Le jumeau numérique d’entrepôt développé par la startup sophipolitaine sWartr vise à réduire les déplacements inutiles et optimiser la gestion des stocks en entrepôt. Selon l’entreprise et la presse régionale, les collaborateurs passent jusqu’à 60 % de leur temps à se déplacer : l’outil se concentre sur le slotting, la simulation des flux et l’organisation des emplacements pour limiter ces pertes de temps.
Pourquoi 60 % du temps est-il consacré aux déplacements ?
La part importante du temps passée à marcher dans les entrepôts s’explique par plusieurs facteurs : une organisation des emplacements pensée historiquement, une rotation dynamique des références, des flux d’approvisionnement hétérogènes et l’absence d’outil de simulation opérationnelle. Les études sectorielles montrent que, pour des entrepôts à forte composante manuelle, les opérateurs effectuent en moyenne 3 à 6 km par jour en déplacement interne, soit des heures cumulées perdues sur une année.
Cet état de fait génère un double coût : productivité opérationnelle réduite (temps de préparation et d’assemblage des commandes) et fatigue accrue, source d’erreurs et d’absentéisme. L’enjeu est donc d’optimiser la distribution physique des références pour rapprocher les produits à forte fréquence des zones de picking.
Fonctionnement du jumeau numérique de sWartr
Le système de sWartr repose sur un jumeau numérique conçu pour simuler l’entrepôt à l’échelle opérationnelle. Concrètement, l’outil ingère des données historiques et temps réel (stocks, rotations, commandes, contraintes physiques) puis produit des scénarios d’implantation des articles.
Slotting, simulation et optimisation
Au cœur du dispositif se trouve l’algorithme de slotting : il identifie la meilleure position pour chaque SKU en fonction de la demande, des dimensions et des priorités opérationnelles. L’objectif est de réduire les distances parcourues et de diminuer les cycles de picking sans recourir à une robotisation lourde.
Intégration des données et mises à jour
Le jumeau se connecte aux systèmes d’information (WMS, ERP) et peut intégrer des flux quotidiens. Grâce à des boucles de rétroaction, il ajuste les recommandations au fil des données entrantes. Ce fonctionnement rend le jumeau pertinent aussi bien en phase de POC que pour un déploiement industriel.
Résultats observés et retours clients
Sur la base des premiers retours publiés, sWartr avance des gains tangibles : jusqu’à 30 % de réduction des déplacements et 8 à 15 % d’amélioration de productivité selon les cas clients. Un premier client belge du secteur du bricolage a servi de terrain d’expérimentation, avec un suivi chiffré sur 6 mois montrant une accélération des cycles de préparation.
Ces chiffres restent à consolider sur des déploiements multiples, mais ils correspondent à l’efficacité attendue d’un jumeau dédié au slotting dans des environnements non automatisés où 70-80 % des opérations restent manuelles.
Contexte régional : pourquoi la Côte d’Azur est concernée
La startup est basée à Sophia Antipolis et a été distinguée lauréate 2025 par le Réseau Entreprendre Côte d’Azur, ce qui renforce son ancrage local et l’accompagnement financier et réseau. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur héberge un tissu logistique mixte : plateformes e‑commerce, distribution régionale et flux transfrontaliers vers l’Italie et l’Espagne.
Pour les acteurs logistiques régionaux, l’offre de sWartr peut permettre des gains rapides sans investissements mécaniques lourds. L’optimisation logicielle devient ainsi un premier pas pour répondre à la hausse du trafic de colis (+X % selon secteurs saisonniers) et aux exigences de productivité.
Tendances sectorielles et cadre technologique
La montée en puissance des jumeaux numériques en logistique s’inscrit dans une dynamique plus large : convergence entre data streaming, IA opératoire et digital twin. Des acteurs comme ID Logistics expérimentent déjà des jumeaux pour superviser et optimiser des plateformes, preuve que le marché valide l’approche pour des gains opérationnels structurels (article Usine Digitale).
