Cabinet médical fermé en Occitanie, patients et personnels rassemblés à l'entrée
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Grève des libéraux : le panorama en Occitanie et les clés RH pour faire face

Grève des médecins libéraux Occitanie : début janvier 2026, la mobilisation nationale des praticiens a entraîné des fermetures partielles de cabinets, des réquisitions administratives et l’activation de dispositifs de crise dans plusieurs établissements régionaux. Pour les directions des ressources humaines du secteur santé, cette séquence a posé des enjeux concrets : maintien de la continuité des soins, gestion des tensions sociales et planification du rattrapage d’activité.

Contexte national et déclenchement du mouvement

Le mouvement a été lancé au niveau national début janvier 2026, en réaction à des mesures gouvernementales perçues comme contraires aux garanties attendues par les praticiens libéraux. En Occitanie, comme ailleurs, la mobilisation a pris la forme de fermetures totales ou partielles de cabinets, d’absences sur des vacations et d’actions symboliques, puis d’une journée de manifestation nationale. Les autorités ont mobilisé les préfectures et les agences régionales de santé pour préserver la permanence des soins.

Sur le plan chiffré, des acteurs nationaux ont estimé à l’échelle française près de 100 000 interventions reportées sur la période la plus tendue, tandis que les réquisitions ordonnées par les ARS et préfectures concernaient plusieurs milliers de spécialistes entre le 10 et le 14 janvier. Ces chiffres traduisent l’ampleur des perturbations et l’impact immédiat sur les organisations hospitalières et cliniques privées.

Impact sur l’accès aux soins en Occitanie

Afflux aux urgences et tension sur les services

Les établissements régionaux ont constaté une hausse de la fréquentation des urgences : plusieurs structures ont rapporté des pics de passage supérieurs de 20 à 35 % par rapport aux semaines précédentes. CHU et centres hospitaliers urbains ont dû adapter les organisations internes et prioriser les prises en charge. Dans ce contexte, certains établissements ont activé leur plan « hôpital en tension » ou plan blanc, mobilisant équipes, lits et ressources logistiques.

Déprogrammations et backlog chirurgical

La cessation d’activité ou la réduction d’activité des praticiens libéraux a provoqué une interruption significative de la chirurgie programmée, particulièrement dans le privé. Les estimations nationales font état d’un volume d’opérations reportées autour de 100 000 actes sur la fenêtre la plus critique, générant un arriéré nécessitant un plan de rattrapage coordonné entre établissements publics et cliniques.

Conséquences RH : tensions sociales et continuité de service

Pour les DRH, le mouvement a produit plusieurs conséquences opérationnelles :

  • réquisition et gestion juridique des remplacements ;
  • réorganisation des plannings et astreintes ;
  • gestion du stress et des risques psycho-sociaux chez le personnel infirmier et les administratifs confrontés à l’afflux ;
  • nécessité d’un cadrage clair des communications internes et externes.

La mobilisation administrative (réquisitions) a notamment exigé des directions la tenue de registres précis, le suivi des actes réalisés par des praticiens réquisitionnés et la coordination avec les services juridiques. Les DRH ont aussi dû arbitrer entre recours à des vacations supplémentaires, report de congés, et demandes de renforts externes pour limiter la fatigue des équipes.

Risques juridiques et contractuels

Les réquisitions, lorsqu’elles sont ordonnées par la préfecture, modifient le cadre contractuel et la responsabilité organisationnelle. Les DRH ont dû s’assurer de la conformité des décisions (ordres de réquisition, notification aux praticiens), et anticiper d’éventuelles contestations. La documentation des motifs et des modalités d’application est un point clé pour sécuriser l’action publique et la gestion des ressources humaines.

Mesures prises par les autorités et établissements (exemples concrets)

Plusieurs actions ont été déployées simultanément pour limiter la rupture de soins :

  • ordres de réquisition pour assurer la permanence des soins dans les cliniques et certains services spécialisés ;
  • activation des plans blancs ou plans d’urgence hospitaliers pour redistribuer les moyens ;
  • mise en place de cellules de crise RH pour suivre l’absentéisme, organiser des remplacements et gérer la communication.

