Vue panoramique du port de Marseille‑Fos avec chantier de pose de rails de tramway, grues, navire de charge et installations industrielles en arrière‑plan
, ,

2026 : pourquoi l’année sera décisive pour l’industrie et les transports en PACA

industrie et transports en Provence-Alpes-Côte d’Azur : 2026 s’annonce comme une année charnière pour la région. Le calendrier 2026 met en mouvement des chantiers urbains, des investissements portuaires et des méga‑projets industriels autour de la réindustrialisation et de la décarbonation. Entre lancements de travaux, livraisons d’infrastructures et premières tranches industrielles, les prochains mois devraient décider du rythme de transition énergétique et logistique pour la décennie à venir.

Un contexte régional favorable mais exigeant

La Provence‑Alpes‑Côte d’Azur concentre depuis 2024–2025 plusieurs dossiers industriels d’envergure : production d’hydrogène renouvelable, unités de carburants synthétiques, modernisation portuaire et extensions de réseaux de transports urbains. Ces dossiers se greffent aux objectifs nationaux du Plan France 2030 et à des enjeux locaux de compétitivité. Pour la région, 2026 est d’abord une année de bascule opérationnelle : certains projets entrent en phase chantier, d’autres concrétisent des premières commandes et calendriers.

Le port de Marseille‑Fos : hub de la décarbonation et de la logistique

Le Grand port maritime de Marseille‑Fos (GPMM) joue un rôle central. Le port vise l’électrification des postes à quai à 100 % d’ici 2028, chiffrée à environ 220 M€ pour la connexion électrique des navires (programme CENAQ). En 2026, des marchés de travaux et des études de raccordement vont entrer en phase active pour équiper les postes prioritaires et tester les dispositifs. Le GPMM poursuit aussi la modernisation des dessertes ferroviaires pour augmenter le report modal du transport de fret : le port annonce une progression marquée du fret rail ces cinq dernières années, avec des investissements logistiques dédiés.

Projets hydrogène et e‑carburants autour de Fos

Autour de la zone industrialo‑portuaire de Fos, plusieurs projets hydrogène sont contemporains et complémentaires. Le projet H2V FOS prévoit une production initiale importante (jusqu’à 600 MW en plusieurs tranches), un investissement estimé à ~750 M€ et une capacité cible pouvant atteindre ~84 000 t H2/an à terme. Des partenariats avec des groupes comme TotalEnergies ou Air Liquide et des initiatives locales soutiennent aussi des unités de production pour la bioraffinerie et la production d’e‑carburants. En 2026, plusieurs permis et premières phases de construction sont planifiés.

Transports urbains : Marseille en chantier

Sur l’agglomération marseillaise, l’année 2026 marque le démarrage de travaux structurants pour la mobilité quotidienne. Le programme d’extension du tramway Marseille prévoit des prolongements nord et sud, avec des premiers coups de pelle programmés début 2026 et la livraison progressive des sections. La métropole a aussi engagé la commande de rames supplémentaires (environ 15 rames pour accompagner les nouvelles lignes) et une réorganisation du réseau de bus pour améliorer la performance opérationnelle et l’intermodalité.

Impacts attendus sur la mobilité et l’économie locale

L’extension du tramway et la modernisation des dessertes devraient réduire les temps de trajet, augmenter la fréquentation des transports en commun et faciliter l’accès aux zones d’emploi portuaires et industrielles. Les travaux portent aussi des effets économiques directs : marchés publics de travaux, contrats d’exploitation et commandes d’équipements. Globalement, ces investissements visent à améliorer la desserte des zones industrielles et à soutenir la réindustrialisation locale en facilitant les déplacements des salariés et la logistique.

Quels emplois et quels montants en jeu ?

Les projets hydrogène et portuaires annoncent des retombées économiques chiffrées. À titre d’exemple, des tranches comme celles du projet H2V envisagent la création d’environ 165 emplois directs et près de 100 emplois indirects pendant la phase d’exploitation, avec des milliers d’emplois temporaires lors des phases de construction. Côté investissements, les capacités industrielles et les infrastructures portuaires mobilisent plusieurs centaines de millions d’euros cumulés entre 2026 et 2031.

Enjeux environnementaux et de gouvernance

La massification de projets bas‑carbone impose une gouvernance serrée et une coordination public‑privé. Les besoins en raccordement électrique, en capacités de stockage, en logistique multimodale et en approvisionnement en énergies renouvelables sont élevés. La décarbonation portuaire passe par l’électrification à quai, mais aussi par le développement d’offres multi‑énergies (GNL, hydrogène, e‑carburants). Les collectivités et l’État restent vigilants sur le calendrier de décaissement des aides publiques (France 2030), qui conditionne parfois l’accélération des phases de construction.

Risques et verrous

  • Rythme des décaissements publics : la disponibilité des crédits influence la cadence des chantiers.
  • Raccordements et infrastructures électriques : la montée en puissance des consommations industrielles nécessite des travaux de réseau souvent complexes.
  • Formation et recrutement : le besoin en compétences nouvelles (hydrogène, électrotechnique, maintenance) impose des politiques de formation adaptées.

L’impact pour les entreprises de transport et logistique

Pour les opérateurs logistiques et les entreprises de transport, la conjonction d’actions (modernisation portuaire, report modal, extension du tramway) ouvre des opportunités : optimisation des flux, nouvelles plateformes multimodales, desserte simplifiée des sites industriels. À court terme, des perturbations temporaires liées aux travaux sont à prévoir ; à moyen terme, les gains attendus portent sur la réduction des coûts unitaires et une meilleure attractivité des sites industriels maritimes.

Calendrier 2026–2030 : que regarder de près ?

Quelques jalons à suivre :

  • Début 2026 : lancement officiel des extensions du tramway et premières commandes d’équipements.
  • 2026–2028 : phase d’équipement des postes à quai prioritaires dans le cadre du programme d’électrification portuaire.
  • 2026–2031 : construction par tranches des unités hydrogène et montée en capacité progressive des installations industrielles.
  • 2026–2030 : mises en service successives favorisant le report modal et la création d’écosystèmes logistiques bas‑carbone.

Ressources et références pour approfondir

Pour suivre l’actualité détaillée et les annonces officielles, consultez notamment l’article de La Marseillaise sur les enjeux 2026, la page institutionnelle du Grand Port Maritime de Marseille‑Fos (plan d’électrification et stratégie portuaire) et le dossier sur le projet H2V FOS.

Ce que cela signifie pour la région

L’enchaînement des chantiers et des mises en service en 2026 place la région PACA devant une opportunité stratégique : concilier réindustrialisation et réduction des émissions, tout en renforçant la place logistique du port de Marseille‑Fos. Pour les acteurs économiques locaux, il s’agit d’assurer la coordination entre collectivités, opérateurs privés et filières de formation afin de transformer ces investissements en gains durables pour l’emploi et la compétitivité.

Ouverture sur les années suivantes

Au‑delà de 2026, l’enjeu sera de stabiliser les capacités industrielles et logistiques, de sécuriser les approvisionnements énergétiques bas‑carbone et d’accompagner les filières dans la montée en compétences. Les décisions prises et les premières réalisations en 2026 conditionneront la vitesse de déploiement jusqu’en 2030 et 2031, avec des conséquences directes sur l’emploi, les exportations et la transition écologique régionale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Share via
Copy link