Au niveau national, des programmes et projets de jumeau numérique de territoire favorisent l’interopérabilité des données et la standardisation des modèles, ouvrant des opportunités pour des solutions spécialisées comme celle de sWartr (projet IGN / jumeau numérique national).
Modèle économique, financement et développement
Le modèle annoncé par sWartr repose sur des licences logicielles et des projets POC payants. La structure initiale s’est appuyée sur des fonds propres modestes et des prêts d’honneur, tandis que la feuille de route prévoit une levée de fonds au second semestre 2026 pour accélérer la commercialisation et recruter.
Chiffres clés communiqués : 25 000 € de fonds initiaux, environ 60 000 € de prêts d’honneur et un objectif de montée en charge commerciale sur 3 ans visant à atteindre un chiffre d’affaires significatif et plusieurs embauches qualifiées sur la Côte d’Azur.
Quels bénéfices pour les opérateurs et pour l’emploi local ?
L’adoption d’un jumeau numérique orienté slotting peut dégager du temps opérateur : gains de productivité de l’ordre de 10 à 15 % se traduisent par moins d’heures supplémentaires, une diminution des erreurs de préparation et une amélioration des conditions de travail. Pour la région, cela peut signifier une compétitivité renforcée des plateformes logistiques et la création d’emplois techniques (data engineers, chefs de projet digitaux, consultants optimisation).
Limites et risques à surveiller
Plusieurs points exigent vigilance : la qualité des données d’entrée, la capacité d’intégration avec les WMS existants, et la nécessité d’un pilotage au changement auprès des équipes opérationnelles. Un jumeau n’est pas une solution miracle : son efficacité dépendra de la justesse des scénarios, de la maintenance des modèles et de l’accompagnement humain lors des réimplantations.
Ressources, cas clients et documentation
Pour approfondir, la enquête de Nice-Matin décrit les enjeux locaux et les premières références. La page officielle de sWartr détaille le produit et le cas client belge. Enfin, des articles sectoriels sur les expérimentations de jumeaux numériques en logistique permettent de situer l’innovation dans son marché (lecture complémentaire Usine Digitale).
Perspectives pour la logistique azuréenne
À court terme, sWartr vise la consolidation de preuves opérationnelles en PACA et l’entrée chez des acteurs régionaux de la distribution et de la logistique. À moyen terme, la diffusion d’outils de jumeau numérique peut permettre d’améliorer la résilience des chaînes d’approvisionnement régionales, réduire les coûts unitaires de préparation et soutenir la compétitivité des plateformes.
Pour les décideurs logistiques, la recommandation est claire : tester des POC ciblés sur les lignes à forte fréquence et mesurer précisément les gains en distances parcourues, en temps de cycle et en taux d’erreur. Ces métriques permettront de justifier des déploiements à plus grande échelle et d’identifier les leviers humains et techniques à mobiliser.
Ce que les gestionnaires d’entrepôt peuvent faire maintenant
- Cartographier les flux de préparation sur une période représentative (1 à 4 semaines).
- Identifier les 10 % de références qui génèrent 50 % des mouvements.
- Monter un POC d’un rayonnage ou d’une zone pour mesurer l’impact d’un ré-implantation.
- Prévoir un plan de formation pour accompagner le changement des équipes opérationnelles.
Ouverture sur d’autres pistes
Au-delà du slotting, les jumeaux peuvent évoluer vers une supervision multi-entrepôts, la planification avancée des approvisionnements et l’intégration avec des solutions de robotique légère. L’écosystème PACA, riche en PME industrielles et en centres de R&D, offre un terrain propice aux expérimentations combinant IA, données territoriales et optimisation opérationnelle.
En savoir plus : suivez les actualités du projet et les cas d’usage pour évaluer l’impact sur vos plateformes régionales. L’optimisation logicielle peut être le levier prioritaire pour des gains rapides et mesurables.






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