Pour suivre ces événements et leurs effets régionaux, le portrait quotidien a été établi par des sources locales et nationales : le panorama régional a été détaillé dans l’article d’origine sur Médecin Occitanie, tandis que des reportages et chiffres sur la déprogrammation chirurgicale ont été publiés par la presse régionale et nationale, par exemple Centre Presse et des synthèses par des organisations professionnelles.

Recommandations pratiques pour les DRH

À partir des enseignements de la crise, voici un plan d’action pragmatique à portée immédiate pour les directions RH des établissements de santé :

1. Cartographier les risques et prioriser les activités

Établir une cartographie des activités critiques (urgences, blocs, maternité, réanimation) et définir des paliers d’alerte. Prioriser les interventions en s’appuyant sur des données d’activité quotidiennes et des seuils préalablement définis.

2. Structurer une cellule RH de crise

Mettre en place une cellule pluridisciplinaire (RH, juridique, direction médicale, communication) avec des points de décision rapides. Cette cellule doit disposer d’un tableau de bord en temps réel des effectifs, des variations d’absentéisme et des besoins en renforts.

3. Sécuriser les dispositifs de réquisition et communication juridique

Travailler en lien étroit avec le service juridique pour vérifier la validité des ordres de réquisition et préparer la documentation nécessaire. Préparer des éléments de langage pour les praticiens réquisitionnés, ainsi que pour les équipes hospitalières impactées.

4. Anticiper le rattrapage d’activité

Planifier dès la phase d’apaisement un calendrier de rattrapage chirurgical et médical. Définir des indicateurs de priorité (délai médicalement acceptable, fragilité du patient, durée d’attente) et organiser des plages dédiées au rattrapage en soirée ou week-end si nécessaire.

5. Prendre en charge la dimension humaine

Déployer des actions ciblées pour limiter l’épuisement professionnel : rééchelonnement des vacations, soutien psychologique, espaces de parole, et reconnaissance institutionnelle des efforts fournis. Assurer une communication transparente pour réduire les rumeurs internes.

Outils et ressources opérationnelles

Plusieurs ressources peuvent aider les DRH à structurer leur réponse :

  • protocoles de continuité d’activité et modèles de plan blanc ;
  • modèles de lettres et procédures pour la gestion des réquisitions (à archiver) ;
  • tableaux de bord RH (indicateurs : taux d’absentéisme journalier, nombres d’actes reportés, taux d’occupation des lits, temps moyen d’attente aux urgences) ;
  • outils de concertation sociale pour préparer des négociations locales post-crise.

Pour des données et analyses complémentaires sur la chronologie et l’ampleur des perturbations, lire la synthèse de l’activation des réquisitions et le suivi national sur la gestion de la crise via des organismes professionnels et comptes rendus parlementaires, notamment la couverture faite par le Sénat et des communiqués d’organisations professionnelles détaillant le nombre de spécialistes réquisitionnés.

Impacts financiers et organisationnels à moyen terme

La suspension partielle ou totale d’activité en ville et en clinique entraîne des pertes de recettes pour les praticiens et les établissements, auxquelles s’ajoutent des coûts opérationnels de rattrapage (heures supplémentaires, vacations, renforts). Les DRH devront intégrer ces postes dans les prochains cycles budgétaires et négociations locales, en lien avec les directions financières et les tutelles.

Perspectives et points de vigilance pour les semaines à venir

La mobilisation a été suspendue le 19 janvier 2026 après des engagements ministériels ; toutefois, la reprise normale des activités exigera un suivi précis. Les DRH doivent rester vigilants sur plusieurs points : le respect effectif des engagements gouvernementaux, la planification du rattrapage, le suivi des indicateurs de qualité et de sécurité des soins et la restauration du dialogue social. Une évaluation post-crise formalisée, incluant bilan RH, juridique et médical, s’impose pour tirer des leçons et améliorer les dispositifs de résilience.

Pour approfondir les impacts locaux et les retours d’expérience d’établissements occitans, consultez notamment l’article régional de Médecin Occitanie et l’analyse des conséquences chirurgicales publiées par la presse régionale (Centre Presse).

Suite de la trajectoire : la gestion des séquelles organisationnelles et sociales imposera des arbitrages locaux, une vigilance sur la qualité de vie au travail et une capacité accrue de coordination entre établissements publics et privés. Les DRH qui anticiperont ces chantiers disposeront d’un avantage décisif pour garantir la continuité des soins et préserver la sécurité des patients.

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