 2025
- Projections macro Banque de France (déc. 2025)
10. Pistes décisionnelles pour janvier 2026
En synthèse, Macro & marchés — ce qu’un DAF doit suivre impose trois priorités immédiates : sécuriser les liquidités à court terme, tester les scénarios de taux et d’inflation sur les marges, et revoir les couvertures FX pour les activités exportatrices. Ces actions, combinées à un suivi des publications INSEE/CPI et des communications de la BCE, permettront d’ajuster la stratégie financière régionale et d’anticiper les opportunités de refinancement ou d’investissement dès que le marché clarifiera la trajectoire des taux.
Pour une application pratique, lancer dès maintenant un exercice de stress sur 3 scénarios (central, favorable, tendu) et prioriser les actions listées en section 7. Les DAF de Nouvelle‑Aquitaine qui entameront ces revues en janvier pourront mieux piloter la performance et la résilience de leurs entreprises pour le reste de l’année.






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