Friche industrielle de l’ancienne cimenterie Lafarge à Contes : chantier, engins et banderole CCI
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Contes (06) : une zone économique recompose la friche Lafarge, jusqu’à 400 emplois

zone économique Contes : la reconversion de la friche de l’ancienne cimenterie Lafarge à Contes (Alpes‑Maritimes) entre aujourd’hui dans une phase opérationnelle. Porté par des acteurs publics et la Chambre de commerce et d’industrie, le projet vise à transformer 18 hectares en un plateau d’activités de près de 35 000 m², avec une création d’emplois estimée entre 200 et 400 postes selon les scénarios retenus.

Un terrain rare et stratégique pour l’économie locale

Le site dit du Pimian, déjà identifié par les acteurs locaux comme l’une des dernières friches industrielles significatives du département, représente une opportunité foncière majeure. L’achat par l’Établissement Public Foncier de Provence‑Alpes‑Côte d’Azur (EPF PACA) a été acté en novembre 2025, permettant de sécuriser 18 hectares de foncier économique.

La CCI Nice Côte d’Azur a été désignée pour piloter l’aménagement et porter la commercialisation du futur parc. La préservation de foncier industriel dans un département très tendu en matière d’offre économique est présentée par les élus comme un levier pour maintenir des activités productives et des emplois locaux.

Les chiffres clés du projet

Le projet s’appuie sur des repères techniques et financiers précis :

  • Surface aménageable : 18 hectares pour un plateau de 35 000 m² de bâtiments d’activités.
  • Montant de l’acquisition : ≈ 3,07 M€ (vente initiale à l’EPF).
  • Budget d’aménagement prévisionnel : ≈ 52 M€ (travaux, dépollution, voirie, réseaux).
  • Emplois attendus : fourchette de 200 à 400 emplois selon la typologie des entreprises qui s’implanteront.
  • Équipements environnementaux : toitures photovoltaïques (≈ 10 000 m² envisagés), bassins de gestion d’eau (deux bassins enterrés de 1 500 m³ et un bassin à ciel ouvert de 2 500 m³), et 14 000 m² de surfaces re‑végétalisées).

Un projet orienté vers la petite industrie et les PME

Les porteurs du dossier affichent une volonté claire : privilégier l’implantation de TPE/PME et de la petite industrie plutôt que la logistique de grande intensité foncière. L’objectif est de favoriser l’emploi local, des ateliers modulables et des activités compatibles avec le tissu économique de la vallée du Paillon.

Selon la CCI, près de 70 entreprises ont d’ores et déjà exprimé leur intérêt, couvrant des secteurs comme l’artisanat, la maintenance industrielle, la production à petite échelle et les services techniques. Cette appétence explique en partie les prévisions haute d’emploi (≈ 400 postes).

Calendrier et étapes opérationnelles

Le calendrier prévisionnel, précisé lors de la présentation publique du projet début décembre 2025, se structure en plusieurs phases :

  1. Études préalables et diagnostics (2025‑2027) : dépollution, étude de sol, concertation avec les riverains et acteurs économiques.
  2. Démolition et remise en état des ouvrages existants (débutant vers 2028, durée estimée 12 à 18 mois selon les opérations).
  3. Travaux d’aménagement et construction des premiers bâtiments (livraisons échelonnées à partir de 2030, horizon de complétude 2031–2032).

Ces jalons restent dépendants des procédures administratives liées à la dépollution et aux obligations de remise en état laissées par l’ex‑exploitant.

Contraintes techniques et obligations environnementales

La reconversion d’une friche industrielle implique un volet environnemental conséquent. Outre la dépollution des sols et des ouvrages, le plan prévoit des solutions de gestion des eaux pluviales et un volet énergétique avec une ambition photovoltaïque.

Des bassins de rétention et des surfaces de pleine terre seront créés pour limiter l’impact hydraulique et favoriser la réinsertion paysagère. Par ailleurs, certaines parties du site (carrière, silos) restent soumises à des obligations réglementaires spécifiques que l’ancien exploitant doit respecter jusqu’en 2032 pour certains travaux.

Financements et gouvernance

Le montage financier mobilisera plusieurs acteurs : l’EPF en tant qu’acquéreur initial, la CCI comme aménageur, les collectivités locales (commune et intercommunalité) et des partenaires financiers publics/privés. Le coût d’aménagement annoncé aux journalistes s’élève à environ 52 M€, montant qui devra être affiné au gré des études techniques.

