Sommet Aéronautique & Spatial Bordeaux Métropole : la journée du 25 novembre 2025 a réuni à Mérignac dirigeants industriels, institutionnels et start‑ups pour discuter de la croissance, de la décarbonation et de la compétitivité des filières aéronautique et spatiale en Nouvelle‑Aquitaine. L’événement a mis en exergue trois priorités : la transition bas‑carbone (dont la production de SAF), la montée en cadence des industriels et la nécessaire souveraineté industrielle pour les activités spatiales et de défense.
Un événement territorial pour peser dans la chaîne de valeur
Organisé le 25 novembre 2025 au Cockpit – Bordeaux Technowest, le sommet a rassemblé près de 200 acteurs (entreprises, centres de recherche, collectivités) autour d’ateliers et de tables rondes. Selon les intervenants, la filière aéronautique et spatiale pèse gros en région : environ 20 000 emplois en Gironde et près de 2 Md€ de chiffre d’affaires pour la métropole bordelaise, selon les chiffres cités au cours des sessions. Ces données confirment le rôle stratégique de la métropole dans l’écosystème national, au sein duquel Aerospace Valley apparaît comme un partenaire clé pour l’innovation.
Acteurs et partenariats
Le sommet, soutenu par des structures comme l’Association AEA – annonce officielle de l’événement et organisé localement depuis Bordeaux Technowest, a favorisé la confrontation entre PME/TPE, grands donneurs d’ordre et financeurs. Plusieurs interventions ont mis l’accent sur la nécessité d’améliorer la coordination entre acteurs publics et privés pour transformer les promesses technologiques en capacités industrielles.
Décarbonation : production de SAF et solutions industrielles
La réduction des émissions est devenue l’axe central des feuilles de route présentées. Les débats ont insisté sur la double nécessité de réduire l’empreinte des processus industriels et d’accélérer la production locale de SAF (carburants d’aviation durables). Les intervenants ont rappelé que la substitution progressive des carburants fossiles par des SAF nécessite des investissements massifs : l’ordre de grandeur évoqué pour la montée en puissance nationale est de plusieurs centaines de millions d’euros d’ici 2030 pour atteindre des capacités industrielles significatives.
Chiffres et objectifs
Pour atteindre les cibles européennes, la filière vise des taux d’incorporation progressivement élevés : la réglementation européenne prévoit des paliers qui pourraient porter la part de SAF à plusieurs pourcents du carburant consommé d’ici 2030, impliquant la création d’unités de production et une chaîne d’approvisionnement traiteable à l’échelle régionale. Les industriels présents ont plaidé pour des mécanismes d’aide ciblés afin d’amortir les coûts initiaux de conversion.
Souveraineté industrielle et enjeux du spatial
La table ronde dédiée au spatial a souligné la montée des enjeux de souveraineté : protection des actifs en orbite, capacités de propulsion et production de composants sensibles. Des acteurs comme Agena Space et des représentants d’ArianeGroup ont alerté sur le besoin d’investissements pour renforcer les capacités nationales et régionales en matière de propulsion, de tests et d’intégration.
Startups, défense et export
Les jeunes entreprises spatiales de Nouvelle‑Aquitaine rencontrent des opportunités fortes mais aussi des barrières : classification « matériel de guerre » pour certaines technologies anti‑drone, contraintes d’export et validation des chaînes d’approvisionnement. Le sommet a rappelé la nécessité d’accompagner ces entreprises par des instruments financiers et un cadre réglementaire adapté afin de favoriser les levées de fonds et l’internationalisation.
Montée en cadence : sous‑traitance, PME et compétences
La montée en cadence industrielle — capacité à produire plus vite et à plus grande échelle — exige une industrialisation des chaines logistiques régionales. Les intervenants ont insisté sur le rôle central des PME et sous‑traitants : sécuriser leur montée en compétences et leur capacité d’investissement est une condition sine qua non pour maintenir la compétitivité du territoire.
Formation et attractivité des métiers
Le manque de profils qualifiés constitue un frein identifié. Les propositions concrètes évoquées au sommet incluaient : renforcement des formations techniques locales, développement de cursus en apprentissage, et campagnes d’attractivité visant à capter des talents nationaux et internationaux. Les représentants des collectivités ont confirmé l’engagement pour soutenir des dispositifs formation‑emploi ciblés.
Financement : arbitrages publics et privés
L’une des tensions récurrentes mise en lumière concerne l’affectation des ressources publiques entre décarbonation (SAF, procédés bas carbone) et souveraineté/défense (spatial, matériels sensibles). Les intervenants ont noté que sans une vision partagée et des instruments financiers innovants, la concurrence d’usage des fonds pourrait retarder des projets prioritaires.
Mécanismes proposés
- Fonds de coopération public‑privé pour la production de SAF et l’électrification des procédés.
- Mécanismes d’avance remboursable pour accélérer l’industrialisation des startups du spatial.
- Programmes régionaux de soutien à la modernisation des ateliers de sous‑traitance.
Des acteurs sectoriels comme le GIFAS – communiqués ont rappelé l’importance de coordonnées nationales pour éviter les effets d’aubaine ou les doublons.
Obstacles réglementaires et internationaux
Plusieurs intervenants ont pointé des freins réglementaires : classification de certaines technologies sensibles, délais d’homologation et barrières à l’export. Ces contraintes sont particulièrement saillantes pour les acteurs spatiaux et anti‑drone qui peinent parfois à lever des fonds ou trouver des marchés à l’export.
Impact régional et opportunités pour la Nouvelle‑Aquitaine
À court et moyen terme, le sommet a servi de catalyseur pour définir des priorités régionales : renforcer les capacités de production de SAF sur le territoire, sécuriser les chaînes d’approvisionnement via la montée en compétences des PME, et créer des passerelles entre recherche et industrie. Les retombées attendues incluent la création et la consolidation de milliers d’emplois qualifiés et l’attraction d’investissements industriels sur la métropole.
Rôle des collectivités
Bordeaux Métropole et la Préfecture ont réaffirmé leur volonté d’accompagner les projets structurants par des partenariats public‑privé et des zones industrielles adaptées aux besoins des intégrateurs aéronautiques et spatiaux. Les acteurs locaux ont souligné la nécessité d’une feuille de route partagée pour 2026‑2030, intégrant objectifs de décarbonation et sécurité industrielle.
Le sommet a également renvoyé vers des ressources et comptes rendus pour approfondir les échanges : le site de l’événement propose une page « Revivez l’événement » et des restitutions détaillées, utile pour les décideurs souhaitant consulter les interventions summit – restitutions et programme. Les acteurs nationaux et régionaux sont invités à coordonner leurs actions, notamment via des clusters comme Aerospace Valley – pôle de compétitivité, pour convertir les annonces en déploiements industriels.
Perspectives et suites attendues
Le bilan du Sommet Aéronautique & Spatial Bordeaux Métropole du 25 novembre 2025 est clair : la région dispose d’atouts industriels et humains, mais la réussite de la transition (décarbonation) et de la souveraineté (spatial et défense) dépendra d’arbitrages financiers, d’un meilleur cadre réglementaire et d’un effort massif en formation. Les prochaines étapes attendues incluent des feuilles de route opérationnelles, des appels à projets ciblés et la signature de partenariats locaux pour lancer des démonstrateurs industriels d’ici 2026.
Lire aussi : pour consulter le programme complet et les listes d’intervenants, la page de l’association organisatrice fournit le récapitulatif officiel Annonce AEA – Sommet 25/11/2025.






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