Movima Mont-de-Marsan entre en service pour rapprocher le transport en commun des habitants : le nouveau dispositif de transport à la demande propose une desserte porte‑à‑porte sur l’ensemble des 18 communes de l’agglomération. Lancé début janvier 2026, Movima combine une refonte du réseau, des services dédiés (proximité, horaires décalés, confort+) et une flotte annoncée « sans diesel » pour faciliter les déplacements quotidiens et réduire l’exclusion mobilité.
Pourquoi Movima ? Contexte et objectifs
Mont‑de‑Marsan Agglomération, territoire d’environ 54 000 à 56 000 habitants, fait face aux enjeux classiques des territoires périurbains : faible densité, éloignement des services, et besoins de mobilité diversifiés en horaires. Movima répond à trois priorités : améliorer l’accessibilité, décarboner la flotte et numériser les services. L’opérateur retenu est Transdev, qui exploite l’offre sous la marque Movima dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public.
Architecture de l’offre : trois services à la demande
Le déploiement de Movima s’appuie sur trois volets distincts, conçus pour adapter l’offre au profil des usagers :
- movi.proxi : service de proximité pour les habitants situés à plus de 500 m d’un arrêt traditionnel, avec prise en charge à proximité ou au pas‑de‑porte selon le cas.
- movi.actifs : plages horaires dédiées aux horaires décalés (matin très tôt et soirées) pour les travailleurs, avec courses groupées et correspondances vers les pôles d’emploi.
- movi.confort+ : TAD renforcé pour les personnes à mobilité réduite, offrant un service porte‑à‑porte adapté et sécurisé.
Ces trois briques visent à couvrir l’ensemble du spectre des besoins : du déplacement occasionnel au trajet domicile‑travail, en insistant sur l’inclusion sociale.
Fonctionnement opérationnel et outils numériques
La réservation se fait via une plateforme dédiée et une application mobile. Les voyageurs peuvent réserver en ligne 24/7, recevoir une confirmation par SMS ou e‑mail, et suivre l’arrivée du véhicule en temps réel. Le système technique est assuré par des solutions spécialisées (Cityway / Manett) et vise l’interopérabilité avec les outils régionaux comme l’application de réservation Movima et les calculateurs d’itinéraires nationaux grâce à la publication des données GTFS.
Digitalisation et accessibilité
La numérisation permet une optimisation dynamique des tournées et une meilleure utilisation des véhicules. En parallèle, des voies de réservation téléphonique restent ouvertes pour les publics peu numériques afin d’éviter l’exclusion numérique.
Horaires, tarification et couverture
Movima a communiqué des plages d’exploitation claires : movi.proxi et movi.confort+ fonctionnent du lundi au samedi de 7h à 19h, tandis que movi.actifs couvre les créneaux matin très tôt et soirée (approximativement 5h–7h et 19h–22h). Le service est proposé aux mêmes tarifs que les lignes du réseau urbain existant, afin d’assurer une cohérence tarifaire et de simplifier l’accès pour les usagers.
La couverture opérationnelle vise les 18 communes de l’agglomération. Pour la planification territoriale et l’intégration, les données du réseau MOVIMA sont publiées dans l’agrégat GTFS de Nouvelle‑Aquitaine, ce qui facilite les usages par des tiers (collectivités, entreprises, plateformes MaaS).
La flotte : zéro diesel annoncé
L’une des annonces fortes est l’engagement à un parc « sans diesel », reposant sur un mix énergétique : biocarburant HVO pour certains véhicules et motorisation électrique pour d’autres. Cette orientation répond aux objectifs de décarbonation nationale et régionale et permet une réduction significative des émissions directes de CO2 et de particules fines sur le territoire.
Impacts concrets sur l’exploitation
Passer à une flotte mixte implique des investissements en borne de recharge, en approvisionnement HVO et en formation des équipes. À court terme, cela peut générer des coûts unitaires plus élevés, mais améliore l’empreinte carbone et l’image publique du service. Les collectivités locales peuvent aussi bénéficier de subventions et de crédits liés à la transition énergétique.
Emplois, gouvernance et acteurs locaux
Le lancement a mobilisé un recrutement local de chauffeurs et d’agents de supervision. Transdev a annoncé l’implication d’équipes opérationnelles locales et la mise en place d’une gouvernance incluant élus, salariés et usagers pour piloter la qualité de service. Cette approche collaborative vise à maintenir un haut niveau de conformité aux attentes des habitants.
Pour plus de détails institutionnels, l’annonce du renouvellement contractuel et des modalités de partenariat est consultable sur le site de l’opérateur Transdev Mont‑de‑Marsan.
Enjeux logistiques et coûts pour le territoire
La mise en place de Movima représente un arbitrage financier et opérationnel pour Mont‑de‑Marsan Agglomération. La question du coût moyen par course, de la fréquentation nécessaire pour atteindre un seuil d’équilibre, et de la prise en charge des charges fixes (stations de recharge, maintenance HVO) sont centrales. Dans les territoires comparables, le coût unitaire d’un TAD porte‑à‑porte peut être supérieur au coût du bus en ligne, mais il satisfait un objectif social fort : réduire l’isolement et garantir l’accès aux services.
Indicateurs à suivre
- Taux d’utilisation quotidien et part modale du TAD dans les zones ciblées.
- Coût moyen par course et coût net pour la collectivité après subventions.
- Taux de satisfaction usager et nombre de réservations via l’application versus téléphone.
Impacts attendus sur l’économie locale
Pour le secteur logistique et des transports, Movima peut modifier les dynamiques : meilleure mobilité facilite l’accès à l’emploi pour les salariés des zones d’activité, réduit l’absentéisme et élargit le bassin d’emploi. À horizon 12–24 mois, une hausse modérée des déplacements quotidiens est probable si l’offre est bien calibrée et promue.
Expériences comparables et bonnes pratiques
Des territoires ruraux et périurbains en France ont acté des solutions similaires : TAD couplé à des lignes structurantes, tarification unique et digitalisation des réservations. Les retours d’expérience montrent que la réussite passe par une communication active, des partenariats avec les employeurs locaux et une tarification claire.
Points de vigilance
Plusieurs risques méritent attention : la sous‑utilisation des créneaux décalés, des temps d’attente trop longs si l’algorithme n’est pas correctement paramétré, et la fracture numérique pour certains usagers. Mont‑de‑Marsan Agglomération devra suivre des indicateurs de performance et maintenir des canaux de réservation alternatifs.
Ressources et documentation
Pour les professionnels du transport et de la logistique souhaitant exploiter ou corréler ces données, les jeux GTFS publiés et la documentation technique sont disponibles via la plate‑forme régionale et nationales, permettant l’intégration dans des outils métiers. Voir la ressource GTFS publiée sur transport.data.gouv.fr.
Perspectives pour la mobilité locale
Movima représente une étape importante dans la transformation de la mobilité du Marsan : en combinant transport à la demande, flotte décarbonée et outils numériques, la collectivité entend réduire l’exclusion mobilité et favoriser l’accès à l’emploi et aux services. Le succès dépendra des indicateurs d’usage, de la qualité opérationnelle, et de l’adaptation continue aux besoins locaux. Dans les prochains 12 mois, le suivi des taux d’utilisation, de la satisfaction usager et de la performance énergétique fournira des éléments concrets pour ajuster l’offre.
Sources et informations complémentaires : annonce opérateur et détails de l’offre sur le site de Transdev, fiche réseau Movima et modalités pratiques sur le site du réseau Bustma / Movima, plateforme de réservation Movima réservation et données GTFS sur transport.data.gouv.fr.






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