Ce montage devrait combiner subventions, emprunts et apports d’acteurs privés potentiels. La stratégie retenue vise aussi à inscrire le plateau dans des dispositifs d’aide à l’emploi et à la réindustrialisation régionale.

Ce que disent les acteurs

La Chambre de commerce met en avant la nécessité de « préserver du foncier productif » dans un département où l’offre industrielle se raréfie. Les élus locaux évoquent la création d’un pôle économique susceptible de relancer des filières locales et d’éviter la spéculation foncière.

Plusieurs médias locaux ont couvert le dossier et fourni des chiffres et dates clés. Pour approfondir, consulter l’article Actu.fr sur le projet et le communiqué de la CCI Nice Côte d’Azur publié lors de la présentation publique. Une enquête locale a par ailleurs détaillé l’enjeu de l’emploi et des surfaces : l’article de Nice‑Matin.

Enjeux territoriaux : foncier, emplois et attractivité

La création de cette zone économique répond à plusieurs enjeux simultanés : stopper l’artificialisation insuffisante de foncier productif, créer des emplois non délocalisables, et diversifier l’économie locale au‑delà du tertiaire touristique. Pour la Communauté de communes du Pays des Paillons, il s’agit de restaurer une dynamique industrielle en conservant un visage paysager compatible avec l’environnement local.

À l’échelle départementale, le projet constitue une réponse partielle à la pénurie de surfaces disponibles pour les entreprises industrielles et artisanales. C’est aussi une opportunité de lier formation et emploi : la proximité de centres de formation techniques peut faciliter l’émergence de parcours professionnels locaux.

Risques et facteurs d’incertitude

Plusieurs éléments peuvent ralentir ou modifier le projet : aléas financiers, contraintes de dépollution, délais administratifs, ou encore l’attractivité réelle du site pour des investisseurs privés. Le maintien d’une partie de la carrière sous le contrôle de l’ancien exploitant constitue une contrainte technique et réglementaire forte.

Enfin, l’ampleur de l’emploi créé dépendra directement de la typologie des activités retenues : petites unités industrielles génèrent en moyenne plus d’emplois par mètre carré que des entrepôts logistiques de grande taille.

Appel à candidatures et perspectives pour les entreprises

La CCI communiquera prochainement les conditions d’installation et les premières parcelles disponibles. Les entreprises intéressées gagneront à se rapprocher de la chambre consulaire pour connaître les montages fonciers et les aides possibles au moment de la commercialisation.

Pour les directeurs industriels et responsables d’implantation, le site offre des opportunités : lots modulables, proximité de Nice et des axes routiers, possibilité d’énergie solaire in situ et mesures prévues pour la gestion hydraulique et paysagère.

Points d’attention pour un futur occupant

  • Vérifier le phasage de libération des parcelles et le calendrier de livraison.
  • Prendre en compte les clauses environnementales et les obligations post‑exploitation de l’ancienne cimenterie.
  • Étudier les aides régionales et nationales mobilisables pour la réindustrialisation.

Prochaines étapes et signaux à suivre

Sur le plan opérationnel, surveiller : les appels à manifestation d’intérêt publiés par la CCI, les résultats des études de sol et d’impact, les décisions budgétaires locales relatives au co‑financement, et les premiers permis de démolition. Les dates clés restent la finalisation des études techniques (2026–2027), le démarrage des démolitions (2028) et les premières livraisons (autour de 2030).

Ouverture sur d’autres initiatives régionales

Le dossier de Contes s’inscrit dans une dynamique plus large de reconversion de friches en Provence‑Alpes‑Côte d’Azur. D’autres territoires cherchent à limiter la consommation de nouveaux espaces en valorisant des sites existants, en combinant performance économique et exigences environnementales.

Pour un lecteur soucieux d’implantation industrielle, le projet de Contes illustre la complexité des opérations de réindustrialisation : arbitrage foncier, montage financier, conformité environnementale, et adaptation aux besoins réels des TPE/PME locales.

Pour aller plus loin

Consultez les ressources publiques et les comptes rendus de présentation du projet pour suivre l’évolution des chiffrages et du calendrier. Les sites officiels et articles de presse mentionnés dans cet article permettront d’obtenir les documents de référence et les contacts pour postuler à l’installation.

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